«Le Moulin de Saint-Laurent»: m’en allant au Moulin

Le menu du resto fait la part belle aux produits de l’île d’Orléans.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Le menu du resto fait la part belle aux produits de l’île d’Orléans.

Après un hiver arrivé trop tôt, voici le beau temps revenu et, avec lui, une envie de grands espaces, de terrasses… Tiens, pourquoi ne pas en profiter pour faire un petit détour gourmand à l’île d’Orléans ?

Situé aux abords d’une chute et faisant face à notre magnifique fleuve, le Moulin de Saint-Laurent est un ancien moulin seigneurial construit en 1720. Il a été reconverti en gîte et comporte un restaurant qui n’est ouvert qu’en belle saison.

Si l’extérieur est joli, le décor intérieur est remarquablement invitant. Les poutres taillées à la hache, les épais murs de pierre, les articles de cuisine de cuivre bien astiqués créent un écrin patrimonial du plus bel effet !

Prenons place pour l’apéritif. Faisant honneur au terroir insulaire, j’opte pour un kir royal au Cassis Monna et filles. Mon invité sélectionne un cidre de la cidrerie Bilodeau, qui révèle un caractère affirmé où l’arôme de la pomme cuite prédomine.

En guise d’entrée, je me laisse tenter par l’alléchante proposition de poire rouge pochée au gratin de cheddar 2 ans de l’île aux Grues. Le demi-fruit cuit est parsemé de granola aux spéculoos maison et de miettes de bacon de la ferme Turlo, avec une touche de sirop de pommes de la cidrerie Verger Bilodeau. Le résultat est intéressant, mais ne me convainc pas totalement. Peut-être y perd-on un peu trop la poire, occultée par tout le reste ?

Photo: Francis Vachon Le Devoir

La terrine de gibier maison accompagnée de confit d’oignons commandée par Dave est en revanche très réussie. D’une texture bien viandeuse, à l’humidité parfaite, elle s’accorde évidemment très bien aux douces saveurs d’oignon.

Nous avons eu l’heureuse idée de commander le potage du jour, qui s’avère être l’une des meilleures, sinon la meilleure crème de carottes qu’il m’ait été donné de goûter à ce jour. À 100 % végétarienne et fleurant bon la cannelle, surmontée d’une touche de crème à la ciboulette, la préparation laisse toute la place à la saveur naturelle de la carotte. La texture est un brin rustique, ce qui ajoute au plaisir du palais. C’est d’un équilibre irréprochable. Nous sommes ravis !

Meunier, tu dors...

Sa position avantageuse sur le fleuve Saint-Laurent représente un atout pour l’île d’Orléans, notamment pour l’accès aux ressources halieutiques. C’est en toute confiance que j’ai choisi la prise du jour.

Le plat consiste en une belle part de morue cuite à point — vous savez, une chair à peine traversée par la chaleur, qui se détache en flocons tendres et fermes sous la fourchette — nappée d’une sauce crémeuse à l’oseille.

C’est d’une délicatesse qui me plaît infiniment. Des mini-ratatouilles et des pommes de terre en quartiers et grillées complètent le tout. J’ai choisi un verre de vin blanc Voile de laMariée, du vignoble Sainte-Pétronille, pour accompagner mon plat.

Photo: Francis Vachon Le Devoir

Dave a plutôt élu le filet de porc DuBreton, lui aussi servi avec pommes de terre et légumes façon ratatouille. Nappée d’une sauce à base de cidre de glace de la cidrerie Verger Bilodeau, la viande se révèle légèrement croustillante à l’extérieur et tendre à l’intérieur. Un subtil arôme de fumée indique un passage au grill parfaitement maîtrisé. Le verre de 1635 du vignoble L’Île de Bacchus assure la caution vino.

N’ayant plus faim du tout — comment s’en étonner —, nous esquivons le dessert. Tandis que mon homme savoure son café, je déguste le Brises d’hiver, un vin rosé dit « de vendange d’hiver » produit par le Domaine de la source à Marguerite, de l’île d’Orléans. Un autre trésor insulaire à découvrir.

Les plus : un menu bien maîtrisé qui fait évidemment la part belle aux produits de l’île d’Orléans, y compris les alcools. Un décor confortable et chaleureux. Un service très agréable.

Les moins : le plafond cathédrale tend à amplifier les conversations : il en résulte une ambiance plus bruyante que ce que le nombre de convives ne laisserait appréhender. La musique classique atténue un peu cet effet acoustique.

Repas pour deux, nourriture seulement, avant taxes et service : 87 $. Coût total pour deux, incluant alcool, taxes et service : 177 $.

Actualités culinaires de la région de Québec

Bagel Maguire Café, une institution urbaine bien appréciée à Québec, célèbre ses 30 ans cette année. Forte d’un grand succès populaire, la Cour arrière du Festibière est de retour cette année sur la rue Dalhousie. Elle sera accessible dès le 29 mai. Birra & Basta, une nouvelle taverne italienne, tiendra prochainement sa soirée d’ouverture médiatique. La rue Saint-Joseph se confirme comme l’une des principales artères gourmandes de la Vieille Capitale. Plusieurs nouvelles distilleries ouvriront leurs portes à Québec dans les prochaines semaines, dont la Maison Livernois et la Distillerie Stadaconé. À surveiller !

Légendes

★ Je regrette de devoir vous en parler
★★ Pas mauvais, mais on n’est pas obligés de s’y précipiter
★★★ Bonne adresse
★★★★ Très bonne adresse
★★★★★ Adresse exceptionnelle pour la cuisine, le service et le décor

$ Le bonheur pour une vingtaine
$$ Une quarantaine par personne
$$$ Un billet rouge par personne
$$$$ Un billet brun par personne
$$$$$ Le bonheur n’a pas de prix

★★★★

6436, chemin Royal Saint-Laurent-de-l’Île-d’Orléans ☎ 418 829-3888 $$$ 1/2