La Fenouillère: la classe et l’aplomb

La Fenouillère propose une ambiance chic sans être guindée et d’excellents mets, bien réalisés, avec créativité.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir La Fenouillère propose une ambiance chic sans être guindée et d’excellents mets, bien réalisés, avec créativité.

Alors que la hauteur des congères est à la mesure de notre exaspération envers l’hiver, un brin d’évasion gastronomique s’avère le bienvenu. Nous jetons notre dévolu sur La Fenouillère. Logé au rez-de-chaussée de l’hôtel L’Aristocrate, dans le secteur Sainte-Foy, ce restaurant existe depuis un peu plus de 30 ans.

Voyons si cette longévité a su s’assortir d’une certaine vivacité, indispensable pour éviter les pièges d’un classicisme fermé sur lui-même, comme cela se voit souvent chez nos doyens de la restauration.

Le maître d’hôtel, sourire sincère et humeur guillerette, nous installe et nous explique derechef que le menu change cinq ou six fois par année, épousant les fêtes et les saisons. Ainsi, ce que nous choisirons ce soir résulte d’un remaniement datant d’à peine trois semaines. C’est de bon augure.

Mousseline et Mousquetaire

En guise d’amuse-bouche, chacun reçoit un mignon monticule de tartare de bœuf surmonté d’une fine pâte feuilletée, l’ensemble présentant un bel équilibre sur le plan des assaisonnements. Savourant nos apéros, un cocktail signature aux accents de liqueur de fraise pour lui, un kir du terroir (bulles et whisky à l’érable) pour moi, nous étudions le menu avec soin. La formule table d’hôte sur mesure est retenue.

Carnivore de son état, mon homme y va d’un second tour de tartare, cette fois avec l’entrée dite Mousquetaire.

Le bœuf détaillé en dés et adroitement relevé est accompagné dechampignons tempura : les enokis croustillants confèrent une petite note funky au plat. Le résultat plaît beaucoup.

J’ai opté pour une mousseline de saumon accompagnée d’un beurre blanc au céleri-rave. Élégant, le plat est surmonté d’une belle frisette de verdure. Je réclame une cuillère à soupe pour ne rien y laisser. Mon Domaine Cibaciès, frais chardonnay du Pays d’Oc 2017, présente des arômes citrins et un côté légèrement beurré s’accordant parfaitement à cette belle entrée.

Valse à trois ou quatre temps

Nous poursuivons avec les potages. La crème du jour, délicat velouté de céleri, se révèle fort bonne. Mais je dois me rendre à l’évidence : pour ce service, le velouté Pomodoro choisi par Dave remporte la palme.

Parsemé de brins de mozza Macciocia et de basilic frais, l’onctueuse crème de tomates est un pur concentré de bonheur.

De quoi nous faire avaler la énième bordée de neige sans trop rechigner. Ou presque.

C’est l’estomac déjà bien lesté que nous accueillons nos plats principaux. Jouant d’audace, lui qui n’est pourtant point friand de poisson, mon invité a choisi le saumon à l’intrigante sauce au « beurre de cabernet » et chocolat noir. Si les accompagnements sont bien réussis (poêlée de légumes et purée de pommes de terre onctueuse), c’est assurément la réduction de vin bien chocolatée qui vole la vedette. L’audacieuse proposition crée un mariage étonnant et réussi avec le saumon, en accord avec le Cono Sur, Reserva Especial 2016, un pinot noir chilien. Belle trouvaille !

En consultant le menu un peu plus tôt, mon regard s’était arrêté sur la mention « jus de viande à l’hibiscus » accompagnant un plat de pétoncles et de pressé de porc Gaspor. Je découvre le plat avec beaucoup d’intérêt. Cuit sous vide puis légèrement grillé avant le service, le porcelet de lait présente une tendreté répondant parfaitement à la texture soyeuse des pétoncles.

Photo: Renaud Philippe Le Devoir Mousseline de saumon accompagnée d’un beurre blanc au céleri-rave, dégustée au restaurant La Fenouillère

Le risotto, nappé du fameux jus à l’hibiscus et flanqué de quelques légumes croquants (dont des panais rôtis) et d’un peu de confit d’oignons, complète harmonieusement l’ensemble. J’humecte le tout de Mesta Tempranillo 2017, un vin bio castillan déluré mais respectueux de la finesse du plat.

Pour terminer cette valse à quatre temps, je me décide pour le Quino-Coco. Servi dans une grande assiette creuse, il s’agit d’un pudding crémeux à base de quinoa et de lait de coco, parsemé de graines de citrouille à l’érable et de flocons de betteraves séchées.

Encore ici, l’audace paie : c’est à la fois insolite et excellent. Fait digne de mention, mon homme déclare forfait pour le dessert, incapable d’avaler quoi que ce soit de plus ! Il faut convenir que la sauce chocolatée susmentionnée y est pour quelque chose.

Excellents mets, bien réalisés, avec une belle dose de créativité. Service agréable, ambiance chic sans être guindée. Aucun souci de stationnement. Une facture somme toute salée, mais justifiée car rien n’est surfait. Nourriture seulement, avant taxes et service : 167 $. Coût total pour deux, y compris alcool, taxes et service : 264 $.

Actualités culinaires de la région de Québec

On surveille l’ouverture de La Scarpetta, un nouveau concept de bar à pizzas dans les Halles Cartier. Créée par le chef Yannick Fortin, copropriétaire du Graffiti, cette pizzeria mettra en valeur des produits d’ici, dont le fromage Migneron de Charlevoix, les herbes salées du Bas-du-Fleuve et le piment Gorria de Saint-Hyacinthe. Avec un four TurboChef, on y cuira les pizzas en 90 secondes. Il y aura aussi un comptoir de prêt-à-manger et une boutique d’accessoires de cuisine. Les emballages seront réutilisables, biodégradables ou recyclables.

Le restaurant Trattoria La Scala célèbre son 25e anniversaire, dont la 20e année en affaires du propriétaire Marc-Antoine Muñoz. Outre ses soirées opéra très courues, un dimanche par mois, ce resto est reconnu pour sa fine cuisine italienne et ses spectaculaires mets flambés.

Le 11 avril, la Fondation Mérici collégial tiendra sa 6e soirée-bénéfice Destination gourmande. On pourra déguster un repas gastronomique préparé par six grands chefs, en plus de découvrir le travail des étudiants et diplômés du collège Mérici. Animations, encan silencieux et belles surprises au menu. Un reçu pour don de charité sera remis.

Le 24 avril, le Festival des vins de Californie se tiendra au terminal de croisières Ross Gaudreault, à compter de 19 h, au profit de la Fondation Élan. L’événement permet d’aider près de 11 000 individus qui bénéficient des services du CIUSSS de la Capitale-Nationale – Institut de réadaptation en déficience physique de Québec. Le chef Joseph Sarrazin et sa brigade du 47e Parallèle assureront le service de nourriture.

La Fenouillère

★★★★

3100, chemin Saint-Louis, Québec, ☎ 418 653-3886, fenouillere.com