El Ceviche: nourriture-confort des Andes au coeur de Québec

El Ceviche propose un accueil chaleureux et sincère qui donne le ton à la visite.
Photo: Francis Vachon Le Devoir El Ceviche propose un accueil chaleureux et sincère qui donne le ton à la visite.

Quand un froid quasi sibérien règne sur Québec et que le portefeuille est encore tout endolori par le temps des Fêtes, une occasion d’évasion sympathique à prix amical peut s’avérer plus que bienvenue. Pourquoi pas une petite immersion dans la cuisine traditionnelle du pays des Mystérieuses cités d’or ?

En compagnie de mon amoureux et de deux amis, je me dirige donc vers le El Ceviche, rue Saint-Vallier à Québec, un resto péruvien qui a ouvert ses portes l’été dernier.

L’accueil, chaleureux et sincère, donne le ton à la soirée. Pablo, notre serveur, qui est aussi le fils du propriétaire, nous propose deux types d’apéritifs. Germain et moi optons pour le Pisco Sour, un cocktail à base de pisco (l’alcool national péruvien fait de moût de raisin) et de jus de lime, de blanc d’oeuf et d’un trait d’Angostura. On y a mis une touche québécoise en y ajoutant un peu de sirop d’érable, qui contribue à adoucir l’effet tonique sans le masquer. Dave et Daniel y vont pour le Chilcano, aussi à base de pisco, qui s’apparente à une limonade.

Notre quatuor sirote l’apéro en discutant avec animation. Le décor est plutôt simple, avec quelques éléments de décoration évoquant évidemment le Pérou. L’ambiance repose surtout sur la musique typique des Andes qui, à volume raisonnable, crée un chaleureux écrin sonore.

À la façon des Incas

La pomme de terre, le maïs, le piment sont consommés depuis plusieurs milliers d’années par la population andine.

Ces ingrédients, très présents dans la cuisine péruvienne, le sont aussi (quoique depuis moins longtemps) dans la cuisine québécoise : c’est pourquoi l’expérience El Ceviche se révèle être un très heureux mélange d’exotisme et de familiarité.

Photo: Francis Vachon Le Devoir Un ceviche de crevettes

En guise d’entrée, nous nous régalons des yucas fritas, sortes de grosses frites de manioc accompagnées d’une sauce épicée. Avec le froid qui règne à l’extérieur, ces quelques bouchées de chaleur font un bien fou !

L’aréopage poursuit avec la Papa a la Huancaína, plat emblématique du Pérou composé de pommes de terre cuites à l’eau, tranchées puis simplement nappées de salsa huancaína, une sauce crémeuse à base de piment jaune. Quelques morceaux d’oeufs durs et des olives noires accompagnent l’ensemble.

La Causa de Pollo est notre coup de coeur. Il s’agit d’un joli étagé de pommes de terre et d’une délicieuse préparation à base de poulet effiloché, nappé lui aussi de salsa huancaína et servi avec oignons émincés, quartiers d’oeufs durs et feuilles de laitue. Pour nos papilles québécoises, ce mets évoque le côté rassurant et un peu rustique de la cuisine familiale, tout en étant incontestablement dépaysant.

Señor Ceviche

Le poisson préparé en ceviche, spécialité éponyme du restaurant, est également un grand classique du Pérou, héritage de la cuisine des Incas. Pouvant s’appliquer à de nombreux poissons ou fruits de mer, cette préparation repose sur l’action du jus d’agrume qui, avec l’oignon et le piment, produit une sorte de cuisson à froid. Malgré les alléchantes propositions du menu — et les 20 degrés sous zéro —, il est hors de question que je choisisse autre chose.

Dans une présentation sans prétention, mon ceviche de flétan se révèle fantastique. La lime a adouci la texture du poisson, lui conférant un arôme relevé. Déposé sur une feuille de laitue, il est encadré de quelques tranches de patate douce et de frites de manioc, et surmonté de fines lamelles d’oignon rouge. Traditionnellement, on consomme le ceviche arrosé d’une bière. Je souscris à l’usage sans rechigner.

L’un de nos amis a choisi le Seco de carne, type de ragoût de boeuf à la coriandre, servi avec des haricots blancs et du riz, qui me semble aussi fort appétissant. Pour sa part, mon invité s’est laissé tenter par l’Aji de gallina. Il s’agit de poulet cuit, effiloché et mélangé à une généreuse portion de salsa huancaína, puis parsemé de coriandre fraîche. Un petit monticule de riz blanc complète le tout. Encore ici, une comfort food péruvienne qui fait du bien.

Le chocolat, qui a été consommé en Amérique centrale et du Sud bien avant de l’être par les Occidentaux, se trouve évidemment au menu. N’ayant plus de place pour avaler quoi que ce soit, je délègue à Dave le soin de goûter une part de gâteau au chocolat. Tendre et moelleuse, cette ultime gourmandise ne s’avère pourtant pas trop lourde sur l’estomac.

Le propriétaire, artiste et homme d’affaires Micko Rojas a des projets de restaurant péruvien plus gastronomique. Entre-temps, je ne saurais trop vous recommander d’aller vous dépayser les papilles en famille, en toute simplicité, rue Saint-Vallier.

Les plus. Plats servis avec enthousiasme. La Causa de Pollo, le ceviche et le Pisco Sour sont fantastiques. Ambiance agréable et excellent rapport qualité-prix.

Les moins. Local frisquet et un peu dépouillé : un coupe-froid et quelques éléments de décor supplémentaires augmenteraient le confort.

Repas pour deux. Nourriture seulement, avant taxes et service : 50 $. Coût total pour deux, incluant alcool, taxes et service : 120 $.

Actualités culinaires de la région de Québec

Le milieu de la restauration est réputé difficile, particulièrement dans le contexte actuel où il est compliqué de recruter et de retenir du personnel. Pour ces raisons et bien d’autres, les propriétaires des restaurants Toast !, rue du Sault-au-Matelot, et SSS, rue Saint-Paul, ont décidé de mettre la clé sous la porte début janvier. Une grande perte pour l’écosystème gastronomique du Vieux-Québec.

Le Graffiti offre un répit aux budgets serrés avec le Mois des Kassés. En vigueur jusqu’à la Saint-Valentin, les midis du lundi au vendredi, ainsi qu’en soirée du dimanche au mercredi, cette promo permet de se prévaloir de plusieurs tables d’hôte à petit prix.

Jusqu’au 8 février, le 47e Parallèle propose trois tartares à 15 $, dont un intrigant tartare de boeuf aux escargots à l’ail et persil, oignons marinés et aïoli au pastis, accompagnés d’une salade.

Plusieurs restaurants verront le jour dans la grande région d’ici le printemps. C’est à suivre…

El Ceviche

184, rue Saint-Vallier Ouest, Québec, ☎ 418 649-9333