Le Rhinocéros, dernier-né des magiciens du Bouillon Bilk et du Cadet

Mélanie Blanchette, propriétaire du Bouillon Bilk et du Cadet, ne s’est pas laissé abattre par la crise actuelle.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Mélanie Blanchette, propriétaire du Bouillon Bilk et du Cadet, ne s’est pas laissé abattre par la crise actuelle.

Hauts lieux de rassemblement, petites et grandes salles à manger ont dû suspendre leurs activités à la suite des mesures gouvernementales adoptées le mois dernier. Si certains restaurants se sont rapidement tournés vers la livraison et les mets à emporter pour assurer leur survie, d’autres auront pris une pause nécessaire, question de réfléchir à un nouveau plan de match. Depuis quelques semaines, bon nombre d’entre eux reviennent en force, et on assiste à une explosion de l’offre. Bistronomie et gastronomie peuvent désormais être livrées à votre porte.

La réputation du duo Mélanie Blanchette-François Nadon n’est plus à faire dans le milieu de la restauration montréalaise. Propriétaires du Bouillon Bilk et du Cadet, situés en plein cœur du Quartier des spectacles, ils en étaient à réviser les derniers détails de leur nouvelle enseigne dans le Vieux-Montréal lorsque la fermeture de tous les services non essentiels a été annoncée. La Place Carmin devait voir le jour à la mi-avril, juste à temps pour la haute saison.

Même s’ils ont dû mettre leur projet sur la glace, Mélanie Blanchette et son complice ne se laissent pas abattre. En réponse à la crise actuelle, ils ont lancé la semaine dernière leur tout nouveau concept, Rhinocéros, un service de prêt-à-manger. « C’était important pour nous de créer une entité distincte, avec sa propre identité. Les assiettes qui se dressent à la pince n’ont pas leur place dans un contenant pour emporter. » À l’effigie d’un animal que Mélanie chérit depuis longtemps, le Rhinocéros a un packaging plus grunge que léché. Même si le projet a été mis sur pied rapidement, il a été conçu pour durer bien au-delà de la période de confinement.

Le restaurateur est un être qui doit constamment s’adapter à son environnement, même en temps extraordinaires. Il doit faire preuve de résilience. « Ce temps d’arrêt nous a offert un recul qu’il est difficile de s’accorder normalement », confie Mélanie. Les deux partenaires d’affaires se sont notamment questionnés sur la rentabilité d’une telle activité. Se réinventer, oui, mais pas à n’importe quel prix.

Ce nouveau concept est bien sûr propulsé par ses deux grands frères. Les mets sont concoctés au Bouillon Bilk et les commandes sont récupérées au Cadet afin de respecter les règles de distanciation. Les habitués ne seront pas déçus, cette formule permet évidemment de faire renaître quelques classiques (dont le fameux pain du Bouillon et les irrésistibles brocolis du Cadet). Une petite carte des vins sélectionnés avec goût à prix accessible est également disponible.

S’ajouteront bientôt à l’offre les légumes frais de la ferme La Pelletée et quelques options prêtes à griller pour amorcer la saison du BBQ. « On est tous un peu à côté de notre zone de confort », poursuit Mélanie, qui s’affaire à emballer des commandes. Elle demeure néanmoins optimiste quant à l’avenir de la profession. « Lentement, on va se relever de cette crise, parce que c’est notre métier et que c’est ce qu’on fait de mieux. Ce serait inconcevable qu’on n’ait plus envie de se réunir. »

La Place Carmin dans tout ça ? Avec deux salles privées, un bar, une salle à manger ainsi qu’une terrasse, le tandem ne manquera certainement pas de nous en mettre encore plein la vue… dès qu’il le pourra. Pour vous aider à patienter d’ici là : commandes par téléphone à venir chercher ou à se faire livrer tous les jours de la semaine à partir de 11 h.

 

Se réinventer avant même d’exister

Situé à l’angle des rues Jarry et Saint-Hubert dans un ancien dépanneur, Lundis au soleil se voulait un resto de quartier simple et convivial. À la manière d’une petite épicerie européenne (on y retrouve entre autres des conservas issues de la pêche durable), leur beau local lumineux, teinté de rose, devra patienter avant de voir quelques convives s’y poser. D’ici le retour des beaux jours, vins, bières et cidres sont disponibles pour emporter. Et puisqu’il faut accompagner le tout de mets préparés, la maison propose un menu adapté.

Parmi les belles idées originales suggérées, ce succulent sandwich grillé de pain markouk (pain libanais très fin) garni de houmous, de haricots blancs, de pommes de terre et de chou rouge fermenté, à la fois croustillant et moelleux. Accompagné d’une vinaigrette babeurre et huile de poireaux qui vient enrober le côté épicé du sandwich, ce plat témoigne de l’attention que l’on prête aux détails à cette adresse, même en temps de crise. Rien que la frite maison et la petite salade verte ne nous avaient pas déjà murmuré à l’oreille.

Ouvert du mardi au dimanche de 11 h à 19 h. Il est possible de passer vos commandes par téléphone ou en ligne. Cueillette sur place uniquement.