La porte arrière va de l’avant

Ici, le menu change toutes les semaines. On sent bien que la jeune équipe dynamique cherche à nous en mettre plein la vue.
La porte arrière Ici, le menu change toutes les semaines. On sent bien que la jeune équipe dynamique cherche à nous en mettre plein la vue.

Toujours avec cette idée de fuir la ville et de prendre un bon bol d’air frais, c’est sur la route des vacances que mon éternelle complice et moi-même décidons de nous arrêter à Rivière-du-Loup. Situé en plein cœur du centre-ville, le restaurant La porte arrière, dont on ne nous disait que du bien, a fêté son premier anniversaire pendant le confinement en avril dernier. L’affiche sur la façade donne le ton : cuisine festive et spontanée.

Nous accusons quelques minutes de retard en cette belle soirée du mois d’août. Un petit échange amical de textos par l’entremise de la plateforme de réservation rassure les deux parties.

Ils sont quatre dans l’aventure, tous présents ce soir-là. Mynessa Lapointe Ouellet et Patricia Charest s’amusent au service et confectionnent ensemble carte des vins et cocktails. Martin Matte et Philippe Lafrenière sont quant à eux responsables d’élaborer le menu.

L’ambiance est effectivement à la fête lorsque nous franchissons la porte — avant, faut-il préciser. Un peu bruyant, le charmant local, qui permet normalement d’accueillir une bonne cinquantaine de convives, a perdu quelques places assises à cause du vilain virus. L’accueil y est chaleureux. Un peu assommées par la route, nous n’arrivons toutefois pas dans les meilleures dispositions.

Installées au bar devant la cuisine ouverte, comme nous l’avions demandé, nous choisissons deux cocktails afin de retrouver nos esprits. Une margarita tout en équilibre pour moi et un cocktail maison pour l’amie, soit Le fluo. Mélange fort intéressant de gin, aloès, pamplemousse, citron et crème soda, la boisson est un peu plus sucrée que nous l’aurions espéré. Il faut dire qu’un nom pareil aurait dû éveiller nos soupçons !

Devant nous, derrière un cadre de plexiglas, Philip, qui travaille avec ses deux patrons, dresse les entrées. Il profite d’une petite accalmie en cuisine pour nous détailler les plats à l’ardoise. Cuisine spontanée et produits du marché obligent, quelques ingrédients manquent à l’appel, mais nous voilà bien guidées.

De généreuses portions

Comme notre choix s’est arrêté sur trois plats principaux, nous optons finalement pour une seule entrée. La burratina avec tomates et fleur d’ail semble alléchante, mais elle nous apparaît un peu trop généreuse dans l’assiette que Philip apprête sous nos yeux. Dans tous les cas, nous n’avions d’autre choix que d’écarter beaucoup de belles idées.

Mynessa, à qui on a souvent demandé un peu de temps de réflexion, vient s’enquérir de notre commande. Elle fait preuve depuis notre arrivée d’une patience digne de mention, en plus de nous conseiller très justement une bouteille de vin, à travers une jolie carte, un peu pêle-mêle toutefois, qui comporte surtout des importations privées.

Le bison, servi en gravlax, a tôt fait de nous remettre en appétit. Surmonté d’une mayonnaise au radis lactofermenté (qui remplace avec brio le raifort annoncé à l’ardoise), d’un jus à la bordelaise et d’une poignée de pommes paille, il convainc du savoir-faire de la maison.

L’omble chevalier, avec sa peau bien craquante, nous arrive déposé sur une polenta crémeuse, la meilleure que nous ayons jamais mangée. N’étant ni l’une ni l’autre très amatrices de la chose, nous voilà surprises par ce véritable tour de force. Les champignons king eringy arborent une parfaite coloration. Bien que délicieuse, cette sauce vierge, en trop grande quantité, vient quelque peu alourdir le plat.

À chaque service, assiettes de partage et ustensiles sont renouvelés. Le personnel en salle et en cuisine a l’œil affûté et réagit à nos moindres besoins. De vrais professionnels.

Les pappardelles maison sont cuites à la perfection. Enrobé d’une sauce à la crème, au parmesan et aux lardons bien riche et onctueuse, le plat est accompagné d’une belle poêlée de chanterelles, shiitakes et champignons de Paris. Un peu lourd, mais délicieux.

Malgré cet impeccable orgetto au fumet de homard avec ses carottes, rabioles et betteraves rôtis à point, nous voilà quelque peu déçues par la pièce de résistance. Boudin et pétoncles nous sont tous deux servis un peu trop cuits. Rien pour altérer notre impression générale de la soirée, cependant, fort positive.

Ici, le menu change toutes les semaines. On sent bien que la jeune équipe dynamique cherche sans relâche à nous en mettre plein la vue. Une adresse à garder en tête, que l’on soit Louperivois ou pas !

Ouvert en soirée du mardi au samedi et pour le lunch du mercredi au vendredi.


Légende

★ Je regrette de devoir vous en parler
★★ Pas mauvais, mais on n’est pas obligés de s’y précipiter
★★★ Bonne adresse
★★★★ Très bonne adresse
★★★★★ Adresse exceptionnelle pour la cuisine, le service et le décor

$ Le bonheur pour une vingtaine
$$ Une quarantaine par personne
$$$ Un billet rouge par personne
$$$$ Un billet brun par personne
$$$$$ Le bonheur n’a pas de prix

La porte arrière

356, rue La Fontaine, Rivière-du-Loup, 418 862-6262