Une région et ses vins - Bergerac

Normand Thériault Collaboration spéciale

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Au pays de Montaigne et de Cyrano se trouve un vignoble dont les premiers plants ont été mis en terre au temps de la naissante civilisation gallo-romaine: le biturica n'est-il pas l'ancêtre de ce cabernet qui maintenant essaime sur toute la planète? Aujourd'hui, le Bergerac, telle est cette région du sud-ouest de la France, compte 13 appellations et ce pays est synonyme d'oenotourisme et de gastronomie.

Qui visitera la tour où Michel Eyquem, seigneur de Montaigne, écrivit ses Essais aura à résister à la tentation de se rendre à la boutique qui met en vente le produit des vignes attenantes au château et au domaine. Telle est la vie en Bergerac, car la vigne et les vins qui en résultent sont partout dans le paysage.

Et dire vins, c'est aussi parler des plats qui nécessairement accompagnent, et soutiennent, leur dégustation. D'autres vins, donc, de qualité, et une cuisine propre. Si le monbazillac, l'un d'entre eux, a un parfum de sauternes, il a non seulement une saveur bien à lui mais, pour l'amateur de bons vins, il a aussi un autre parfum: on le retrouve dans le commerce à des prix moins amples que ceux de ces voisins, le Bordelais étant sis à la frontière ouest de ce territoire.

Bienvenue, donc, en Bergerac, et à vous alors ces montravels, saussignacs, rosettes, pécharmants, monbazillacs et autres côtes, qu'ils soient rouges, blancs, rosés ou encore dits secs, qu'ils soient ou non nommés tout simplement bergerac.

On dira aussi qu'il faut, pour la bien connaître, parcourir cette région qui bosselle tout en douceur et qui propose, au long d'un séjour, restaurants, hôtels, châteaux et les caves de ses 1200 viticulteurs qui ont inscrit leurs plants dans un vignoble aux 12 800 hectares.

Trop long à voir? À cela répondait déjà Montaigne: «Qui ne se donne loisir d'avoir soif, ne saurait prendre plaisir à boire.»