Une région à découvrir

Pierre Vallée Collaboration spéciale
Photo: Photo : Sander

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Le nom Bergerac, pour le commun des mortels, fait d'abord penser au patronyme de Cyrano, le personnage théâtral créé par Edmond Rostand. Pour les amateurs de la dive bouteille, ce sont surtout les vins de Bergerac qui viennent en tête. Mais le Bergerac est aussi une destination touristique qui mérite d'être connue.

Situé dans le sud-ouest de la France, le Bergerac se trouve dans le département de la Dordogne, où se situe aussi le Périgord, dans la région administrative de l'Aquitaine. La ville de Bergerac, arrosée par la Dordogne, en est le chef-lieu. «Nous avons choisi l'appellation Pays-de-Bergerac d'une part pour nous distinguer du Périgord, mais aussi parce que le nom Bergerac, grâce au personnage de théâtre, possède un caractère un peu universel», explique Pascal Dupouy, directeur de l'Office de tourisme de Bergerac.

Tourisme viticole

Le tourisme dans cette région est relativement récent. «Le Bergerac a découvert le tourisme au début des années 90. À mon arrivée en poste, il y a 15 ans, j'ai été surpris de constater qu'il n'y avait pas de mariage entre le vin et le tourisme, ce qui m'apparaissait peu naturel pour une région viticole comme la nôtre. Ma première initiative fut de mettre en place un partenariat financier avec le Conseil interprofessionnel des vins de la région de Bergerac afin de favoriser un rapprochement entre l'industrie viticole et l'industrie touristique.»

Un rapprochement qui a porté ses fruits, puisque le tourisme viticole est aujourd'hui le fer de lance du tourisme bergeracois. «Il a fallu évidemment raffiner l'offre, qui au départ était trop axée sur le vin. Aujourd'hui, on propose des séjours où il y a des visites à des vignobles et la découverte des vins, mais auxquels on greffe d'autres types d'activité.» Par exemple, le touriste pourra partager son temps entre la visite de vignobles, la visite d'un musée, comme le Musée anthropologique du tabac, une promenade en gabarre sur la Dordogne et un repas gastronomique dans l'une des nombreuses tables de la région.

De plus, plusieurs des séjours proposés tiennent compte de la nouvelle tendance dans le domaine du tourisme en France. «La période où l'on prenait de longues vacances l'été, surtout au mois d'août, est maintenant chose du passé pour beaucoup de Français. La tendance aujourd'hui est de raccourcir les séjours mais de les multiplier durant l'année. Ainsi, nous proposons donc plusieurs séjours de week-end.»

Hébergement et transport

Le Bergerac est assez bien pourvu en matière de restaurants et de tables fermières (on en compte plus d'une cinquantaine pour une région regroupant environ 77 000 habitants) et d'hébergement. «Au total, nous disposons d'environ 20 000 lits touristiques.» Ces lits se déclinent sous différentes formes: hôtellerie classique, chambre d'hôte, location de maison ou de chalet, etc. «Évidemment, le choix le plus populaire est la chambre d'hôte, mais cette formule ne convient pas à tous. Il faut d'abord déterminer la nature du séjour que l'on veut faire avant de choisir le type d'hébergement.»

Le Bergerac est facilement accessible par la route. On peut aussi s'y rendre par le train à partir de Bordeaux. Les voyageurs québécois choisissent souvent un vol à destination de Bordeaux ou de Toulouse et se rendent ensuite dans le Bergerac en voiture. «Les transports en autocar, sauf pour les groupes de touristes, ne conviennent pas aux touristes indépendants. Il est préférable de se déplacer dans la région en automobile.»

L'aérogare de Bergerac, Périgord-Dordogne, situé près de la ville de Bergerac, n'a qu'une seule liaison interne à partir de Paris. Elle dessert plutôt certaines villes du nord de l'Europe, en particulier en Angleterre, dont plusieurs villes, telles Londres, Manchester et Southampton, offrent des vols directs vers Bergerac.

C'est que la clientèle touristique qui fréquente le Pays de Bergerac est en grande partie étrangère. «Les touristes étrangers composent environ 45 % de notre clientèle touristique, un taux supérieur aux autres régions de France. Nos touristes étrangers proviennent des Pays-Bas, de la Belgique, de l'Espagne et surtout de l'Angleterre.» Et les Québécois? «Nous n'en recevons pas encore beaucoup, mais nous en recevons de manière régulière.»

Stratégie de développement

La stratégie de développement touristique mise en place par Pascal Dupouy repose essentiellement sur la consolidation du tourisme viticole. «On cherche à constamment bonifier cette offre. On ne veut pas que le séjour au vignoble se résume à une dégustation de vin et à l'achat de quelques bouteilles. C'est pourquoi on essaie de s'associer avec des viticulteurs qui ont plus à offrir, soit une histoire à raconter ou une activité à proposer.»

Selon Pascal Dupouy, il y présentement une carence dans l'hôtellerie traditionnelle, qu'il aimerait bien voir corriger. «Il nous faudrait davantage d'hôtels de gamme moyenne et capables d'accueillir des séminaires.» Il y a aussi une certaine carence dans les attraits majeurs, que l'on corrige présentement. «Un des châteaux de la région, qui n'était pas ouvert au public, vient d'être racheté par des opérateurs spécialisés dans la restauration et la relance de châteaux. De plus, on travaille présentement à l'élaboration d'une activité muséologique moderne sur le thème de Cyrano, qui se tiendra à la Maison des vins de Bergerac. On espère pouvoir attirer environ 100 000 visiteurs par année.»

Depuis quelques années, on a vu apparaître, dans l'offre touristique, les randonnées pédestres et cyclistes. «C'est un secteur d'activité en croissance que nous allons certainement développer. C'est une excellente façon de découvrir la région, dans la mesure où les parcours proposés ne sont pas trop sportifs. Et c'est aussi une façon de découvrir les vignobles, car une randonnée pédestre dans un vignoble, peu importe la saison, est une activité très agréable.»

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Collaborateur du Devoir