Thammada, un halte thaïlandaise avenue Bernard

Sur le mode bistro de quartier, «Thammada» propose une cuisine thaïlandaise détendue.
Photo: Adil Boukind Le Devoir Sur le mode bistro de quartier, «Thammada» propose une cuisine thaïlandaise détendue.

L’avenue Bernard, dans sa portion outremontaise, s’enrichit aujourd’hui d’un nouveau petit resto thaïlandais, Thammada, ajoutant au pure laine quelques fibres exotiques. Sur le mode bistro de quartier, Thammada propose une cuisine thaïlandaise détendue. Rien pour révolutionner la gastronomie de ce magnifique pays, mais plein de petites choses assez bien faites.

Sur son menu, Chitakone Phommavongxay, le chef, a écrit : « La plus grande joie de la cuisine thaïlandaise réside dans le partage de la nourriture sur la table avec les autres, en appréciant la variété des saveurs. » Il faut donc partager et le jeune homme au service se montre bienveillant en nous expliquant les diverses subtilités du menu. Si l’on connaît la cuisine thaïlandaise, on ne trouve rien au programme qui laisse perplexe, étonné ou époustouflé. S’y trouvent les classiques de la cuisine de rue que l’on déguste sur le pouce à Bangkok, Chang Mai ou Phuket. Le tout est préparé avec délicatesse et certains plats sortent du lot.

Photo: Adil Boukind Le Devoir Quand le plat est bon, ou très bon, on regrette de n’avoir pu en grignoter qu’une seule petite bouchée.

Les entrées auront été le moment le plus savoureux de la soirée, même si l’ensemble de la tablée a sourcillé devant la regrettable parcimonie des portions. Le dur labeur des cuisiniers mérite bien entendu une juste rétribution, mais l’appétit des clients réclame de son côté une certaine générosité. Quand le plat est bon, ou très bon, on regrette de n’avoir pu en grignoter qu’une seule petite bouchée.

Toutes délicieuses qu’eussent été ces entrées, les Satay Gai, par exemple, ces trois microscopiques brochettes de poulet grillé à la thaïlandaise accompagnées d’une sauce aux arachides et de concombres marinés, nous ont laissés un peu sur notre appétit. Sans doute avaient-elles été prélevées sur de très petits poulets ; choisir des volailles plus prospères mettrait tout le monde de meilleure humeur. Même remarque pour les Poh Pia Tord, de délicieux rouleaux croustillants au porc, au taro et au chou servis avec une sauce maison. Délicieux certes et d’une grande finesse, mais un peu succincts. Ou encore cette version maison de la salade de papaye, Papaya Pokpok pour les connaisseurs, qui laisse le client — et beaucoup plus grave, la cliente — sur sa faim. J’insiste, tout ceci et cela a beau être très bon, c’est un peu léger.

Photo: Adil Boukind Le Devoir Le décor du «Thammada» est très joli.

En ce qui concerne les « plats principaux », quelques remarques qui serviront peut-être à ajuster le tir en cuisine. On sent qu’il y a chez ce jeune chef du talent et une certaine volonté de se montrer bienveillant, mais il faudrait qu’il fasse preuve d’un peu plus de générosité et de discernement dans l’équilibre de ses assiettes. Ce Padthai Maan Gung, avec ses trois crevettes tigrées sautées, était un peu léger et la cuisine avait eu la main lourde sur le sucre, ce qui nuisait à l’appréciation des nouilles de riz et de l’assiette en général.

À voir la mine réjouie de mon ami du Royaume une fois son assiette nettoyée — nouilles sautées au bœuf mariné, œuf et brocoli chinois —, j’ai supposé que son Pad Se-Eew s’était montré à la hauteur de son appétit vorace. « Tu voulais goûter ? » J’aurais bien voulu en effet, mais l’enthousiasme de mon ami lorsque le plat est bon est toujours un signe positif.

Photo: Adil Boukind Le Devoir Quand le plat est bon, ou très bon, on regrette de n'avoir pu en grignoter qu'une seule petite bouchée.

Le plat végétarien, Pad Pak Ruam, asperges, brocoli chinois, carottes, maïs et pousses de bambou sautées ne passera pas à la postérité ; pas mauvais, mais très en deçà de ce que l’on pourrait réussir avec ce plat en s’appliquant un peu.

Le décor du Thammada est très joli et cette petite terrasse sera certainement propice à de belles soirées dès que la cuisine aura apporté certains ajustements pour faire correspondre la volonté de bien faire à une louable générosité dans les assiettes. Il faut bien sûr être encourageant, mais pas à n’importe quel prix. Ceux indiqués pour chaque plat placent les attentes des clients un peu plus haut que ce qui se trouve dans les assiettes. À suivre.

Ouvert midi et soir, du mardi au dimanche. Un souper pour quatre personnes a coûté 148,50 $ avant taxes et pourboire. Les quatre bières Singha ont alourdi la facture de 32 $.

Légendes

★ Je regrette de devoir vous en parler
★★ Pas mauvais, mais on n’est pas obligés de s’y précipiter
★★★ Bonne adresse
★★★★ Très bonne adresse
★★★★★ Adresse exceptionnelle pour la cuisine, le service et le décor

$ Le bonheur pour une vingtaine
$$ Une quarantaine par personne
$$$ Un billet rouge par personne
$$$$ Un billet brun par personne
$$$$$ Le bonheur n’a pas de prix

Thammada

★★ 1/2

$$$, 1205, avenue Bernard Ouest ☎ 514 276-5888