Le Flamant, tout pour faire sourire

Ce resto est une très bonne adresse.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Ce resto est une très bonne adresse.

Une carte qui pousse la note du savoir-faire et de l’éclectisme, des performances culinaires de haute voltige mitonnées avec une candeur rafraîchissante : il y a tout un spectacle qui se déploie dans Hochelaga.

On avait lu quelque part que parmi les réouvertures de l’année, Le Flamant méritait une note au carnet. Un spectacle à la salle Denise-Pelletier a suffi pour nous faire pousser la porte de cette sympathique adresse située à l’angle du boulevard Pie-IX et de la rue Ontario. Et quand on dit sympathique, ce n’est pas pour faire joli. Le restaurant des chefs Pascal Bolduc et David Hibon et du mixologue Maximilien Jean — trois collaborateurs qui évoluent sur la scène culinaire montréalaise depuis plusieurs années — est vraiment un endroit accueillant et magnifique de simplicité.

Assis au bar, nous avons tout le loisir d’observer l’espace. La cuisine à aire ouverte en plein centre donne le ton à l’ambiance décontractée. Le décor, réalisé par le Groupe Hemera, est moderne et foncé, enjolivé d’une multitude d’objets ludiques et colorés — dont des flamants, bien sûr. Le menu fort inspirant du moment, inscrit au mur avec des lettres aimantées pour enfants, nous confirme que la brigade prend la cuisine à cœur avec une forte dose de plaisir !

Des classiques revus et corrigés

 

C’est autour d’un pétillant Orange Is The New White (Alsace) que nous échafaudons notre plan de soirée. Nous avons une heure trente top chrono et un appétit sans fin pour nous faire une tête sur l’endroit.

Le menu est fait de clins d’œil aux classiques, revus et habilement réinterprétés. On perçoit également l’envie des chefs de repousser certaines limites. Envie qui s’est traduite ce soir-là par des gnocchis au sang. Lors de notre visite, le duo jouait, pour encore quelques jours, avec les saveurs scandinaves. Il revenait à peine d’une virée express à New York pour puiser l’inspiration du prochain menu. Un détail lancé à la volée par notre serveur qui traduit encore mieux la trame narrative du Flamant. Ici, il n’y a pas de cuisine précise sinon celle du monde au grand complet. À travers le thème du mois, on pige dans différentes techniques culinaires pour créer des plats singuliers et ravissants visuellement. Soyez prévenu, vous ne serez pas à un « wow » près !

La preuve : cet étagé de pommes de terre Anna garni de pastrami de langue de veau et de cornichons, avec des grains de moutarde et une crème sure fumée. C’est à la fois si simple et si travaillé. La recherche de profondeur est là, notamment avec le moelleux de la pomme de terre, le salé de la viande, le fumé et l’onctuosité de la crème.

Impossible de ne pas parler aussi du sublime plat d’esturgeon confit et de chou dans une mémorable sauce aux champignons. Chaud, très savoureux, le poisson cuit à la perfection se dégustait comme s’il n’y avait plus de lendemain. L’invité était fort heureux de recommander de la focaccia pour un bon nettoyage de l’assiette. Un morceau de pain qui nous a laissés perplexes quant à la définition de focaccia, mais comme nous étions dans l’antre des joyeuses transgressions, nous avons haussé les épaules en y mordant à pleines dents. Le seul véritable bémol s’est posé sur les roulades de bœuf cru avec chou fermenté et pleurotes dans une vinaigrette au riz sauvage. Oui à l’audace et à la multiplication des saveurs, mais parfois, moins c’est mieux.

Les propositions inédites et délicieuses se sont succédé à bon rythme jusqu’au dessert, un gâteau opéra rehaussé d’une touche de foie gras. Applaudissements sentis pour le service aimable et relax sans être relâché. Nous avons profité du moment sans nous sentir pressés, puis sommes arrivés à temps au théâtre. Voilà un joli enchaînement à répéter.

Le Flamant a toutes les qualités d’un resto de quartier, en plus d’avoir la créativité et la maîtrise technique d’une grande table. Un spectacle culinaire qui s’offre à la carte ou en options à partager pour une incursion complète dans le thème du moment. Sans l’ombre d’un doute, une destination à inscrire au carnet sans hésiter.

Québec exquis ! bonifie sa programmation

Du 22 avril au 1er mai, les amateurs de bonne bouffe et de bons vins auront plusieurs raisons de faire le plein de saveurs et de divertissements grâce au retour en chair et en os de l’événement Québec exquis !. En plus du traditionnel jumelage entre chefs et producteurs dans une trentaine de restaurants de la capitale, l’expérience gourmande se transportera dans dix serres aménagées sur la place Jean-Béliveau les 29, 30 avril et 1er mai prochains, à un jet de pierre du Grand Marché. Les menus de chefs invités, des vins de Bordeaux et des dégustations de produits québécois seront proposés beau temps, mauvais temps. Autre ajout : les festivaliers qui participeront à l’une des trois expériences de Québec exquis ! auront accès à la webdiffusion du 360 en spectacle ! le 5 mai à 20 h 30. Ce spectacle inédit, mettant en scène Louis-Jean Cormier, Marie-Pierre Arthur, Corneille, Gab Bouchard, Laura Niquay et Salomé Leclerc, est l’un des ajouts artistiques de la programmation. Trois courts métrages documentaires tournés dans la Capitale-Nationale seront aussi présentés, en collaboration avec la coopérative du cinéma indépendant Spira. Réservations au quebecexquis.com.


Le Flamant

★★★★

$$$ Un billet rouge par personne. Repas pour deux, avant taxes, pourboire et alcool : 173,61 $ (six plats, un à-côté et un dessert).

4043, rue Ontario Est, Montréal,​514 543-4245



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