Prendre la vie du bon côté au Tapas & Liège

Les luminaires en bouteilles de verre qui surplombent le bar, ainsi que le mur entièrement couvert de bouchons de liège, rappellent plaisamment le nom du resto.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Les luminaires en bouteilles de verre qui surplombent le bar, ainsi que le mur entièrement couvert de bouchons de liège, rappellent plaisamment le nom du resto.

Ouvert depuis deux ans, le Tapas & Liège me faisait de l’oeil chaque fois que je me rendais dans l’avenue Maguire. Si ce type de concept est désormais bien établi au Québec, j’étais curieuse de voir de quelle manière la chef Alexandra Romero se l’était approprié pour y mettre en valeur les gastronomies mexicaine et sud-américaine.

La terrasse de l’établissement étant bondée (Ah ! Qu’il est beau de voir le Québec gourmand réinvestir ses espaces extérieurs !), on nous offre une table à l’intérieur, juste à côté des immenses portes largement ouvertes. Le menu aussi bien que l’immense tableau noir orné de fleurs peintes, de mets calligraphiés et de volutes colorées, sont autant d’alléchantes invitations.

Le choix s’annonce difficile. Oh, mais attendez : il est prévu de commander plusieurs plats à partager, c’est l’essence même des tapas ! C’est donc en sirotant avec plaisir nos apéritifs, un Sagesse (cocktail sans alcool fait de pétillant de rhubarbe et d’un mélange de jus d’aloès, de lime et d’ananas) pour mon invité, un Citron épicé (limoncello Luxardo, liqueur Strega, jus de citron et griottes) pour votre humble correspondante, que nous nous décidons pour quelques tapas.

Pour faire bonne mesure, je commande aussi la dégustation de sauces (salsa roja, salsa verde, chimichurri, molé, pico de gallo et crème sure), qui pourra être mise à profit tout au long du repas.

Photo: Francis Vachon Le Devoir Un plat de mahi-mahi, argousier, habanero et lait de coco.

Croustillant ou moelleux

Débutons avec une savoureuse salade chaude de haricots verts accompagnés de noix, de fromage bleu et de lardons — inspirante combinaison que je tenterai assurément de reproduire à la maison — ainsi que des beignets de morue. Les six bouchées de poisson dans leur écrin de panure légère s’avèrent très réussies.

La découverte se poursuit avec le trio de tacos. Le premier, très « viande », est garni de boeuf barbacoa nappé de salsa verde et de guacamole. Un bon mariage, bien que la tortilla soit un peu ramollie. Le deuxième, relevé à souhait, est un fish taco accompagné de mayo chipotle et de salsa roja.

Le troisième est une proposition végé où grains de maïs, salsa, purée de haricots noirs, fins oignons frits et brins de coriandre créent une formidable synergie de saveurs typiquement mexicaine.

Le service est un peu au ralenti. Nous apprenons qu’en ce mercredi soir, l’habituelle trentaine de convives attendue s’est plutôt muée en petite foule de quelque 130 clients… Le ballet du personnel de service montre qu’on tente d’accommoder tout ce beau monde affamé le plus efficacement possible. On profite de ce temps d’attente pour admirer la déco intérieure, où les luminaires en bouteilles de verre qui surplombent le bar, ainsi que le mur entièrement couvert de bouchons de liège, rappellent plaisamment le nom du resto.

Fraîcheur et bulles

Nous continuons notre épopée gastronomique avec une burrata servie avec des cerises, du citron confit et du basilic. Cette proposition inhabituelle et d’une grande fraîcheur me ravit !

Poursuivant sur le thème de la fraîcheur, la salade de crabe, juliennes de pomme verte et avocat, parsemée de fines tranches de radis, de pétales et de graines de tournesol et arrosée d’une « vinaigrette » jicama et yuzu, est une très belle découverte, particulièrement pour mon amoureux qui n’est pourtant pas friand de fruits de mer.

Le voyage se conclut en beauté avec nos deux dernières tapas, les pétoncles et la pieuvre. Les pétoncles U-10 poêlés à la perfection — vous savez, lorsque l’extérieur, légèrement roussi et caramélisé, recèle un coeur à peine réchauffé ? — sont accompagnés d’une sauce de champignons dont nous nous ferons un devoir de ne rien laisser.

Mais le grand oeuvre de la soirée est sans contredit la pieuvre al pastor, une proposition qui s’écarte des standards habituels. Les tentacules grillés, joliment présentés avec des dés d’ananas et des carrés de pain de maïs, sont déposés sur une succulente sauce crémeuse à base de maïs. Quelle belle finale !

 
Photo: Francis Vachon Le Devoir La pieuvre «al pastor», une proposition qui s’écarte des standards habituels.

Nous sommes aux prises avec un bien pénible dilemme : dessert ou pas de dessert, là est la question. Alléchés par les churros que nous avons vu (et senti) passer autour de nous une partie de la soirée, mais n’ayant plus objectivement faim, nous résolvons l’impasse en commandant lesdites gourmandises pour emporter. Ce qui me permet de vous apprendre qu’à défaut d’être encore chauds, ils étaient à tout le moins encore bien croustillants le lendemain.

Avant de sortir, je remarque qu’avec la disparition du soleil à l’horizon, on a allumé l’éclairage : orientée vers le haut, la lumière s’accroche aux innombrables bouchons de liège, créant un vaste trompe-l’oeil évoquant l’effervescence. Une fort jolie trouvaille, au diapason de l’endroit.

Les plus : Une très belle variété de plats à partager, où tout (absolument tout, même les propositions inhabituelles) s’est avéré excellent. Service chaleureux et ambiance animée. Les moins : Si j’étais un peu déçue de ne pas trouver de ceviche au menu, malgré le fait qu’il soit calligraphié au tableau noir, je me suis vite consolée. Repas pour deux, nourriture seulement, avant taxes et service : 119 $ Coût total pour deux, incluant alcool, taxes et service : 187 $

Brèves culinaires de la région de Québec

Les amoureux de la gastronomie italienne seront heureux d’apprendre l’ouverture du restaurant Il Cuginetto (qui signifie « le petit cousin » en italien) avenue Cartier. Les propriétaires, Christiana Lapegna et Oscar Tafuri, qui possèdent aussi le café Les Cousins depuis 11 ans, se sont associés au chef Karl Moran pour proposer un menu de type napolitain où la focaccia sera en vedette, ainsi que d’autres classiques de la cuisine de rue italienne tels que les arancini, supplì, polpette, etc., sans oublier les petites douceurs. Ouvert tous les jours pour les repas du midi et du soir.

Troisième établissement du même nom, mais le premier à Québec, le Trèfle Limoilou vient d’ouvrir ses portes dans ce dynamique secteur de la Vieille Capitale. Situé dans un nouvel immeuble à l’angle de la 3e Avenue et de la 7e Rue, l’établissement de près de 100 places propose une cuisine inspirée des pubs européens, dont l’incontournable stew irlandais, qu’on pourra arroser d’une pinte de l’une des 32 lignes de bière en fût, à moins que l’on préfère choisir parmi la centaine de bières embouteillées ou bien parmi la sélection de whiskys, de bourbons et de scotchs.

Toujours dans l’arrondissement de Limoilou, signalons aussi le travail du chef d’origine lyonnaise Julien Masia au resto ARVI, qui a pignon dans la 3e Avenue. Ayant fait ses classes dans plusieurs restaurants étoilés au guide Michelin en France et en Suisse, puis à plusieurs bonnes tables de Québec, dont l’Initiale, l’Utopie, le Laurie Raphaël et le Bistro B, ce jeune chef s’est lancé voici quelques mois dans une formule de « cuisine libre » où la frontière entre la cuisine et la table est abolie. À découvrir, particulièrement si on recherche une atmosphère intimiste et la proximité avec le chef.

Légendes

★ Je regrette de devoir vous en parler
★★ Pas mauvais, mais on n’est pas obligés de s’y précipiter
★★★ Bonne adresse
★★★★ Très bonne adresse
★★★★★ Adresse exceptionnelle pour la cuisine, le service et le décor

$ Le bonheur pour une vingtaine
$$ Une quarantaine par personne
$$$ Un billet rouge par personne
$$$$ Un billet brun par personne
$$$$$ Le bonheur n’a pas de prix

Tapas & Liège

★★★★

$$$, 1297, avenue Maguire, à Québec, ☎ 418 653-2727