Cantine chic pour tous

Au bistro-boutique La Cantine, le menu se veut un clin d’oeil aux plats familiaux.
Photo: Jacques Grenier Au bistro-boutique La Cantine, le menu se veut un clin d’oeil aux plats familiaux.

J'aimerais bien qu'il y ait un peu plus d'endroits du genre au Québec. Des lieux simples et chic en même temps, où jamais personne n'est déçu, des cantines de luxe sans l'être vraiment. Des lieux privilégiés où les intellos rencontrent les bourgeois, où les riches côtoient les moins fortunés, le tout dans une ambiance sympathique et décontractée.

À ma première visite, j'avais découvert le brunch de fin de semaine, avec le jambon effiloché et le vieux parmesan, de bons pains et croissants provenant d'une autre belle découverte, l'Arhoma, boulangerie artisanale de la rue Ontario, de très bons cafés, et surtout une addition qui n'étrangle personne par les temps qui courent.

Cette fois, c'était pour y apprécier un peu plus en détail ce bistro branché et sa cuisine, qui s'affiche «province» sans ce côté terroir démesuré ou exagéré qu'on retrouve parfois. L'environnement pourrait faire penser à un bistro rétro des années 70-80, avec briques peintes en blanc et éclairage chromé. Le tout teinté de modernisme, mais sans jamais choquer l'oeil.

Le menu se veut un clin d'oeil aux plats familiaux. Un peu plus, et sans le décor, on se croirait dans une émission du Temps d'une paix, avec le pouding chômeur revu et corrigé façon Cantine. La quarantaine de places peut effectivement faire penser, à cause de la disposition des tables, à une cantine, mais la comparaison s'arrête la. On rêve à de telles cantines dans nos hôpitaux.

C'est parfait pour une soirée entre copains, où l'on échange des plats qui font jaser juste à la lecture de leurs noms.

Les pogos maison (7 $) sont en fait des saucisses comme celles qui sont servies en plat principal, confectionnées à partir de bison ou de sanglier. Enrobées d'une légère pâte à frire style tempura, les minisaucisses sont servies avec une sauce, selon moi, trop sucrée. Belle combinaison cependant, avec une viande de bison bien relevée, voire bien épicée, qui a su plaire aux amis présents.

La crémeuse aux oignons doux (6 $) est pour sa part une soupe à l'oignon gratinée; un bon bouillon qui se mélange agréablement à l'oignon et que vient rehausser le gratin de cheddar.

On joue volontairement sur les mots en faisant référence à des classiques des familles. Les linguine Kraft Dinner (15 $) n'ont rien à voir avec le plat du commerce désigné. Ils arrivent nappés d'une sauce bien crémeuse au vin blanc et au vieux cheddar du compagnon fromager installé sur les lieux. Le tout devient particulièrement savoureux avec le bacon gratiné. Seule réserve sur le plat: des pâtes trop cuites ce jour-là.

Le jambon à la nana (19 $) deviendra sûrement très vite un incontournable de la maison. Un jambon à l'os cuit lentement et que l'on sert avec des légumes, mais surtout avec une sauce caramélisée à l'ananas et aux agrumes. Une belle façon de refaire le jambon à l'ananas de grand-maman, sans la cassonade et les cerises rouges fluo disposées sur le dessus. L'ensemble est délicieux; j'aime!

La Cantine offre aussi un coin comptoir où l'on peut acheter des sandwiches, divers produits à emporter, les chocolats de Christophe Morel et certains plats, comme un remarquable TV-dîner.

Le pouding chômeur est ici un pouding pour chômeurs de luxe et gourmets (6,50 $). Moelleux et recouvert d'un caramel au beurre salé, il se laisse attendrir sans difficulté avec une belle boule de glace à la vanille.

Voilà un sympathique bistro qui nous entraîne sur la route de la bonne humeur, avec des airs de jazz qui enchantent, un service aimable et bien fait, des vins au verre ou de la bonne bière. Le tout pour 30 à 40 $ par personne si vous buvez du vin. Une bonne façon de commencer l'année, pour fêter Obama et tous les saints de la terre sans se ruiner.

- Prix payé pour deux personnes le soir, avec deux verres de vin, avant taxes et service: 79,50 $.

- Catégorie BP (bistro populaire)

- Plus: une cuisine distrayante, bonne et sans prétention, dans une cantine de luxe au meilleur prix.

- Moins: des plats parfois servis tièdes et le manque de choix pour les desserts.

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Collaborateur du Devoir

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Bistro-boutique

La Cantine

212, avenue du Mont-Royal Est

Montréal, 514 750-9800

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