De bonnes vendanges en vue cette année

Un vignoble de la région française du Rhône
Photo: Région Rhône-Alpes Tourisme Un vignoble de la région française du Rhône

La filière viticole française s’attend à une récolte en hausse cette année, même si sécheresse et grêle ont abîmé certains vignobles. C’est une bonne nouvelle après deux années calamiteuses, mais qui ne devrait pas suffire à faire baisser les prix du vin.

 

«Après deux années de récoltes excessivement basses, on revient à quelque chose de plus normal (...). On part sous de bons auspices au démarrage de cette récolte», s’est réjoui Jérôme Despey, le président de la branche vins de l’établissement public FranceAgriMer, lors d’une conférence de presse vendredi à Montreuil, près de Paris.

 

45,4 millions d’hectolitres de vin devraient pouvoir être produits grâce au raisin qui va être ramassé dans les prochaines semaines, un chiffre conforme à la moyenne quinquennale, selon les informations recueillies ces deux derniers jours auprès des vignerons par FranceAgriMer.

 

Fin juillet, le ministère de l’Agriculture avait établi une première prévision légèrement supérieure, à 46,4 millions d’hectolitre. Ses services statistiques publieront une nouvelle estimation lundi. 
 

Début des vendanges

 

Ces projections peuvent toujours être modifiées au gré des aléas climatiques qui pourraient survenir dans les prochaines semaines. Car les vendanges commencent à peine dans le sud: Languedoc-Roussillon (Chardonnay, Sauvignon, Muscat), Corse et quelques parcelles en Provence. Elles s’étaleront jusqu’en octobre.

 

Pour le moment en tout cas, «les signaux sont au vert» car les vignes ont profité de meilleures conditions météo après deux années calamiteuses, ce qui est «important pour la filière car les stocks étaient très bas, avec des tensions sur l’approvisionnement dans toutes les régions», a souligné M. Despey.

 

En 2013, la production n’avait atteint que 42,3 millions d’hectolitres, alors que la moyenne 2009-2013 est de 45,6 millions.

 

«Cela va permettre de se repositionner en termes de compétitivité sur les marchés» internationaux, estime M. Despey. Ces derniers temps, au vu de la faiblesse des stocks, «nous n’arrivions pas à répondre à toutes les demandes. Certains opérateurs se détournaient du marché français».

 

En recul

 

La place de la France a reculé ces dernières années sur le marché mondial du vin, en particulier chez ses clients traditionnels (Allemagne, Royaume-Uni, EÉtats-Unis) où sa production est concurrencée par l’Italie et l’Espagne, même si elle se maintient en Chine.

 

La production des vins de Champagne (nord-est) pourrait même augmenter de près de 20 % par rapport à la moyenne quinquennale, à 3,2 millions d’hectolitres, grâce à une météo favorable.

 

Quant aux bordeaux (sud-ouest), la récolte devrait revenir dans la moyenne, à 5,5 millions d’hectolitres, et rebondir de 40 % par rapport à 2013, où les vignes avaient été ravagées par la grêle.

 

Cette année, ce sont celles du Languedoc-Roussillon qui ont souffert d’un «printemps très chaud et sec suivi par des épisodes de grêle très importants» sur certains vignobles, regrette M. Despey.

 

Leur production devrait donc reculer de près de 10 % par rapport à la moyenne sur cinq ans.

 

Qualité au rendez-vous

 

Quant à la qualité, elle semble au rendez-vous malgré un été au temps capricieux, qui a amené pluie et fraîcheur dans une bonne partie du pays.

 

«À ce jour il n’y a pas d’inquiétudes dans les différents bassins de production sur l’état sanitaire, qui est bien maîtrisé par les vignerons», assure-t-il. Et il n’y a pas pour l’instant de raison «d’anticiper les vendanges» à cause de la météo.

 

En revanche, ces vendanges correctes ne devraient pas empêcher les prix d’augmenter l’an prochain, car «les stocks restent moindres» qu’il y a dix ans, lorsque la production frôlait les 60 millions d’hectolitres, rappelle M. Despey.

 

Il faudra attendre l’automne pour avoir une idée vraiment précise des prix, mais le vin rouge pourrait augmenter de 2-3 % en moyenne, et le rosé, vin très demandé dont la France est le 1er producteur mondial, davantage encore.