Le Hobbit, chaleureux repaire

Le Hobbit, véritable restaurant de quartier, a toujours fait partie du paysage du faubourg Saint-Jean-Baptiste, à Québec.
Francis Vachon Le Devoir Le Hobbit, véritable restaurant de quartier, a toujours fait partie du paysage du faubourg Saint-Jean-Baptiste, à Québec.

D’aussi loin qu’on s’en souvienne, Le Hobbit a toujours fait partie du paysage du faubourg Saint-Jean-Baptiste, à Québec. Véritable restaurant de quartier, il est le prolongement de bien des maisons, et sustente autant qu’il réunit les gens des environs avec une joyeuse affabilité. On s’est donc demandé comment sa longévité se transpose dans l’assiette. Et pas n’importe laquelle : celle du brunch.

Il est rare, en tant que critique, d’avoir l’opportunité d’essayer un restaurant deux fois plutôt qu’une. C’est ce qui est arrivé avec Le Hobbit. Avec comme prétextes la fin des classes et notre amour du combo déjeuner-dîner, nous avions visité l’établissement en décembre avant que la hausse des cas de COVID-19 vienne fermer les salles à manger, une fois de plus. Deux mois plus tard, nous y sommes retournés, puisque le menu avait changé et que ça n’aurait servi personne de détailler des plats qui n’existent plus !

Hormis l’offre brunch et le feu de foyer qui crépite dans l’antre, ce qui nous a également incités à pousser la porte du Hobbit, ce sont les échos sur leur marché fermier durant les confinements pour écouler des denrées à prix doux, l’ouverture prochaine de leur épicerie L’Échoppe, de même que la venue récente d’un nouveau et jeune chef, Rémi Harvey, auparavant dans les cuisines du Quarante 7. Tout ça et surtout notre envie de trouver un restaurant qui allait satisfaire adultes et enfants.

Soyons francs. Avec la pandémie et le manque de main-d’œuvre, les adresses brunchs à Québec se comptent sur les doigts d’une main. Du moins, celles où le menu est inventif et réfléchi. En ajoutant la variable « enfant », on se dit trop souvent que ça sera mieux… chez soi ! Or, c’est exactement sur ce point que Le Hobbit se démarque. Tout en bas de la carte, divers éléments vendus à l’unité peuvent créer une assiette personnalisée pour les petits estomacs. Charmant ! C’est d’ailleurs ce que l’on a fait. Œufs, bacon, pommes de terre, chocolat chaud, jus ; le bonheur en cinq éléments faciles. Mention d’honneur : les oisillons affamés ont été servis dès que ce fut prêt. C’est ce qu’on appelle du professionnalisme.

Deux sections

 

Le menu brunch se divise en deux sections. La première est composée de petits plats tels que gravlax et pouding de chia ; l’autre propose des plats plus consistants, mais sans accompagnements, d’où les éléments proposés à l’unité. Lors de notre première visite, nous avions débuté avec des gougères qui étaient bien moelleuses et qui ont su calmer les récriminations de l’estomac jusqu’à l’arrivée des gaufres avec poulet frit et de la tartine au jambon et sauce Mornay. C’était appétissant, gourmand et réconfortant. Repues, nos filles ont adoré picorer les choux de Bruxelles sur la tartine et des morceaux de gaufres.

Pour être certaines de ne rien manquer, nous avons aussi pris une part de tater tots : des pommes de terre hachées et frites accompagnées d’une délicieuse sauce au fromage bleu. Original, chaud, croustillant et onctueux à la fois, c’est le genre de plat qui fait la signature d’un endroit. Il était 10 h lorsque nous avons roulé, comblés, vers la sortie.

À notre deuxième visite, en pleine heure du lunch, quel ne fut pas notre étonnement de constater à quel point la qualité des plats était différente. D’abord, le bacon archisec semblait avoir attendu son tour plus d’une fois sous le réchaud. Le plat de Bénés à la brisket de bœuf avec sa béarnaise aux épinards était copieux, certes, mais manquait de profondeur et de chaleur. Mais rien de comparable au Croque-truffe avec emmental et jambon effiloché entre deux pains briochés. Froid. Étrangement froid. Et un peu sec aussi ; les pointes de jaune d’œuf parfumé à la truffe n’ont pas réussi à apporter le liant nécessaire pour combler l’absence d’humidité dans le jambon et le fromage. Et le café ? Sans plus.

Nous étions déconcertés, d’autant plus que l’achalandage semblait modéré. L’une de nos filles a voulu se faire rassurante en vantant le confort de la banquette. Le bonheur est vraiment dans les petites choses ! Et elle avait là un bon point. Malgré la stupéfaction de cette deuxième visite, l’atmosphère chaleureuse et le service attentionné étaient toujours là. Cette constance est sans aucun doute l’argument que nous garderons en tête lors d’une prochaine réservation. L’idée de pouvoir manger des plats bien construits avec des ingrédients de saison dans un endroit qui peut accueillir, avec le même enthousiasme, petits et grands gourmets. Voilà de quoi me faire dire « à une prochaine fois », mais peut-être pas tout de suite.

Le Hobbit

★★★

700, rue Saint-Jean, Québec, 418 647-2677

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