Le boom des supperclubs

Marie-Claude Di Lillo
Collaboration spéciale
Le restaurant Soubois, qui se transforme en discothèque lorsque la nuit tombe
Karel Chladek Le restaurant Soubois, qui se transforme en discothèque lorsque la nuit tombe

Ce texte fait partie du cahier spécial Plaisirs

Ceux qui ont connu l’effervescence des années 1980-1990 se rappellent les restaurants animés de grande surface se métamorphosant en discothèque ou en cabaret la nuit venue. Ces supperclubs connaissent depuis peu un regain de vitalité, pour le plus grand plaisir des noctambules !

Avec le relâchement des mesures sanitaires, la vie nocturne a repris sa place. La clientèle recherche davantage d’endroits où prolonger le plaisir du 5 à 7, jusqu’au petit matin. Si autour de 2015, ce fut presque la fin des supperclubs — qu’on pense à l’iconique Buonanotte de Montréal, au Beaugarte de Sainte-Foy, ou encore au Moomba de Laval qui ont tous fermé leurs portes, on assiste aujourd’hui au cœur de Montréal, à un retour en force de ce type d’établissements, qui offrent nourriture et divertissement sous la même enseigne.

Depuis sept ans déjà, le Soubois, ce grand restaurant de 200 places assises qui se transforme en discothèque vers 22 h 30, attire une clientèle friande de cuisine raffinée et de divertissement de fin de soirée.

« Après deux ans de pandémie, qui a mis notre établissement en dormance, on renaît avec une offre bonifiée. Nous avons agrandi notre salle à manger, repositionné notre menu autour du bar à cru et du gril et avons investi dans un système de son et de jeux d’éclairage de haute performance », fait valoir Alexandre Brosseau, un des propriétaires du Soubois.

Selon lui, le secret du succès de son établissement, il le doit à la qualité de la cuisine de son restaurant, pilotée par le talentueux chef et associé Guillaume Daly, ainsi qu’à une offre de divertissement où rien n’est laissé au hasard. « On s’adresse à une clientèle haut de gamme qui apprécie les deux facettes de notre établissement et qui aime étirer la soirée au même endroit », ajoute M. Brosseau.

Expérience ludique

 

Lancé le printemps dernier, le Yoko Luna est un autre exemple de cette tendance. Se présentant comme « le plus grand restaurant et cabaret au Canada », l’établissement propose une gastronomie d’inspiration nikkei (fusion entre les cuisines péruvienne et japonaise) ainsi que huit zones distinctes où le divertissement est roi, et ce, jusqu’à 3 heures du matin. Niché dans un ancien bâtiment historique datant de 1859, qui accueillait jadis la discothèque Le Cinq, c’est la destination pour se régaler du menu du chef Andrew Bambino, assisté d’Hakim Chajar, et pour s’émerveiller des spectacles d’artistes burlesques.

« Dès l’entrée, vous serez transporté dans notre version personnelle d’un jardin japonais intérieur, où règne une atmosphère électrique. Yoko Luna est l’aboutissement de tous nos projets réalisés jusqu’à maintenant. L’expérience ludique y est poussée à son paroxysme », affirme celui qui est aussi à l’origine du cabaret Bord’ELLE, John E. Gumbley.

D’autres établissements, comme La Voûte, qui se veut davantage une boîte de nuit, ont décidé de bonifier leur offre gastronomique. En plus d’offrir des plateaux-repas à partager, ils ajoutent des soirées thématiques, comme leurs jeudis Food Is Art, où l’on peut se délecter dès 20 heures d’un menu créatif à prix raisonnable. Une façon d’attirer la clientèle plus intéressée par le côté restaurant que par le côté club.

De son côté, Kabinet exploite l’idée d’un « trois-dans-un », en proposant un concept de buvette où l’accent est mis sur les vins nature et bio, parfait pour les 5 à 7 ! On poursuit avec des petits plats de style bistro, servis en soirée dans une ambiance rappelant les restaurants parisiens des années 1930, et on termine la nuit en passant de l’autre côté du mur mitoyen, au Bar Datcha, pour danser sur des rythmes endiablés.

L’effet wow

Cette idée de garder la clientèle captive du début à la fin de la soirée a germé aussi chez d’autres restaurateurs, tels que Steve Havitov, Tongue Bui et Jamie Sunny, qui ont imaginé le projet Greenwood Summerhouse. Ici, on mise sur un décor exotique qui invite les gens à la détente.

« J’ai été charmé par l’ambiance des restaurants de Tulum. Je souhaitais que nos clients puissent se sentir en vacances et vivre une expérience unique. Le resto à aire ouverte, l’abondance de plantes et l’utilisation du bois et du rotin dans le décor contribuent à renforcer l’illusion », explique Tongue Bui. La cuisine ouverte jusqu’à 1 heure, l’ambiance festive de la musique deep house et les cocktails ensoleillés servis toute la soirée sont autant de façons de transformer un simple restaurant en une sortie prolongée.

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