Place aux beaujolais nouveaux!

Il faut remercier la SAQ d’avoir inclus dans son offre des cuvées fort pertinentes et inspirées qui damnent désormais le pion à l’artillerie lourde des gros volumes.
Photo: iStock Il faut remercier la SAQ d’avoir inclus dans son offre des cuvées fort pertinentes et inspirées qui damnent désormais le pion à l’artillerie lourde des gros volumes.

Désolé, vous n’y échapperez pas, les primeurs 2016 sont dans les rayonnages de la SAQ à compter d’aujourd’hui, jeudi, avec des fruités à vous désarticuler la mâchoire de bonheur ! Quelque 4680 caisses de la récente récolte et neuf vins différents, tous sous la barre des 20 $, sont donc à boire, et pas seulement du bout des lèvres.

Mais comme Le Devoir ne déguste pas les choses à moitié, les trois prochaines chroniques vins du vendredi seront consacrées au Beaujolais, car oui, la célèbre appellation mérite bien plus que cette fête des vins nouveaux qui a cours depuis 1951 et qui est exportée aux quatre coins ronds de la planète vin.

Cela étant, neufs vins dégustés à l’aveugle avec un constat évident : côté qualité, les vins « artisans » tiennent le haut du pavé. En cela faut-il remercier la SAQ d’avoir inclus dans son offre ces cuvées fort pertinentes et inspirées qui damnent désormais le pion à l’artillerie lourde des gros volumes.

Les grands perdants ? La maison Duboeuf, bien assise sur ses lauriers, qui n’a pas su se renouveler, et, dans une moindre mesure, Mommessin. Une déception : le Gamay Nouveau de Stéphane Aviron (13,20 $ – 12846880). Des vins étriqués, amers, au fruité fantomatique. Difficile millésime 2016 il est vrai, mais dommage tout de même ; le palais québécois mérite tout de même mieux que ça !

Mon quatuor gagnant ?

L’Ancien, de Jean-Paul Brun (18,65 $ – 11923994) : superbe nez, presque de cerise au marasquin, jolie densité, de la mâche même, sans toutefois altérer le glissant. Plus complexe que l’ensemble du lot. De la longueur. Un régal de sincérité ! ★★★

Laurence Rémi Dufaitre (19,95 $ – 13170261) : fruité net, sain. Bouche en liesse rehaussée d’une trace de gaz qui ajoute à la fraîcheur. Du coulant. Un côté très « nature ». ★★1/2

Damien Coquelet (19,50 $ – 12846901) : robe pleine et vivante, discret mais net et franc, certaine consistance fruitée, du charnu, de la fraîcheur. Gagne à être fréquenté. ★★1/2

Les Griottes du Domaine de Vissoux (18 $ – 12846986) : net, fruité très crédible avec une bouche qui a du fond, du grain, de la tenue. Du vin, quoi ! ★★1/2

1 commentaire
  • Yves Côté - Abonné 17 novembre 2016 04 h 33

    Et si...?

    Et si, pour une fois, vous essayez plutôt ce soir ou demain le Gaillac Primeur ?
    A condition, bien entendu, qu'il soit en distribution dans votre SAQ, vous pourriez ainsi découvrir autre chose de pas mal du tout...
    Ceci-dit, sans déprécier pour autant le Beaujolais Nouveau.

    Tourlou !

    PS : avant qu'on le suppute, non je n'ai aucun investissement dans les vins de cette appellation vinicole.