Du Montravel à Montbazillac

Martine Letarte Collaboration spéciale
Photo: Photo : Sander

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Les viticulteurs et les négociants de la région de Bergerac, dans le sud-ouest de la France, font front commun pour faire connaître leurs produits, avec le Conseil interprofessionnel des vins de la région de Bergerac (CIVRB).

Maison de dégustation, sites Internet, stratégies de marketing: le CIVRB ne ménage pas ses efforts pour faire rayonner les vins de la région de Bergerac en France, mais aussi dans le reste de l'Europe et ailleurs dans le monde.

«Nous représentons les viticulteurs de la région, soit près de 1200, en plus des négociants», indique Marie-Pierre Tamagnon, du service des communications du CIVRB.

La région de Bergerac produit des vins rouges, rosés, blancs secs, blancs moelleux et blancs liquoreux. Elle compte 13 appellations, les Bergerac, Pécharmant, Monbazillac, Saussignac, Montravel et Rosette.

Qu'est-ce que ces vins ont de particulier? «Ils ont un très bon rapport qualité-prix. Certains de nos vins sont très abordables. On dit aussi souvent que nous sommes un vignoble de sommeliers, car on peut souvent avoir des vins d'appellation Pécharmant, Côtes-de-Bergerac rouge et Montravel pour de 12 à 25 euros. Pour avoir un vin de même qualité d'une autre appellation, il faudrait payer 40 euros. Ce sont des vins-découvertes», affirme Mme Tamagnon.

La Maison du vin

Pour amener les gens à découvrir les différentes maisons de la région, le CIVRB tient la Maison des vins de Bergerac, qui est située dans le coeur de la vieille ville, dans le Cloître des récollets qui date du XVIIe siècle. «Nous accueillons les gens à l'année, précise Marie-Pierre Tamagnon. Pendant la saison forte, nous accueillons environ 100 visiteurs par semaine.»

Les vignerons et les caves coopératives de la région y présentent chacun un vin. «Les visiteurs peuvent le déguster et en acheter dans notre boutique, face à la rivière. Les visiteurs qui souhaitent en connaître davantage sur les producteurs peuvent par la suite les visiter», ajoute Mme Tamagnon.

Si la Maison des vins de Bergerac se veut aussi éducative: «Nous présentons un film sur les vins de Bergerac», l'aspect culturel est aussi au rendez-vous: «Nous offrons des concerts de jazz extérieurs l'été, dans la cour du Cloître. Et des expositions de peintures.»

L'importance du web

Quelque 75 % du budget du CIVRB est dédié à la promotion. En 2011, le web est bien sûr un outil incontournable. «Nous avons créé différentes versions de notre site pour différents pays, notamment pour la Chine et les Pays-Bas. C'est important de pouvoir rejoindre les gens dans leur langue», affirme Mme Tamagnon.

Un minisite, bergeracgourmet.com, a aussi été créé pour promouvoir la gastronomie et les vins de Bergerac. «Il remporte beaucoup de succès, indique Mme Tamagnon. Nous y donnons 20 recettes avec des produits du Sud-Ouest, ainsi que des accords mets et vins. Nous avons aussi des recettes de cocktails réalisées avec des vins de Bergerac. Souvent, les gens vont consulter ce site et, par la suite, ils vont aller consulter notre site des vins.»

Situé dans le Périgord, Bergerac a de quoi combler les amateurs de gastronomie avec ses produits. «La région est très réputée pour sa richesse gastronomique. C'est la région du foie gras et du magret. Nous avons également le fromage de chèvre d'appellation Cabécou. Nous sommes aussi réputés pour notre fraise, notre châtaigne et notre noix.»

L'importance du web n'a toutefois pas éliminé l'influence de l'écrit. Dernièrement, Jacques Dupont, journaliste spécialisé en vins au magazine Le Point, a visité la région de Bergerac. «Il prépare un dossier sur l'appellation Monbazillac. Nous avons réuni tous les vins et une sélection a été faite par la suite. Ce genre de dossier est publié à 500 000 exemplaires. C'est très important. L'impact est considérable en France, mais aussi à l'étranger. Les importateurs de vin regardent ces guides», affirme Mme Tamagnon.

Le marché français et extérieur

Le vignoble bergeracois compte 12 800 hectares. Il produit en moyenne 580 000 hectolitres par année. Pays grand consommateur de vin, la France achète 88 % de la production. «Avec nos vins faciles d'accès et abordables, ce que nous appelons nos vins de plaisir, nous visons la grande distribution. Avec nos vins plus haut de gamme, nous visons plutôt la restauration et les cavistes», explique Mme Tamagnon.

Il reste donc 12 % de la production pour l'étranger. «Nos pays cibles sont le Japon, les Pays-Bas, la Belgique, l'Allemagne et l'Angleterre.» Et le Québec est aussi une destination importante pour les vins de Bergerac: «La région a des liens très forts avec le Québec grâce aux Régionales du réseau France-Québec. Par exemple, Bergerac est jumelée avec Repentigny et Monbazillac avec Saint-Alphonse-de-Rodriguez.»

Dans les prochaines années, le CIVRB souhaite augmenter la quantité de bouteilles exportées. Dans quels endroits?«La Chine, par exemple, représente un énorme marché, affirme Mme Tamagnon. Nous nous intéressons aussi aux marchés plus modestes. Par exemple, nous aimerions exporter davantage au Japon et au Québec, où il y a une vraie culture du vin. Notre très bon rapport qualité-prix peut toucher les amateurs de vins avertis.»

Le vignoble de Bergerac date du XIIIe siècle et le CIVRB a été fondé en 1953. L'organisme est financé par une taxe parafiscale et une cotisation interprofessionnelle.

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Collaboratrice du Devoir