L’unique kaiten-zushi québécois est à Limoilou

Dans ce resto de «sushi rotatif», les plats préparés à mesure sont présentés en libre-service sur un tapis roulant ou un autre dispositif qui les fait circuler devant les clients.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Dans ce resto de «sushi rotatif», les plats préparés à mesure sont présentés en libre-service sur un tapis roulant ou un autre dispositif qui les fait circuler devant les clients.

La culture japonaise a beaucoup d’adeptes au Québec. Quasi inconnus il y a 50 ans, les mangas, les arts martiaux, le cinéma d’animation et la gastronomie japonais sont devenus familiers. Je suis donc extrêmement curieuse d’aller essayer un resto où se trouve un concept culinaire unique et inédit à Québec (et même au Québec), soit la « rivière » à sushi. En compagnie de mon amoureux, cap sur le Nicky Sushi, dans le quartier Limoilou.

Et vogue la rivière

Le principe du sushi rotatif (kaiten-zushi) est un incontournable de la culture alimentaire du Japon moderne. Dans ce type de resto, les sushis préparés à mesure par les cuisiniers sont présentés en libre-service sur un tapis roulant ou un autre dispositif qui les fait circuler devant les clients. Chacun repère ce qui lui plaît et hop ! prend tout simplement l’assiette et en déguste le contenu. Pas d’attente. La facture est ensuite établie en fonction du nombre et du type d’assiettes cumulées par le mangeur.

C’est à Osaka qu’a été créée la première bande transporteuse de sushis, à la fin des années 1950. L’idée s’est ensuite répandue à toutes les îles nippones et en certains lieux où vit une forte concentration de population d’origine japonaise, dont Vancouver. Le Québec a tardé à s’y mettre. Pendant quelques années, il y a bien eu un kaiten-zushi au Kyozon, à Montréal, mais l’endroit est maintenant fermé.

Il y a un peu plus de deux mois, le restaurant Nicky Sushi de Limoilou a rouvert ses portes après rénovation. Et quelle rénovation ! On y a en effet installé un vaste comptoir d’une vingtaine de places comportant, non pas un tapis roulant, mais bien un cours d’eau où défilent de petits bateaux laqués convoyant leur délicieux contenu. C’est indiscutablement le pôle d’attraction de l’endroit.

Les petits bateaux

Mon invité et moi prenons place autour de ce comptoir. Juste en face de nous, les sushimen Étienne et David nous accueillent et, tout en s’affairant à cuisiner, couper et disposer diverses bouchées, nous invitent à leur formuler nos demandes.

Devant nous circule une flotte miniature équipée d’assiettes contenant tartares, tatakis et autres créations culinaires japonaises. Les prix (de 2,95 $ à 5,95 $) sont définis en fonction de la couleur des écuelles qui les contiennent. Je laisse passer les crevettes tempura et les bouchées de « pizza sushi », mais je saisis de tentants hosomakis à l’anguille, qui s’avèrent très réussis, ainsi que de délicieux nigiris de saumon. Je fais aussi main basse sur un bol d’edamames et une salade wakame.

Heureux de ses bouchées de poulet Général Tao, Dave commande des légumes tempura. Quelques minutes plus tard, lesdits légumes sont prêts, tout chauds et croustillants, accompagnés d’une mayonnaise épicée. En fait, nous partageons pratiquement tout, ce format de service favorisant la commensalité.

Ce soir-là, le restaurant a reçu des oursins. N’ayant jamais eu l’occasion de goûter à ce fruit de mer, nous en faisons l’essai avec plaisir. L’oursin est servi sur une boule de riz enveloppée d’une feuille d’algues, répandant sa texture crémeuse sur nos palais ravis.

Photo: Francis Vachon Le Devoir Devant nous circule une flotte miniature équipée d’assiettes contenant tartares, tatakis et autres créations culinaires japonaises.

Pour les consommations, une Brillantine pour moi (cocktail signature alliant brandy, Belle de Brillet et touche d’agrumes) et un Saké Martini (à base de saké Sayuri, de Pur Vodka et de Dry Vermouth) pour Dave.

Le décor est simple et chaleureux. J’admire les immenses abat-jour dont le motif ouvragé évoque les écailles de poisson. Des classiques des années 1960 égrènent leurs accents rétro et guillerets dans la salle à manger. Outre le « comptoir rivière », le resto compte plusieurs tables avec menu à la carte et menu du soir à volonté.

Dans cette ambiance décontractée, les sushimen, même affairés, prennent le temps d’échanger quelques blagues avec les clients au comptoir. Je ne prise habituellement guère les tabourets, mais ici, il faut admettre que le confort est au rendez-vous. Je réalise qu’en dépit de l’accumulation rapide des petites assiettes devant nous, la facture sera plus légère que dans un restaurant de sushis classique. La formule permet de goûter à plus de variétés, et il est aussi beaucoup plus facile de l’adapter à sa faim. Ou de l’apaiser un peu trop vite… En effet, après une heure, nous ne pouvions rien avaler de plus.

J’y retournerai certainement, pour un repas complet ou un apéro, le temps d’un cocktail et de quelques bouchées. Et je prendrai davantage mon temps.


Les plus Un concept « servez-vous vous-mêmes » très chouette, où les savoureuses propositions défilent en continu. Bons cocktails.

Les moins C’est le défaut de la qualité : rapidement rassasiés, nous avons quitté le resto après à peine une heure, mais nous en assumons le blâme !

Coût pour deux personnes, nourriture seulement : 70 $. Coût total pour deux, alcool, taxes et service compris : 104 $.

Actualités culinaires de la région de Québec

Vice Vertu Distilleries vient de lancer le gin BeDirty, élaboré spécialement pour préparer des Dirty Martini. Ce produit, le second spiritueux créé par cette entreprise de Saint-Augustin-de-Desmaures, est disponible à la SAQ.

Pour les travailleurs pressés mais adeptes d’une cuisine saine et inventive, l’Académie culinaire de Québec lance des cours express le midi. Tous les jeudis dès le 1er novembre, les gens inscrits auront droit à un cours de 30 minutes, suivi d’une période de 30 minutes pour déguster le dîner qu’ils auront préparé. On s’informe à academieculinaire.com

Le 7 novembre prochain marquera l’ouverture officielle de Patrizio Co. Situé sur la Grande Allée, à Québec, ce nouveau restaurant italien proposera un comptoir à burrata, un fromage de type mozzarella importé des Pouilles, région située dans le « talon » de l’Italie.

On surveille le dévoilement de la programmation du premier événement Québec Table gourmande, qui se déroulera du 12 au 25 novembre dans une trentaine de restaurants de la région de Québec.

Le Groupe Restos Plaisirs, déjà bien connu pour ses actions philanthropiques et caritatives, a remis 75 000 $ au Pignon bleu lors de la troisième édition du Brunch du maire, à Québec.

Légendes

★ Je regrette de devoir vous en parler
★★ Pas mauvais, mais on n’est pas obligés de s’y précipiter
★★★ Bonne adresse
★★★★ Très bonne adresse
★★★★★ Adresse exceptionnelle pour la cuisine, le service et le décor

$ Le bonheur pour une vingtaine
$$ Une quarantaine par personne
$$$ Un billet rouge par personne
$$$$ Un billet brun par personne
$$$$$ Le bonheur n’a pas de prix 

Nicky Sushi

★★★

311, chemin de la Canardière, Québec, ☎ 418 845-8484, $$