Beau Mont: un autre tour de force signé Toqué!

L’endroit est lumineux et arbore une élégance intemporelle. Malgré ses quelque 70 places assises, chaleur et intimité sont au rendez-vous.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir L’endroit est lumineux et arbore une élégance intemporelle. Malgré ses quelque 70 places assises, chaleur et intimité sont au rendez-vous.

C’est après une longue journée sur la route que ma complice et moi nous sommes rendues au Beau Mont, le petit dernier de la famille Toqué ! Ouvert depuis un peu plus d’un mois, c’est tout doucement qu’il s’est installé dans le quartier Parc-Extension. Doucement, car on comprend rapidement en entrant dans l’établissement que tout projet de cette maison est réfléchi et qu’aucun détail n’est laissé au hasard.

Derrière la porte vitrée, on retrouve un vaste hall et un lounge qui ne sont pas sans rappeler l’entrée d’un chic hôtel rétro. L’endroit est lumineux et arbore une élégance intemporelle. Malgré ses quelque 70 places assises, chaleur et intimité sont au rendez-vous. Le restaurant, ce soir-là, est particulièrement tranquille. Montréal semble se remettre d’un Grand Prix sous des airs d’été.

Bien que la plupart des tables soient libres, nous nous installons au bar afin de satisfaire notre curiosité et d’avoir un œil sur la cuisine. Un cocktail est de mise. Une belle sélection s’offre à nous — une carte courte, précise et sensée. Nous optons pour Le Valhalla (vodka, carvi, fenouil, citron et bitter forestier) ainsi que pour Le Gilbert (gin, sirop de fleurs, citron et blanc d’œuf). Nous observons Rob exécuter avec précision les créations du chef barman Gilbert Lemieux, qui sont toutes deux d’un équilibre délectable.

Le service ne tarde pas à nous impressionner. Trouver le bon dosage entre présence et discrétion lors d’une soirée tranquille est beaucoup plus délicat qu’il n’y paraît. Nous comprenons rapidement qu’ici, nous avons affaire à des pros. Le personnel, bien renseigné et toujours à l’affût, répond habilement à nos nombreuses interrogations.

Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Gravlax de flétan rhubarbe et crème sure

Vins diversifiés mais onéreux

Sur les précieux conseils de l’aide-sommelier, nous optons pour un joli blanc du Rhône, qui guidera nos choix difficiles à travers le menu, où tout nous met en appétit. La carte des vins de la sommelière Claire Gauthier est diversifiée et réfléchie, bien qu’un peu onéreuse. Nous voilà toutefois bien heureuses de notre trouvaille, prêtes pour le festin qui s’annonce.

Nous sont d’abord servis les bourgots gratinés au cheddar d’Avonlea. Les petits mollusques ont la résistance qui convient et sont délicieusement accompagnés d’une purée de piment cherry bomb parfaitement relevée, que l’on s’empressera de finir à la cuillère.

Un généreux tartare de bœuf est servi au même moment. La viande, habilement coupée au couteau, est apprêtée de manière classique, quoique peu relevée. Une fois la bouchée déposée sur le croûton, bien poivré quant à lui, l’équilibre est presque atteint.

Petite ponctuation en fraîcheur avec une dernière entrée de concombre grillé à l’unilatéral et surmonté d’un soyeux et bien aillé fromage de chèvre. Cette explosion de saveurs enterrera malheureusement les délicats œufs de truite marinés déposés sur cette variation du tzatziki, néanmoins réussie.

Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Steak d’agneau, purée de haricots cocos et sauce lavande

Les plats de résistance sont sobrement présentés, la protéine est isolée, les à-côtés sont proposés à la carte. Le flétan est accompagné d’un beurre blanc à la fois enrobant et tranchant et d’une douce purée d’épinards. Le délicat poisson aurait bénéficié d’une cuisson un chouïa moins longue. Le poulet de Cornouailles, savoureux et juteux, est pour sa part servi avec une sauce au thym bien réduite et deux très séduisants oignons cipollinis farcis d’une sopressata maison. Les asperges, dont la saison est si courte, nous semblent le choix évident pour compléter la séquence. Avec sa cuisson et son assaisonnement impeccables, le légume ne manque pas de nous ravir.

Bien que repues, il nous semble inconcevable de ne pas terminer ce succulent repas sur une note sucrée. Cette fois, c’est le charmant maître d’hôtel Philippe qui viendra nous porter secours quant au choix d’une douceur. Tout semble alléchant, mais ce sera le millefeuille à la rhubarbe, accompagné d’un sorbet à la fraise, qui l’emportera. Nous ne ferons que quelques bouchées de ce dessert sans faille d’une fraîcheur et d’un équilibre exquis.

C’est en faisant le tour du propriétaire que notre hôte enjoué nous explique le choix de l’emplacement du Beau Mont, qui peut de prime abord surprendre. Situé près du viaducRockland, l’établissement approvisionnera les autres adresses du groupe (à Montréal, à Brossard et bientôt à Laval) grâce à son pratique accès aux autoroutes et à sa cuisine de production immense munie d’un équipement dernier cri.

Un comptoir traiteur cet automne

Un comptoir traiteur devrait également voir le jour à l’automne. Il sera possible de s’y procurer pièces de viande, charcuteries, plats cuisinés et légumes de saison. La réputation de Normand Laprise n’est plus à faire en ce qui a trait à sa volonté de mettre en avant les produits artisans d’ici. Christine Lamarche et lui en donnent encore une fois la preuve avec ce captivant projet.
 

Ouvert en soirée du dimanche au jeudi de 17 h 30 à 22 h, et jusqu’à 23 h le vendredi et le samedi. On nous annonce qu’on pourra également profiter d’un service du midi en semaine dès l’automne.

 

Beau Mont

★★★★

$$$$, 950, avenue Beaumont, local 105, Montréal, ☎ 514 270-8882