Supernat: une charmante oasis dans Hochelaga

L’un des repas offerts au restaurant Supernat
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir L’un des repas offerts au restaurant Supernat

L’automne inspire les longues promenades et les arrêts improvisés… ou pas. En ce mercredi d’octobre, nos pas nous ont menés jusqu’à Supernat, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve. Endroit aux échos favorables qui titille notre curiosité.

Le bruit courait : une belle oasis de fraîcheur fleurissait, rue Sainte-Catherine, depuis le mois de mai. Deux amis, Paul Tran et Olivier Trudeau, l’un pneumologue, l’autre courtier immobilier, avaient réalisé leur projet de bar à vin aux saveurs japonaises, après bon nombre d’incursions et d’apprentissages dans le milieu de la restauration sur la côte ouest. Debout devant la devanture de bois généreusement fenestrée — un superbe comité d’accueil —, nous n’avons d’autres choix que d’y entrer, comme happés.

Sitôt à l’intérieur, on quitte le boui-boui de la rue pour une bulle calme et vibrante à la fois. Pas étonnant de voir plusieurs clients installés devant leur ordinateur portable. Il y a pire pour le télétravail, disons ! Les hôtes présentes le jour de notre passage étaient formidables. Souriantes, avenantes, elles sont pour beaucoup dans notre enthousiasme pour ce lieu. On le répète souvent : la qualité du service est aussi primordiale que celle de la nourriture. Surtout dans ces restaurants qui n’offrent pas de service aux tables ; être considéré et pris en charge en tant que client est fort heureux. Bravo à Supernat d’avoir déniché ces perles.

Un mot sur l’espace avant de passer au menu. Réfléchi par Menard Dworkind, une firme qui a conçu plusieurs aménagements, dont ceux de Tiramisu, de Vinvinvin et de Falafel Yoni, il loge, à l’entrée, un comptoir-bar, où trône notamment une dizaine de lignes de vins en fût. Épurée, la section du fond, plus en hauteur, est garnie de tables et de sièges dans des tons d’orange, de vert et de bois. C’est vaste et accueillant. Les murs à peine retouchés qui honorent l’altération par le temps et le choix du mobilier chaleureux témoignent de cette envie de simplicité et d’accessibilité, des choix gagnants.

Les sandos en vedette

 

Venons-en au coeur du sujet : que mange-t-on dans ce bar à vin wabi-sabi ? Des bouchées japonaises avec en vedettes les sandos, des sandwichs sur pain au lait. Le cousin, pourrait-on dire, du « sandwich pas de croûte » québécois ou du tramezzino italien. D’ordinaire, le menu en offre six, du classique aux oeufs à la version bánh mì au porc. Or, pour l’heure du lunch, les options sont très réduites, à notre grande déception. L’explication tient au peu de personnel sur place. On préfère donc offrir moins, mais mieux. Soit. On ne peut pas critiquer ça. Cela dit, un ajout de légumes, comme la salade de concombre et menthe, par exemple, serait bienvenu pour l’offre du midi.

Fort heureusement, le sandos Tamago disponible est délicieux, lire mémorable. Entre deux pains légèrement beurrés et grillés, un mélange d’oeufs durs, de mayonnaise, d’oignons verts et de miel emprisonne un oeuf mollet mariné dans la sauce soya. Le jaune coulant, l’umami de l’appareil d’oeufs, le pain croustillant, une belle réussite. Nous en recommandons d’ailleurs un par gourmandise.

Pour compléter le repas, nous prenons deux pâtés vietnamiens, un au porc et un végétarien. Le premier remporte la palme côté saveur, mais dans les deux cas la pâte parfaitement chaude et feuilletée nous comble. C’est simple, c’est bon, on ne voudrait pas être ailleurs. D’autant plus que le vin choisi — Naranja, un orange espagnol en fût — se conjugue parfaitement au repas et au soleil qui se déploie à l’extérieur. Quelle belle idée de proposer une telle sélection de vins et de cidres ! On se réjouit d’avoir trouvé un endroit qui a compris le plaisir qu’on a devant un large choix de bons jus au verre, à des prix allant de 7 $ à 10 $. À cela s’ajoutent une carte de cocktails et des bouteilles de vins, principalement nature, qui changent au gré des arrivages.

En finale, douceurs et boissons chaudes ne se laissent pas désirer bien longtemps. À l’image du reste, le biscuit au miso et les cafés sont très bien exécutés. Mention aux grains spécifiquement choisis par Zab Café. On quitte les lieux non sans rappeler que le menu est plus substantiel les jeudi, vendredi et samedi soir et qu’il y fera bon y prendre l’apéritif en toute saison.

Supernat

★★★★

$ Le bonheur pour une vingtaine. Repas pour deux, avant taxes, pourboire et alcool : 37,25 $ (deux sandos, deux pâtés, deux biscuits et deux cafés) 

4316, rue Sainte-Catherine Est, Montréal, 514 773-8326

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