Vendangeurs recherchés !

Nathalie Schneider
Collaboration spéciale
Conseil des vins du Québec

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Saviez-vous que les vignobles du Québec privilégient les cépages rustiques, originaires du Minnesota, État qui abrite un centre de recherche sur la vigne en climat nordique ? Les cépages les plus productifs dans les conditions météo de notre province : le Maréchal Foch, le Frontenac gris et le De Chaunac dans les rouges ; le Seyval, le Saint-Pépin, ou encore le Louise Swenson côté blanc. Les vins de glace, eux, ont un faible pour les Vidal et Sainte-Croix.

Voilà des informations, et tant d’autres encore, que vous pourriez apprendre en participant à une ou plusieurs journées de vendanges dans l’un des 160 vignobles détenant un permis de production artisanale, répartis au peu partout dans la province : Montérégie, Cantons-de-l’Est, Capitale-Nationale et Laurentides surtout.

Cette année ne fait pas exception : si les producteurs font souvent appel à des travailleurs locaux et étrangers, ils comptent aussi sur l’implication de bénévoles qui ont à coeur de s’initier à cette activité originale et en plein essor. En effet, dans le sillage des établissements précurseurs L’Orpailleur et le Domaine Côte d’Ardoise, dans les années 1980, le secteur de la viticulture commerciale s’est considérablement affirmé, raffiné et diversifié. Au point qu’on l’associe désormais à une réelle occasion d’affaires pour les vignerons. Et à la fierté bien légitime de produire sur le sol québécois un produit du terroir aussi noble.

Faire les vendanges, c’est…

Enrichir ses connaissances sur la viticulture

 

Savoir déguster le vin, c’est bien (et c’est de plus en plus populaire) ; en connaître l’élaboration, c’est encore mieux. « La plupart des vignobles sont de taille humaine au Québec, explique Mélanie Gore, directrice générale du Conseil des vins du Québec. Environ 80 % des vendanges se font manuellement en compagnie des vignerons, qui sont sur le terrain avec les vendangeurs. On assiste à toutes les étapes qui précèdent le produit fini, jusqu’aux chais, et c’est passionnant. »

Tisser des liens sociaux

 

Même si la fabrication du vin reste un travail ardu et complexe, le temps des vendanges se déroule dans une ambiance conviviale et festive. « C’est un moment privilégié pour rencontrer d’autres passionnés et vivre un moment fort d’accomplissement, explique Anne-Marie Lemire, directrice générale de Léon Courville Vigneron, un producteur de taille moyenne qui renferme 100 000 pieds de vigne. L’esprit est toujours à la fête, et il n’est pas rare de se faire des amis. »

Participer à la valorisation du terroir

Durant les deux dernières années, on a insisté sur l’importance de consommer local et, ainsi, de soutenir l’économie des régions. S’impliquer en tant que vendangeur bénévole revient à apporter son appui à une entreprise la plupart du temps familiale qui participe à la vitalité d’un territoire et à la fierté de ses habitants. Avec 87 cépages différents au Québec répartis sur toutes sortes de terrains, l’expérience promet aux participants de se fondre dans des paysages captivants en pratiquant une activité authentique.

(Re)découvrir les régions du Québec

 

Si la Montérégie et les Cantons-de-l’Est, notamment Brome-Missisquoi, sont restés longtemps les deux territoires phares de la production québécoise de vin, il en est tout autre aujourd’hui : toutes les régions sont représentées, y compris celles de l’Abitibi-Témiscamingue, du Saguenay–Lac-Saint-Jean, ou encore, de la Gaspésie. Le Domaine Mont-Vézeau, en Outaouais, est l’occasion de découvrir la beauté méconnue de Petite-Nation : « Les gens passent ici le temps qu’ils veulent, dit Marc Renaud, propriétaire du vignoble. Le jour des vendanges, on fait cuire des pizzas, on dresse de grandes tables dehors et on a du fun. »

Se distraire gratuitement ou à peu de frais

Les vignobles organisent durant la période des vendanges des activités payantes, comprenant une visite du vignoble, des dégustations de vin et un repas champêtre. Pour autant, travailler une ou plusieurs journées pour les vendanges est au mieux gratuit et au plus conditionnel à payer une contribution très modérée. D’autres vont même jusqu’à rétribuer les vendangeurs qui se présentent aux dates proposées.

La marche à suivre

Pour connaître les besoins en vendangeurs bénévoles dans toutes les régions du Québec, rendez-vous sur le site du Conseil des vins du Québec (vinsduquebec.com) qui relaie les pages Facebook où est compilée l’information utile. Le public est invité à s’inscrire sur la liste d’un vignoble pour être contacté lorsque les dates des vendanges sont fixées. Celles-ci s’étalent entre la mi-septembre et la fin octobre. Aucune expérience préalable n’est requise ; l’important est d’être assez en forme pour être en mesure de passer plusieurs heures dehors en action.



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