Des gens de coeur, le goût du bonheur

Plutôt que de rouvrir sa salle à manger au mois de juin, la boulangerie Merci la Vie a préféré proposer un nouveau concept plus adapté à la distanciation physique. Dans son immense jardin orné de nombreuses tables à pique-nique, il est désormais possible de profiter du restaurant en soirée.
Photo: Photo fournie Plutôt que de rouvrir sa salle à manger au mois de juin, la boulangerie Merci la Vie a préféré proposer un nouveau concept plus adapté à la distanciation physique. Dans son immense jardin orné de nombreuses tables à pique-nique, il est désormais possible de profiter du restaurant en soirée.

Surtout réputé pour son divin pain sans levain, le café boulangerie Merci la Vie a quitté son petit local situé à Prévost, en décembre dernier, pour s’installer quelques kilomètres plus au nord, à Piedmont cette fois. Ce nouvel espace, vaste et lumineux, confère une généreuse superficie de travail à la talentueuse brigade de cuisine. L’acquisition d’un four à bois offre un terrain de jeu supplémentaire à ces maîtres de la longue fermentation.

Amis et collègues ne tarissant pas d’éloges sur l’endroit, une petite virée gourmande dans les Laurentides s’imposait. Plutôt que de rouvrir sa salle à manger au mois de juin, la maison a préféré proposer un nouveau concept plus adapté à la distanciation physique. Dans son immense jardin orné de nombreuses tables à pique-nique, il est désormais possible de profiter du restaurant en soirée. « Merci la Vie, la nuit » propose de petits plats de légumes de saison et de succulentes pizzas, ainsi qu’une courte carte des vins bien équilibrée.

Comme ces soirées n’ont lieu que les vendredis et samedis, une réservation est de mise. Notre première tentative sera malheureusement annulée, en raison de dame Nature, peu clémente cette journée-là. Bien qu’il ne soit pas possible en pareil cas de profiter de la salle à manger à ciel ouvert, l’option d’emporter chez soi les victuailles est disponible.

Notre petit groupe d’amis a réussi à se libérer la semaine suivante. À notre arrivée, nous apercevons une longue file d’attente devant la porte d’entrée, malgré notre réservation. Nous attendrons debout un peu moins d’une heure avant de pouvoir commander au comptoir. Nous profitons de ce moment pour saliver devant le menu et discuter avec le charmant Émile, préposé à l’accueil. Le jeune homme nous explique qu’en deux soirs seulement, la boulangerie peut recevoir jusqu’à 350 visiteurs. Nous serons les derniers ce week-end-là.

Ambiance féérique

Affamés, nous commandons tout sur le menu. L’une des quatre entrées manque malheureusement à l’appel et les ingrédients de l’une des trois pizzas disponibles ont été modifiés. Qu’à cela ne tienne, tout à l’air succulent. Ustensiles, verres, assiettes et serviettes à usage unique — mais compostables — nous sont remis. Ne reste plus qu’à choisir une table et à attendre qu’on nous appelle quand le tout sera prêt.

L’ambiance est féerique. Lanternes, lampions et lucioles offrent un éclairage discret et romantique. La noirceur déjà bien installée lorsque nous déployons notre festin sur la table ne nous empêche pas de constater que, malgré les assiettes en carton, la présentation des plats est irréprochable.

Ces jeunes carottes encore croquantes glacées au beurre et au miel d’Anicet, surmontées d’une mozzarella fraîche avec pollen et sarrasin, sont un réel délice.

Quelques tranches de guanciale voilent les cavatellis maison. Joli comme tout. Les savoureuses pâtes sont servies dans une sauce babeurre et cheddar d’Avonlea, et sont accompagnées de petits pois verts éclatants et d’un peu de menthe. Le tout disparaît en un temps record. La salade de betteraves et crème sure fumée est tout aussi délicieuse, mais la cuisson overnight au four à bois semble avoir fait perdre au légume la résistance nécessaire.

Craquante et moelleuse, la pâte à pizza rend justice au travail attentionné des boulangers. Les garnitures de saison sont choisies avec soin. À l’unanimité, la Viens de Juin, avec sa croûte parsemée de sésame, a su ravir toute la tablée. Mozzarella, grana padano, mortadelle, pesto de pistaches et huile de jalapeño se sont avérés un mélange exquis.

Aussitôt la dernière bouchée terminée, tel qu’on nous l’avait indiqué, mon comparse avenant et gourmand se précipite à la cuisine pour réclamer les desserts commandés au comptoir à notre arrivée. Il revient bredouille avec une bien triste nouvelle. Tout a été fermé et rangé, il ne reste plus rien pour nous. Une finale en queue de poisson. La charmante Nathalie se confond en excuses au moment de nous rembourser et gère la situation avec soin.

Cet été de pandémie, avec ses airs de liberté conditionnelle, ne rend à personne la tâche facile. Les concepts pour emporter ou manger en plein air se multiplient. C’est à se demander si le modèle cantine est réellement adapté aux formules de soirée, qui nécessitent souvent un certain suivi. L’attente du début, par exemple, aurait-elle paru moins longue un apéro à la main ?

 

Boulangerie Merci la Vie

485, boulevard des Laurentides, Piedmont, ☎ 450 744-0525.