Le Aubry nouveau est arrivé

Voilà qu'il arrive sur les tablettes, presque au même moment que les guirlandes de Noël. Encore cette année, l'oenologue Jean Aubry met à profit ses fines papilles et déverse ses connaissances vinicoles dans la septième édition du Guide Aubry - Les 100 meilleurs vins à moins de 25 $ (Éditions Transcontinental).

L'édition 2009 — qui recense en réalité non pas 100 mais plutôt 350 vins — offre une sélection des meilleures bouteilles que nous propose la Société des alcools du Québec, et ce, à petit prix, comme son nom l'indique. «La moyenne des vins proposés tourne autour de 14 $», mentionne Jean Aubry, également chroniqueur dans la section «Week-end» du Devoir. Moyenne correspondant justement à ce que 87 % des consommateurs sont prêts à débourser pour une bouteille du précieux nectar. Parce que «le vin n'a pas besoin d'être cher pour être bon». Si un professionnel le dit...

À preuve, en entrevue, le passionné ne manque pas de faire partager sa découverte à petit prix, l'italien Riparosso Illuminati 2006 à 13,95 $ (l'un de ses «points d'excitation»), un vin qu'il qualifie de «l'une des meilleures affaires du guide 2009 et un antidote aux mois d'hiver».

Du côté des nouveautés, le guide contient un chapitre sur les meilleurs vins québécois. On apprend ainsi que l'Association des vignerons du Québec (AVQ) se dotera cet automne d'une certification «vin du Québec», écrit M. Aubry, qui a goûté à plus de 160 vins québécois cette année. «Cette section du guide, je la fais peut-être pour provoquer à la hausse ce mouvement qualitatif.» Jeune d'à peine 20 ans, l'industrie d'ici possède des vins qui se comparent sans prétention à bien des productions européennes d'une dizaine d'euros la bouteille.

Au firmament, les étoiles


L'un des changements de la cuvée 2009 du livre d'Aubry passerait probablement inaperçu si personne n'en glissait un mot. Contrairement à son habitude dans sa chronique du Devoir et dans les précédentes éditions de son ouvrage, Aubry envoie valser dans le firmament les fameuses étoiles qui cotent d'ordinaire les vins. Il s'explique: «J'en ai marre de ce rodéo aux gros scores implantés par les journalistes américains, qui cotent les vins sur une échelle de 100 points. Je ne veux pas que les gens mettent l'accent sur des notes, mais sur des vins.» C'est pourquoi le Guide Aubry 2009 accueille dans ses pages uniquement des vins ayant décroché trois étoiles ou plus durant l'année. Il ne s'appelle pas le guide des meilleurs vins pour rien! Puis, il ne faut pas s'inquiéter, l'auteur ne manque pas d'adjectifs ni d'imagination pour colorer la description de ses crus préférés.

Les adeptes du rouge ne seront pas déçus. En effet, les acheteurs de vin privilégiant à 77 % le vin rouge, la section du guide consacrée à celui-ci est richement garnie. «Les gens aiment les vins qui goûtent, explique M. Aubry. Puis nous vivons dans un pays nordique et le rouge, ça réchauffe!»

La composition du guide s'élabore selon la chronologie d'un repas. On commence ainsi par des suggestions d'apéros, des mousseux et des champagnes, puis on propose des blancs, des rouges, des moelleux et des portos, puis enfin des spiritueux. À ces suggestions sont greffés des chapitres sur les meilleurs vins bio à moins de 10 $, sur des vins à plus de 25 $, sur des vins à bouchon dévissable, sur des vins de cépage, sans oublier le traditionnel «Top des flops» de l'année.

Avec ce guide, le diplômé de l'université d'oenologie de Bordeaux vise à intéresser les amateurs qui ont de la difficulté à s'y retrouver dans cet univers pour le moins étourdissant. «Le mot "guide" est un indicateur; je me vois comme un ouvreur de portes. Suivez-moi, on va s'amuser.» Et on commence par quoi?