Manger japonais détendu au P’tit Tri

De gauche à droite: le «Petite Patrie»: thon, saumon et hamachi; le «Beaubien»: homard, thon et hamachi; et le sushi pétoncle épicé.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir De gauche à droite: le «Petite Patrie»: thon, saumon et hamachi; le «Beaubien»: homard, thon et hamachi; et le sushi pétoncle épicé.

En clôture de cette année 2019 plutôt réjouissante côté fourchettes, je vous propose un petit resto relax et délicieux servant des choses japonisantes. J’avais prévu une visite à une table prestigieuse pour vous en parler avant le 31 décembre. Malheureusement, à la dernière minute, il n’y avait plus de place. J’essaierai de nouveau en 2020.

Pour me remettre de cette déception, je suis allé visiter une de ces petites adresses que j’aime tant en raison non de leur prestige, mais de leur modestie. L’endroit s’appelle Le P’tit Tri, et c’est vraiment le genre d’endroit où aller se réfugier en toutes saisons et en toutes circonstances lorsque l’on aime cette cuisine de l’Empire du Soleil levant.

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le fait d’être installés au comptoir permet de vérifier plusieurs choses: la grande fraîcheur de tous les éléments préparés pour monter  les assiettes; la dextérité et la rapidité des deux jeunes gens  chargés de la préparation des bouchées; la précision de découpe des poissons et des crustacés.

Le propriétaire du P’tit Tri s’appelle Thierry-Tri Du et si lui vous est inconnu, vous connaissez sans doute son papa, Tri Du, qui fait courir les foules depuis des années avec son restaurant Tri Express. Le grand servant des plats de qualité, ce clin d’œil des prénoms et des noms de commerce invite à essayer le petit. La transmission de connaissances d’une génération à la suivante est souvent intéressante à suivre. Chez les Du (comme chez les Tastet, d’ailleurs [merci, Élise]), le savoir-faire paternel est pris en considération par la descendance et est dynamisé par un élan et une créativité remarquables des jeunes gens.

Au P’tit Tri, on retrouve les plats que l’on a aimés au Tri Express : soupes, salades, nigiris, makis, sushis, sashimis et autres tempuras. Ce sont ici, à quelques détails près, les mêmes préparations que chez le paternel et, pourtant, on a l’impression qu’il s’agit de plats nouveaux. Peut-être est-ce dû à cette atmosphère particulière qui règne ici, moins fébrile et davantage habillée des rires de la clientèle installée à la grande table commune. Le flot des commandes à emporter est aussi plus raisonnable et ne nuit pas au séjour des clients s’étant déplacés pour déguster sur place.

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le «Beaubien»: homard, thon et hamachi

Comme c’est le cas lorsque l’on peut, on indique au patron le degré d’intensité de notre appétit (l’omakasé des Japonais) et on le laisse choisir pour nous la composition de notre repas ; lui donner une idée de notre budget n’est pas une mauvaise idée non plus.

Pour tester les lieux, ce soir-là, j’ai demandé « une soupe, une salade et une sélection de quelques sushis représentatifs de ce que la maison sait et peut faire ». Le tout est arrivé en temps voulu et à un rythme agréable. Le fait d’être installés au comptoir nous a permis de vérifier plusieurs choses : la grande fraîcheur de tous les éléments préparés pour monter les assiettes ; la dextérité et la rapidité des deux jeunes gens chargés de la préparation des bouchées ; la précision de découpe des poissons et des crustacés.

 
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le «Petite Patrie»: thon, saumon et hamachi

Cette « Soupe aux fruits de mer » était un début de repas parfait. Une composition équilibrée dans un petit bouillon léger, où chaque élément se distinguait sans s’imposer : tofu, algue, champignons, oignon vert, carotte, papaye, crevette, pétoncle et kanikama ; et puis, avouez que kanikama, c’est quand même plus excitant comme nom que « goberge », même s’il s’agit de ça.

Nommée sans doute en hommage au père, « L’exquise salade-ceviche de Tri » possède cette vertu qui distingue les petites salades de qualité, une impressionnante fraîcheur de tout ce qui se trouve dans la bolinette, petits cubes de mangue, pamplemousse, concombre, avocat, carotte et papaye. L’intitulé annonçait : « choix de poisson OU fruits de mer » ; généreusement, le chef avait glissé de petites languettes de thon, de saumon, de vivaneau ET de pétoncle.

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Sushi pétoncle épicé

Suivirent, en procession contrôlée, une vingtaine de nigiris, de sashimis et de makis à partager. Toujours cette méticulosité des compositions et la surprenante impression de goûter ici des sushis délicieux et dont on n’avait gardé qu’un souvenir diffus à d’autres adresses.

Dans un décor assez rigolo avec une série de facéties décoratives qui rappellent ce qui caractérise Tri Express, Le P’tit Tri donne aux créations de Monsieur Du, le père, un élan savoureux et au travail de son fils et de son équipe une dimension louable. On aime et on y reviendra. Rapidement.

Ouvert en soirée, du mardi au dimanche. Un copieux souper arrosé d’une grande théière a coûté 46 $ pour deux personnes. Si vous êtes amateurs, Le P’tit Tri propose quelques sakés froids ou chauds et, si vous choisissez de festoyer, la version « Saké Bomb ». Vins et sakés sont tous en importations privées. Le nombre de places étant très restreint, appeler avant de venir est vivement conseillé.

Légendes

★ Je regrette de devoir vous en parler
★★ Pas mauvais, mais on n’est pas obligés de s’y précipiter
★★★ Bonne adresse
★★★★ Très bonne adresse
★★★★★ Adresse exceptionnelle pour la cuisine, le service et le décor

$ Le bonheur pour une vingtaine
$$ Une quarantaine par personne
$$$ Un billet rouge par personne
$$$$ Un billet brun par personne
$$$$$ Le bonheur n’a pas de prix

Le P’tit Tri

★★★

​$$$ 1/2, 6697, rue de Saint-Vallier ☎ 514 270-2626