Bika ferme et cuisine: savourer l’été à la campagne

Au milieu des jardins où sont cultivés les légumes qui nous seront servis au Bika ferme et cuisine se dresse une salle vitrée pouvant accueillir une vingtaine de convives.
Photo: Laurence-Michèle Dufour Au milieu des jardins où sont cultivés les légumes qui nous seront servis au Bika ferme et cuisine se dresse une salle vitrée pouvant accueillir une vingtaine de convives.

Mon histoire d’amour avec la ville s’est compliquée dans les derniers mois. Disons que le confinement lui en a fait perdre ses attraits, malgré le retour de l’été. Sans accès à la culture, ou presque, l’idée d’être entassés comme des sardines perd un peu de son charme. Je saute sur toutes les occasions de m’en évader. Bien excitées à l’idée d’essayer un concept de table champêtre, justement imaginé par des gens qui ont récemment déserté la métropole, ma fidèle complice et moi partons une fois de plus à l’aventure.

Bika ferme et cuisine est situé à un peu moins d’une heure de route de Montréal, tout juste après le quartier industriel de Saint-Jean-sur-Richelieu, dans un lieu enchanteur, à Saint-Blaise-sur-Richelieu. Ce nouveau projet est porté par la cheffe Fisun Ercan, que l’on a notamment connue devant les fourneaux de son restaurant Su à Verdun, fermé depuis juin dernier 14 ans après son ouverture. Devant nous, au milieu des jardins où sont cultivés les légumes qui nous seront servis, tout près d’une charmante maison ancestrale, se dresse une magnifique salle vitrée pouvant accueillir une vingtaine de convives.

Ambiance feutrée

À l’intérieur, l’ambiance est feutrée. Une musique jazz enrobante à peine perceptible fait office de trame sonore. Tout au fond, derrière les portes vitrées, les cuisiniers s’activent avec un rythme précis et soutenu. Les jolis lampions qui ornent les tables (choisies avec soin) projettent une lueur intimiste dans la salle. La cheffe nous reçoit littéralement dans son jardin, entouré de champs aux effluves de fin d’été.

Une charmante serveuse vient rapidement ouvrir la bouteille que nous avons déposée sur la table. Il vaut mieux privilégier un vin passe-partout, tout en fraîcheur, dans ce genre de resto « apportez votre vin ». Le menu, composé de six services, change toutes les semaines et est gardé secret jusqu’au moment de la visite. Il est toutefois possible de mentionner toute intolérance ou allergie au moment de réserver en ligne.

Pour commencer le repas, on nous sert une exquise soupe de betteraves, lequel légume est abondant à ce temps-ci de l’année. Onctueuse, elle est garnie d’une bonne cuillerée de choucroute maison, dans laquelle nous détectons un soupçon de cumin, en plus de l’assemblage plus traditionnel de carvi, de genièvre et de laurier.

Le pavé de flétan, enroulé dans une feuille de vigne et cuit au four à bois, aurait bénéficié d’une cuisson un peu moins longue. La très soyeuse purée de salicorne et de chou gras juste qui l’accompagne est un véritable délice — on en aurait pris plus tellement elle était bonne.

Quant aux haricots, qu’on aura pris soin de simplement ébouillanter avant de les parfumer à l’huile d’olive et de les parsemer de quelques fleurs comestibles, c’est avec les doigts que nous décidons de les manger !

La pidé et le pavé

La pidé (une sorte de petite pizza turque) nous est servie alors que nous nous affairons encore à terminer cet étagé de courgettes génoises reçu tout juste avant. Elle met parfaitement en valeur les premières tomates de la saison ainsi que la ricotta, cuisinée sur place il va sans dire. La fraîcheur des ingrédients est évidemment la star de ces deux plats, qui auraient toutefois pu bénéficier d’une pincée de sel de plus pour rehausser le goût, somme toute un peu fade.

Un pavé de veau d’une ferme voisine vient clore le volet salé de cette dégustation. Déposée sur une tranche d’aubergine rôtie et garnie d’une sauce bien réduite, la viande est tendre. L’amertume et la présentation du plat, qui n’est pas à la hauteur des autres services, nous laissent cependant un peu perplexes.

Le dessert nous est lui aussi apporté de façon précipitée. Alors que nous avons la dernière bouchée de veau encore entre les dents, on nous présente un yogourt glacé aux tomates vertes, accompagné d’une poêlée de camerises. Nous comprenons que ce mariage chaud-froid devra être englouti rapidement. Le goût plutôt délicat de la tomate est à peine perceptible, la saveur éclatante de la petite baie dominant ce sympathique dessert.

C’est plutôt agréable de quitter un restaurant lorsque la note est préalablement réglée. Ces nouveaux systèmes de prépaiement en ligne seront certainement de plus en plus populaires. Ce n’est pas une mauvaise chose. On devra quand même prendre le temps de s’y faire !

Notez que la seule façon d’entrer en contact avec l’établissement est par courriel. Que ce soit en dehors ou pendant les heures de service, le combiné téléphonique demeure sans réponse.  


Légende

★ Je regrette de devoir vous en parler
★★ Pas mauvais, mais on n’est pas obligés de s’y précipiter
★★★ Bonne adresse
★★★★ Très bonne adresse
★★★★★ Adresse exceptionnelle pour la cuisine, le service et le décor

$ Le bonheur pour une vingtaine
$$ Une quarantaine par personne
$$$ Un billet rouge par personne
$$$$ Un billet brun par personne
$$$$$ Le bonheur n’a pas de prix

Bika ferme et cuisine

980, chemin du Grand-Bernier, Saint-Blaise-sur-Richelieu. 514 243-2447. Jusqu’au 16 octobre : du jeudi au samedi, de 18 h 30 à 21 h, le dimanche de 11 h à 16 h. Après le 16 octobre, du vendredi au dimanche de 11 h 30 à 16 h. 110 $ + taxes par convive le soir et 35 $ + taxes par convive pour le brunch, service compris.