Ophelia: vaisseau gourmand amarré à la rive de la Grande Allée

Le restaurant Ophélia est un établissement où le menu évolue constamment et où les plateaux de fruits de mer côtoient d’excellentes grillades.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Le restaurant Ophélia est un établissement où le menu évolue constamment et où les plateaux de fruits de mer côtoient d’excellentes grillades.

Profitant d’une soirée parfaitement tempérée de cette fin d’août, mon conjoint et moi nous installons sur une belle terrasse donnant sur la Grande Allée. L’occasion est venue d’essayer l’Ophelia, un resto qui a célébré récemment son deuxième anniversaire et dont on m’a souvent parlé pour me vanter ses fruits de mer.

Logé dans l’ancienne résidence du peintre Jean Paul Lemieux, à proximité de l’hôtel Château Laurier et du Manège militaire, le resto bénéficie d’une grande fréquentation touristique. Mais je pressens que cette localisation avantageuse n’explique pas tout. Voyons cela.

Camerise et gourmandises

Pour étudier le menu « terre & mer », brandissons nos apéritifs ! J’ai opté pour le Sicilia, un cocktail de Pur Vodka, limoncello, fraises, lime et perles de balsamique, à la fois rafraîchissant et tonique. Mon invité se décide pour le cocktail Légende, un mélange de cava Poema brut, Pisco el Gobernator, crème de cassis Monna & Filles, sirop d’érable et citron dont la dominante acidulée plaît assurément. Les cocktails sont signés L’Atelier, établissement voisin qui a les mêmes propriétaires.

Photo: Francis Vachon Le Devoir

Après bien des tergiversations et une planification stratégique digne d’une opération militaire, mon choix s’arrête sur les huîtres, la burrata et la pieuvre, tandis que Dave y va d’un programme 100 % bœuf.

La demi-douzaine d’huîtres, servies simplement sur écaille, me fait grand plaisir. Personnellement, quoique ne dédaignant pas les Rockefeller, c’est bien fraîches et avec un soupçon de mignonnette de vinaigre de vin rouge et d’échalotes françaises que je préfère les miennes. Et vous ?

Le tartare de bœuf à la camerise est accompagné d’armillaires couleur de miel légèrement marinés, de graines de tournesol, d’échalotes frites et de croûtons de pain. L’assiette est appétissante et bien équilibrée. Si les tartares de viande rouge sont généralement très relevés, on a ici fait le choix de la délicatesse : zigzaguant sur l’assiette, la moutarde de Dijon permet au gourmet de conférer à chaque bouchée le piquant voulu.

S’il n’y a pas si longtemps que le Québec gourmand a « découvert » la burrata, nombre de restaurateurs offrent désormais ce fromage, dont le goût neutre permet de belles expérimentations gastronomiques. Celle qui est proposée en ce moment à l’Ophelia est accompagnée d’une salade d’asperges finement effilées, de copeaux de coppa, de quartiers de tomates, de croûtons, de vinaigrette à l’orange et de poivre rose. Fraîcheur assurée. L’alchimie des saveurs fonctionne très bien. J’accompagne le tout d’un verre de La Pertuade du golfe de Saint-Tropez, un rosé hardi qui me suivra jusqu’au plat suivant.

Le Kraken contre le Minotaure

La soirée se poursuit en grand avec les plats principaux. Mon compagnon carnivore se régale de son contre-filet de bœuf Angus AAA style New York de 12 onces, flanqué de frites bien croustillantes assaisonnées au sel de truffes. Un trio de sauces (aux trois poivres, aux champignons et béarnaise) permet de varier les bouchées. La grande assiette d’ardoise sombre me semble toutefois un peu tristounette, sans le moindre légume ou verdurette.

Le plat de pieuvre grillée et de flanc de porc rôti que j’ai choisi me ravit. Sur une fine couche de purée de céleri-rave, on a déposé une part de viande très tendre nappée de jus de braisage et surmontée de quelques tentacules grillés à point. Des câprons, des tomates cerises et des micropousses créent de vifs cotillons tout autour. Une proposition impeccable.

Photo: Francis Vachon Le Devoir Le plat de pieuvre grillée et de flanc de porc rôti de l’Ophelia

Il est venu, le temps des desserts ! J’ai choisi le Dôme, sphère creuse de chocolat recelant un petit morceau de gâteau et qui fond lorsqu’on y déverse du chocolat blanc chaud… Avis aux dents sucrées, c’est positivement divin. Mon invité s’est laissé tenter par le gâteau au fromage accompagné de crumble et d’un coulis de petits fruits. Après ces généreuses agapes, croyez-moi, la petite balade de digestion sur la place George-V et tout autour du Manège militaire est plus que salutaire.

Les plus : un menu alliant plats classiques et mets audacieux, où tous peuvent trouver leur compte. Si la terrasse est agréable en saison, la déco confère à l’intérieur l’allure luxueuse d’un paquebot chic.

Les moins : ce n’est pas donné, comme on dit, mais la qualité des mets est au rendez-vous. Lors de notre passage, un manque de personnel a occasionné un service un peu lent.

Repas pour deux, nourriture seulement, avant taxes et service : 159 $. Coût total pour deux, alcool, taxes et service compris : 269 $.

Brèves culinaires de la région de Québec

Le Pavillon des épicuriens a, cette année encore, été l’un des points forts de l’événement Bordeaux fête le vin à Québec, du 22 au 25 août. Sous la houlette de l’équipe du restaurant Le Quarante 7, plusieurs chefs de renom ont contribué aux trois soirées gastronomiques (dont Joseph Sarrazin, Gaël Vidricaire, Thibault Servas, MarieChantal Lepage et Mathieu Brisson), qui ont rassemblé près de 750 convives au total. Fait à noter, la somme de 60 000 $ a été amassée au profit de quatre organisations, soit l’AHM des Gouverneurs de Sainte-Foy-Sillery, la Fondation du Musée national des beaux-arts du Québec, la Fondation du Musée de la civilisation et la Fondation de l’École de cirque de Québec.

Le restaurant ARVI, sur la 3e Avenue à Québec, se classe parmi les meilleurs nouveaux restos canadiens 2019, selon le magazine d’Air Canada enRoute. Parmi nombre d’établissements ayant ouvert leurs portes entre juin 2018 et juin 2019, 35 restaurants offrant une expérience distinctive ont été retenus. En se hissant ainsi parmi les tables à surveiller, ARVI se retrouve en lice pour le palmarès des 10 meilleurs nouveaux restos canadiens 2019 d’Air Canada enRoute, qui sera dévoilé à Toronto le 24 octobre prochain.

On s’éloigne un peu de Québec pour s’intéresser à la troisième édition du festival Cuisine, cinéma et confidences qui se tiendra à Baie-Saint-Paul du 8 au 10 novembre 2019, sous la présidence d’honneur de Liza Frulla. Le chef invité d’honneur, Édouard Loubet, concoctera, aux côtés de Philippe Petrazzini, Pierre-Olivier Ferry Baptiste Peupion et Nancy Samson, un repas inspiré du film Le voyage de cent pas, de Lasse Hallström, mettant en vedette la gastronomie française et les saveurs indiennes. Parmi les nombreuses activités, un brunch littéraire sera animé par Chrystine Brouillet le dimanche 10 novembre.


Légendes

★ Je regrette de devoir vous en parler
★★ Pas mauvais, mais on n’est pas obligés de s’y précipiter
★★★ Bonne adresse
★★★★ Très bonne adresse
★★★★★ Adresse exceptionnelle pour la cuisine, le service et le décor

$ Le bonheur pour une vingtaine
$$ Une quarantaine par personne
$$$ Un billet rouge par personne
$$$$ Un billet brun par personne
$$$$$ Le bonheur n’a pas de prix

Ophelia

★★★★

$$$$, 634, Grande Allée Est, Québec ☎ 418 524-8228