Le bistro Les frères de la Côte sur les traces des boucaniers

Situé dans le Vieux-Québec, à quelques minutes de marche du Palais Montcalm et du futur Diamant, ce resto fondé il y a 30 ans tire son nom des boucaniers et des pirates qui écumaient jadis les mers.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Situé dans le Vieux-Québec, à quelques minutes de marche du Palais Montcalm et du futur Diamant, ce resto fondé il y a 30 ans tire son nom des boucaniers et des pirates qui écumaient jadis les mers.

Ce mois-ci, c’est vers Les frères de la Côte, un bistro chaleureux, que j’ai décidé d’appareiller. Situé dans le Vieux-Québec, à quelques minutes de marche du Palais Montcalm et du futur Diamant, ce resto fondé il y a 30 ans tire son nom des boucaniers et des pirates qui écumaient jadis les mers, rançonnant et pillant les riches galions, puis se partageant le butin dans un esprit tout fraternel. Voyons si, placés devant d’alléchantes propositions, Dave et moi parviendrons à recréer cet esprit de partage… ou si nous défendrons farouchement nos trouvailles !

À l’abordage !

Nous pénétrons dans l’antre chaleureux, où le personnel attentionné nous accueille à bras ouverts et nous installe à une jolie table avec vue sur la rue Saint-Jean. C’est un soir tranquille et il est tôt, alors nous prendrons notre temps. Première salve de canon : en guise d’apéritif, j’opte pour un kir maison, tandis que mon invité se laisse tenter par une pinte de cidre qu’il dégustera lentement.

Les entrées sont accueillies avec plaisir. Mon choix s’est porté sur le foie gras torchon, servi sur pain aux raisins. Un savoureux chutney, quelques noix de pécan caramélisées, un trait de balsamique et des micropousses complètent le tout. Classique, me direz-vous, mais cet abord ne manque ni de charme ni de goût !

Photo: Francis Vachon Le Devoir Tartare et frites, l’un des bons butins à se mettre sous la dent

Mon homme a jeté son dévolu sur le croûton de chèvre chaud. Le mets, plaisant à l’œil et bien balancé, combine harmonieusement les saveurs et les textures. Au fromage bien fondant répond un coulis de miel épicé garni de quelques noix rôties aux épices mielleuses. L’assiette comporte aussi une salade panachée, évoquant presque le plumet du chapeau d’un capitaine.

Pas de quartier

Enchantés par ces deux introductions, nous continuons notre aventure avec les plats principaux. Si j’ai momentanément envisagé le foie de veau en sauce périgourdine, c’est finalement le plat de boudin noir qui l’a emporté, mon invité choisissant le steak-frites.

Pour accompagner un repas de flibustiers, notoirement friands de trésors, quoi de mieux qu’un vin célébrant les chercheurs d’or ? L’Orpailleur rouge, du vignoble de l’Orpailleur, présente ce côté corsé qui convient très bien aux mets carnés et aux notes épicées. C’est donc en battant pavillon québécois que nous poursuivons la navigation.

Photo: Francis Vachon Le Devoir L’une des alléchantes propositions servies chez Les frères de la Côte

Le steak-frites est un classique de la bistronomie qui s’avère souvent un bon étalon de mesure pour déterminer la qualité d’un resto. La pièce de bœuf à point comporte un peu de « tiraille », mais rien qui occulte véritablement le plaisir. La sauce poivrade est très relevée, aussi est-ce une excellente idée de la servir à part, dans une mini-saucière. Une salade et, bien évidemment, des frites allumettes sont les autres protagonistes du plat.

Servi avec une sauce à base de caramel, une salsa de Granny Smith, quelques légumes croquants et une part de haricots blancs au flanc de porc, mon boudin s’avère excellent. À défaut d’être fait sur place, il provient assurément d’un lieu où en maîtrise la fabrication : texture et assaisonnement sont irréprochables.

La carte aux trésors

En début de repas, je n’avais pas manqué de remarquer qu’une Cherry Blossom figurait à la carte des desserts. Un irrépressible goût d’enfance m’incite donc à commander cette petite douceur : elle se présente sous forme d’une boule de crème glacée à la cerise déposée sur une sauce chocolatée, piquée de quelques morceaux de chocolat noir et parsemée d’un concassé de noix. Une interprétation qui a l’heur de me plaire !

À proximité, sur le pont, Dave s’attaque vaillamment à sa part de pouding chômeur accompagné d’une boule de crème glacée à la vanille. De toute évidence, les gens en cuisine maîtrisent bien ce dessert traditionnel issu de notre terroir. Le pouding en lui-même est bien réussi et la crème glacée vient faire un brillant contraste « chaud-froid » qui ravit mon homme.

En définitive, la campagne fut bonne et le butin, de choix.

Les plus: Un menu simple, mais bien maîtrisé. Ambiance bon enfant. Un bon choix, dans ce secteur très touristique.

Les moins: Une indication de la provenance des différents ingrédients (producteurs, fermes, etc.) serait une belle valeur ajoutée au menu.

Repas pour deux, nourriture seulement, avant taxes et service : 105 $. Coût total pour deux, incluant alcool, taxes et service : 191 $.

Actualités culinaires de la région de Québec

Le Bistango, sur l’avenue Germain-des-Prés, accueille un nouveau maître d’hôtel en la personne de Stéphane D’Anjou, bien connu dans la région de Québec pour avoir fondé et dirigé les restaurants Toast ! et SSS pendant 15 ans. Il travaillera de pair avec le chef Tristan Lambert afin de poursuivre la mission distinctive du restaurant.

Encore cette année, le festival gourmand Québec Exquis ! permet aux épicuriens de faire de belles découvertes, notamment grâce aux jumelages entre restaurateurs et producteurs. Les menus spéciaux et les nombreuses activités, dont plusieurs destinées aux familles, se poursuivent jusqu’au 20 avril 2019.

En attendant le prochain événement Bordeaux Fête le vin à Québec, fourbissez vos verres : les 26 et 27 avril prochains, le Salon international des vins et spiritueux de Québec célébrera ses 10 ans !

Les frères de la Côte

★★★

$$$ 1/2, 1129, rue Saint-Jean, Québec ☎ 418 692-5445 restaurantlesfreresdelacote.com