Il y a 92 ans coulait l'Empress of Ireland

Il est 1 h 55 le matin du 29 mai 1914. Enveloppé dans un épais brouillard de mer, le cargo norvégien Storstad, lourdement chargé de charbon, frappe l'Empress of Ireland presque en plein centre du navire. Quatorze minutes plus tard, le grand paquebot de la Canadian Pacific Railway s'enfonce dans les eaux glaciales de l'estuaire du Saint-Laurent, au large de Sainte-Luce-sur-Mer, entraînant dans la mort 1012 personnes sur les 1477 embarquées à Québec. Seulement 465 d'entre elles y survivront, dont 248 membres d'équipage. Ce naufrage, survenu quelques semaines seulement avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale (1914-18), constitue la pire tragédie maritime à être survenue au Canada.

Le Musée de la mer de Rimouski, situé aux pieds du phare de Pointe-au-Père, en raconte l'histoire dans le cadre d'une projection 3D et d'une exposition d'objets provenant du grand navire, Les trésors de l'Empress, dans le Pavillon de l'Empress of Ireland. L'architecture de l'immeuble symbolise d'ailleurs la déchirure mortelle survenue dans le flanc du grand navire.

Quant au charbonnier Storstad, il aura droit aussi à son pavillon en 2007, dans le cadre d'un projet de développement du Musée de la Mer. Le nouveau bâtiment racontera l'histoire de la bataille du Saint-Laurent lors de la Seconde Guerre mondiale (1939-45), ainsi que celle des sous-marins canadiens. Le Storstad a été coulé par un sous-marin allemand en 1917.

Les visiteurs peuvent apercevoir du haut du phare de Pointe-au-Père le rappel au sol des navires Storstad et Empress of Ireland qui entrent en collision.

Le Musée de la mer de Rimouski s'est récemment porté acquéreur du submersible Onondaga et devient ainsi la première corporation privée à être propriétaire d'un sous-marin de la marine canadienne. Au départ, l'Onondaga était destiné au Musée de la guerre à Ottawa, mais diverses contraintes dans la capitale fédérale ont favorisé son acquisition par le musée rimouskois.

Son installation est prévue le long du quai de Pointe-au-Père d'ici l'automne. Si tout va comme prévu, le sous-marin accueillera ses premiers visiteurs en 2007. Avec ce réaménagement majeur, la direction du musée se dit confiante de voir passer le nombre de ses visites d'une moyenne annuelle de 30 000 à quelque 70 000 admissions. Le directeur, Serge Guay, poursuit depuis plus de deux décennies un inlassable travail pour faire du site de Pointe-au-Père le lieu de prédilection pour raconter l'histoire maritime du Saint-Laurent. Dans les faits, outre son phare qui célébrera ses 100 ans en 2009, ce lieu historique offre la possibilité de visiter la maison du gardien, le hangar de la corne à brume et le pavillon de l'Empress of Ireland.

Le 15 avril 1999, le ministère de la Culture et des Communications du Québec classait l'épave comme bien historique et archéologique. Il s'agit aussi d'un cimetière marin puisqu'elle représente le lieu de sépulture d'environ 600 des 1012 victimes.

Collaboration spéciale