L’étrange boudoir de Madame Chose

Situé dans les nouvelles Galeries gourmandes du centre commercial Les Galeries de la Capitale, Madame Chose est présenté comme l’antre d’une dame un peu excentrique.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Situé dans les nouvelles Galeries gourmandes du centre commercial Les Galeries de la Capitale, Madame Chose est présenté comme l’antre d’une dame un peu excentrique.

Comme bien des gens, j’ai été très intriguée par le dévoilement du resto-concept Madame Chose, l’automne dernier. Situé dans les nouvelles Galeries gourmandes du centre commercial Les Galeries de la Capitale, le lieu était présenté comme l’antre d’une dame un peu excentrique. J’ai donc eu envie d’aller voir par moi-même et, surtout, de vérifier si le contenu de l’assiette reflétait l’excentricité promise.

Dès le vestibule, plusieurs surprises nous attendent. Au premier chef, il faut traverser le « rideau » formé par une fine chute de glace sèche : sur les volutes de fumée, une projection lumineuse imprime de fugaces motifs. Guidés par le serveur, nous nous dirigeons ensuite vers la section jardin et nous nous attablons à une structure étonnante, aux formes sinueuses évoquant une grande triskèle dont nous occuperons l’une des « branches ». Notre section, elle, est délimitée par un gros vase débordant de fleurs de soie évoquant une grand-tante bienveillante.

Au jardin

Des mises en bouche, offertes par la maison, sont constituées d’un petit socle de gelée de betterave surmonté d’une crème au fromage de chèvre, le tout étant coiffé d’une chip de carotte. La texture inhabituelle me plaît bien, l’aspect croustillant étant assuré non par la base, mais par la décoration.

En guise d’entrée, Dave et moi avons opté pour la planche à partager, qui comporte plusieurs variétés de charcuteries et de terrines. Aux habituels fruits séchés, noix, olives et marinades, on a aussi cru bon d’ajouter une petite poire pochée au vin rouge ainsi que quelques dés de gelée à la betterave rouge. Une fine tranche de pain bien craquante et un peu de roquette complètent le tout.

Au fil du repas, les yeux se portent irrésistiblement sur les nombreux éléments surprenants du décor : ici, de grands écrans où se succèdent des photographies (prises au microscope électronique) de spores et de cellules végétales, là une horloge grand-père, là encore un pan de plafond végétalisé… Si le regard est bien servi, l’ouïe est titillée par une variété de projections sonores aléatoires comprenant gazouillements d’oiseaux, coassements de grenouilles et autres éléments évoquant la faune d’un jardin et d’un étang. Sans être saturé pour autant, l’environnement multisensoriel suscite inévitablement la conversation.

Photo: Francis Vachon Le Devoir Vue sur la cuisine du restaurant

Pêche miraculeuse

Plusieurs mets sont offerts en format entrée ou plat. Ayant envie de variété, j’ai décidé de prendre deux petits formats se correspondant bien, soit les pétoncles et l’omble de l’Arctique, arrosés d’un verre de 1535 du vignoble Isle de Bacchus, de l’île d’Orléans.

Soudain, un grondement de tonnerre se fait entendre, tandis que l’éclairage simule une série d’éclairs. Jouant le jeu, un serveur se précipite au-dessus de nous, brandissant un parapluie ouvert ! L’interruption ludique de quelques secondes nous amuse beaucoup.

On nous apporte nos plats. Sur la première assiette oblongue est déposé un lit de macédoine de grains de maïs et de haricots blancs, sur lequel sont disposés des légumes racines passés au four, ainsi que trois pétoncles de belle taille, légèrement poêlés et parsemés de petits grains de quinoa soufflé. Le jus de maïs au cumin remplit bien son rôle de condiment dans cette assiette contrastée, colorée et bien équilibrée.

Le pavé d’omble de l’Arctique est parfait : sa texture fine a été soigneusement préservée par une cuisson respectueuse, tandis que la saveur subtile est agréablement soutenue par le jus de cuisson à l’estragon. Ce poisson originaire des mers boréales (mais provenant ici de la pisciculture de Charlevoix) mériterait d’ailleurs de se trouver plus souvent au menu, au lieu des sempiternels saumon et thon ! L’assiette est complétée par une purée de carottes ainsi que quelques morceaux de poireau et de courgette grillés.

Pour ma part, j’en resterai là, étant plus que sustentée. Et comment se passent les choses du côté de mon invité ?

Photo: Francis Vachon Le Devoir Au fil du repas, les yeux se portent irrésistiblement sur les nombreux éléments surprenants du décor.

Du pré au verger

Dave a jeté son dévolu sur la bavette de bœuf Meyer AAA. Légèrement grillée pour conserver l’intérieur adéquatement saignant, la pièce de viande s’avère étonnamment tendre, des légumes vapeur — edamames, fèves vertes, chou romanesco — assurant le côté croquant. Des frites pont-neuf et une compotée de champignons, d’oignons et de lardons mettent la touche finale à cette assiette généreuse, qui vient à bout de l’appétit de mon conjoint. Enfin, presque.

Un dessert est commandé et trouve son public. Pas véritablement d’inventivité du côté de la tarte Tatin, qui, avec sa petite part de crème glacée vanille, se contente d’être succulente. Et c’est très bien ainsi.

En ressortant, nous nous égarons volontairement dans une autre section du resto, où Madame Chose a étalé ses plus beaux bibelots. Une section banquette est surmontée d’une collection de cadres où s’animent (oui, oui) des photos anciennes. Nous retraversons finalement le rideau évanescent pour nous retrouver au milieu des Galeries gourmandes. Si nous n’avons pas croisé la fictive propriétaire de céans, sa personnalité imprègne bel et bien les lieux, donnant l’envie de lui rendre visite à nouveau.

Les plus : L’atmosphère éclectique est évidemment la vedette, renouvelant l’étonnement tout au long du repas. Le menu compte de belles propositions végétariennes et sans gluten. Service agréable.

 

Les moins : Un peu bruyant par moments, la déco tempérant heureusement l’écho des hauts plafonds. Sans s’écarter du concept, quelques plats très simples (par exemple, des pâtes ou un croque-monsieur) pourraient être ajoutés à la carte.

 

Coût d’un repas pour deux, nourriture seulement, avant taxes et service : 93 $

 

Coût total pour deux, y compris alcool, taxes et service : 128 $

Actualités gastronomiques de la région de Québec

Le traiteur haut de gamme La Mangue verte vient d’annoncer un important virage écoresponsable. Souhaitant éliminer totalement l’utilisation du plastique à usage unique, l’entreprise de Québec a trouvé des manières novatrices de remplacer cette matière, notamment en troquant la vaisselle pour des supports comestibles et des ustensiles de bois, ainsi qu’en utilisant des boîtes-repas compostables et biodégradables, certifiées Rainforest Alliance et fabriquées au Québec. Grâce à ces nouvelles mesures, elle évitera d’envoyer à la poubelle environ 30 000 contenants de verrines et 50 000 mini-ustensiles par année ! Rappelons que La Mangue verte collabore avec de grands événements tels le Festival d’été de Québec, la Semaine numériQC et Web à Québec.

La distillerie Stadaconé s’est distinguée à la Canadian Artisan Spirit Competition 2020. Le gin Stadaconé Bleu a remporté la médaille d’or de cet important concours pancanadien où s’affrontent des spiritueux artisanaux. Une belle marque de reconnaissance pour cette toute jeune distillerie, ouverte à Limoilou en 2019.

Légendes

★ Je regrette de devoir vous en parler
★★ Pas mauvais, mais on n’est pas obligés de s’y précipiter
★★★ Bonne adresse
★★★★ Très bonne adresse
★★★★★ Adresse exceptionnelle pour la cuisine, le service et le décor

$ Le bonheur pour une vingtaine
$$ Une quarantaine par personne
$$$ Un billet rouge par personne
$$$$ Un billet brun par personne
$$$$$ Le bonheur n’a pas de prix

Madame Chose

★★★★

Galeries gourmandes des Galeries de la Capitale, 5401, boulevard des Galeries, Québec, 581 814-0880