Resto: «ze best of» 2018

Intérieur de la brasserie française Henri
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Intérieur de la brasserie française Henri

Il paraît que, de nos jours, les listes sont la partie préférée des lecteurs 2.0, tous médias confondus. Ne reculant devant rien pour satisfaire son propre lectorat, Le Devoir vous propose celle-ci, composée d’une petite douzaine d’adresses où des gens bien préparent de bien bonnes choses. S’y retrouvent donc des maisons que nous avons visitées entre le 1er janvier 2018 et aujourd’hui, nous étant Laurence Michèle Dufour et moi-même. Ce sont de bonnes et parfois même de très bonnes adresses à découvrir, si ce n’est déjà fait, ou à revisiter pour le simple plaisir de bien manger.

L'année 2019 semble une cuvée tout aussi prometteuse et j’ai déjà à mon programme cinq ou six tables qui devraient vous combler. J’espère ne pas avoir à éreinter trop de mauvaises maisons ; si ça arrive, au moins vous éviterai-je de subir les mauvaises assiettes que j’aurai dû y endurer. L’espoir fait vivre.

D’ici là, tous mes vœux de bonheur, quelle qu’en soit la forme que vous souhaitez !

Photo: Marie-France Coallier Le devoir Restaurant Alma

Alma. Les personnes passionnées font les restaurants passionnants. Lindsay Brennan aux bouteilles et Juan Lopez aux poêlons ont réussi à faire de ce petit local un peu perdu à Outremont un délicieux lieu de perdition. Petits plats très soignés du patron et bouteilles dénichées par la patronne — entre autres au fin fond de la Catalogne — riment avec bonheur. 1231, avenue Lajoie, 514 543-1363.

Antidote. Le chef Luc Vaillancourt pourrait devenir votre prochain ami, et son restaurant Antidote Foodlab votre prochaine excuse pour vous arrêter à Sherbrooke. Un décor chaleureux, un service qui l’est tout autant et des assiettes décoiffantes. Ma visite à sa table au mois de juin est encore très fraîche en mémoire parmi les très bons souvenirs de l’année. 35, rue Belvédère Nord, local 10, Sherbrooke, 1 819 791-9117.

Bistro Braque. Les gens de la région se lamentent de ne pas pouvoir venir manger ici plus souvent tant la petite trentaine de places dans cet Apportez votre vin sont convoitées. La cuisine de la chef Chloé Labarre-Mc Elligott et le travail en salle de David Mc Duff donnent envie de se mettre sur les rangs pour obtenir une de ces si précieuses places et passer une belle soirée dans un petit resto chaleureux. 22, place du Marché Saint-Jean-sur-Richelieu, 450 561-0301. Réservation impérative.

Photo: Jacques Nadeau Le devoir Jade Fortin-Côté, Éric Berlin, Grégoire Routy et Morgane Muszynski constituent l’équipe du Boxermans.

Boxermans. Dans un joli local au décor invitant, vous mettez un jeune chef créatif, Grégoire Routy, une sommelière pétillante comme un excellent champagne, Morgane Muszynski, deux propriétaires réveillés, Jade Fortin-Côté et Éric Berlin, et vous obtenez un petit restaurant où l’on a envie de revenir encore et encore. Une de mes meilleures expériences de l’année. 1041, avenue Van Horne, 514 495-4000.

Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Mousse de foie de volaille, financier, pistaches et baies à l’Hélicoptère

Hélicoptère. Les restaurants arborant fièrement une éthique locale et une carte des vins nature se multiplient dans la métropole. Se distinguer du lot n’est pas une mince affaire. C’est ce qu’a pourtant réussi avec brio le trio composé de Mélodie Perez-Mousseau, Youri Bussières Fournel et David Ollu (tous des anciens de l’excellent Bouillon Bilk). Ici, l’enthousiasme de l’équipe est palpable et le talent, remarquable. Un ballet digne d’une adresse bien établie où l’on retourne sans hésiter ! 4255, rue Ontario Est, 514 543-4255.

Henri, brasserie française. Le chef Romain Abrivard et sa brigade, son collègue Gregory Torino, chef pâtissier, sont les principales raisons de venir s’encanailler dans cette très belle brasserie française. Bien sûr, vous pourrez y aller également pour le décor grandiose, très Henry Birks, mais on s’entend que le but principal de la soirée à table, toute brasserie qu’elle soit, est quand même ce qui se trouve dans les assiettes. Ici, salé et sucré s’entendent parfaitement. 1240, square Phillips, 514 544-36742.

Île flottante. Alain Carle fait des intérieurs de restaurants comme ils devraient toujours l’être ; attirants, chaleureux, réconfortants, apaisants. Le chef Sean Murray Smith et sa compagne Nada ont su trouver un style qui convient parfaitement au lieu, et une soirée ici passe pour un excellent moment à table. Le chef avec sa cuisine intelligente et Nada avec un service chaleureux et attentionné. 174-176, rue Saint-Viateur Ouest, 514 278-6854.

Clairon. Sans doute l’établissement le plus « discret » de cette liste. Il faut vraiment savoir qu’il y a un restaurant à cette adresse tant sa façade est anonyme. Une fois à l’intérieur, par contre, les choses se précisent et, assis à une des quelques tables de la maison, on peut constater que la discrétion des responsables des casseroles n’a d’égale que leur talent. Les chefs s’appellent Maxime Descôteaux et Kamille Farrell. Des noms à retenir tant leur grande discrétion cache leur grand talent. 432, rue Rachel Est, 514 840-5706.

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Melon cantaloup et jambon Serrano dans un pot en terre cuite au Mile-Ex

Mile-Ex. L’âme de cette minuscule maison cachée au fin fond du Mile-Ex s’appelle Grégory Paul. Cet excellent chef méridional met tant de générosité dans toutes ses assiettes que l’on voudrait pouvoir venir s’attabler chez lui quotidiennement. Créativité sans esbroufe, talent sans grandiloquence, un pur bonheur de petite table. 6631, rue Jeanne-Mance, 514 272-7919. Pas de réservations.

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Restaurant bar à vin Mon Lapin

Mon Lapin. La gang à Mister McMillan est sortie de la Petite Bourgogne. Quelle bonne idée ! Ce petit resto de quartier possède exactement tout ce que l’on apprécie quand on aime les endroits chics et décontractés avec des assiettes très justes. Le chef Marc-Olivier Frappier propose sa cuisine chaleureuse, goûteuse, exactement comme on en rêve. Son travail dans les assiettes est complété à merveille par les choix éclairés et éclairants de Vanya Filipovic, son épouse, qui a toujours le don de dénicher les bouteilles qui font le bonheur dès que le tire-bouchon a tire-bouchonné. Un couple comme on les aime eux aussi. 150, rue Saint-Zotique Est. Pas de réservations.

Photo: Marie-France Coallier le devoir Intérieur du Monarque

Monarque. La famille Bastien, Richard le papa et Jérémie le fiston, a fait attendre le public longtemps, très longtemps avant d’ouvrir les portes de ce magnifique restaurant du Vieux-Montréal. L’attente en valait la peine tant tout dans cette immense salle, moitié brasserie, moitié restaurant, est magnifique. Ici encore, le travail impressionnant d’Alain Carle, que l’on admire du sol étincelant aux plafonds intelligemment conçus. Une fois assis, les assiettes du chef et de sa brigade impressionnent, elles aussi. Les foules ont accouru dès l’ouverture. Souhaitons que ça dure. 406, rue Saint-Jacques, 514 875-3896.

Réservoir. Il y a des disparitions qui attristent. La fermeture inattendue de l’Hôtel Herman en a fait partie. On s’est consolés en découvrant le chef Marc-Alexandre Mercier dans la minuscule cuisine de ce Réservoir, endroit fort couru en ville. Des assiettes intelligentes, du cœur et de la tête dans chaque petit bol, une cuisine vraiment savoureuse. Les deux autres membres de l’équipe, Ariane aux bouteilles et Dominique à pas mal tout le reste, font un si beau travail que je ne vous dis pas mon bonheur d’avoir mon bureau à quelques pas-de-porte de chez eux. Bonheur chaque fois renouvelé, même avec les plats les plus simples. 9, rue Duluth Est, 514 849-7779.

Bonne année à tout le monde !