«God Save the» London Jack

Les couleurs de l’Union Jack habillent la salle à manger, donnant une touche de kitch irrévérencieux et assumé. 
Photo: Catherine Ferland Les couleurs de l’Union Jack habillent la salle à manger, donnant une touche de kitch irrévérencieux et assumé. 

À l’instar de Paris, Londres fait partie de ces villes occidentales mythiques qui ont une résonance particulière pour les Québécois. Ayant eu l’occasion d’y séjourner récemment, je n’ai pas manqué d’y essayer certains classiques de la cuisine anglaise. C’est donc en toute connaissance de cause que je me suis rendue au London Jack, un resto aux accents résolument british, en compagnie de mon chéri et de quelques amis.

La salle à manger aux couleurs de l’Union Jack nous fait de l’oeil, avec son kitch irrévérencieux et bien assumé, mais il fait un temps décidément trop superbe pour ne pas profiter de la terrasse. Donnant sur la rue du Parvis, piétonnière en saison estivale, celle-ci double pratiquement la superficie du resto. L’ambiance urbaine est animée et joyeuse.

Happy Hour

Même s’il y a une belle ligne de fûts ainsi qu’un grand frigo à bière où l’on peut aller soi-même se servir, je me sens plutôt d’humeur pour un cocktail. Chic, c’est justement un deux pour un pour les martinis ! J’opte pour le classique Cosmopolitan, alors que Dave y va d’un French martini, que j’essaierai un peu plus tard dans la soirée, séduite par le délicat mélange de vodka, de Chambord, de jus d’ananas et de mûres.

Fait à noter, tous les cocktails sont disponibles en version ordinaire ou en version premium, employant alors des alcools de qualité supérieure, comme la vodka Quartz et le gin Ungava.

La cuisine anglaise a ceci de particulier qu’elle est très cosmopolite et, surtout, fortement métissée de cuisine indienne. Il s’agit bien sûr d’un legs des longues années d’impérialisme britannique dans le sous-continent, mais aussi de la présence actuelle de nombreuses personnes d’origine indienne et pakistanaise, qui forment un peu plus de 12 % de la population de Londres.

Cet état de choses se reflète notamment dans la variété d’entrées à partager que nous décidons de nous offrir pour débuter. Aux côtés des très british Yorkshire pudding (sorte de pâté de viande épicé) et Scotch egg (oeuf dur entouré de chair à saucisse, puis pané) figurent donc des amuse-gueules provenant d’autres régions du monde, comme le boudin noir, les oignons frits géants, les acras de poisson et la trempette raïta. Mon comité est unanime : absolument tout est parfaitement réussi. Même les fritures échappent à toute lourdeur ou gras excessif, c’est dire.

Ces parfums orientaux incitent mon amoureux à s’aventurer hors des classiques. Après avoir tergiversé un brin (le boeuf Wellington réinventé est bien tentant), il opte pour un tikka masala.

Les morceaux de poulet mariné ont cuit tendrement et sont nappés d’une sauce onctueuse à base de yogourt et de tomates parfumée de garam masala, où s’affirme délicieusement le curcuma. Le tout est servi dans un petit bol et joliment accompagné de riz basmati, de pains naan et d’une trempette raïta. Généreuse, l’assiette offre aux yeux ses belles couleurs avant d’offrir aux papilles ses saveurs tout en nuances, témoignage éloquent de la maîtrise du plat.

Photo: Catherine Ferland L'une des 525 combinaisons possibles de fish'n'chips du London Jack : ici, l'aiglefin en panure sriracha avec frites juliennes et sauce épicée.

Quoi de plus typiquement anglais que le fish’n’chips ? Or, contrairement aux pubs anglais qui n’offrent généralement que deux ou trois sortes de poisson, le London Jack pousse la gentillesse jusqu’à proposer l’aiglefin, le doré, l’omble de l’Arctique, la morue canadienne, le saumon de l’Atlantique, le « fish cake »… Et même une option végé, le halloumi.

Allons, faisons le calcul. Avec sept variétés de poisson, un choix de cinq panures (à la bière, tempura, indienne, à l’aneth et au citron, sriracha), trois types de frites (ordinaires, juliennes et patates douces) et cinq sortes de sauce (cari et mangue, tartare, poivre et citron, épicée et cajun), on arrive au joyeux total de 525 combinaisons possibles !

Après avoir pris conseil auprès de mon Poséidon intérieur, j’opte pour l’aiglefin en panure sriracha, accompagné de juliennes et de sauce épicée. À l’intérieur, le poisson est cuit juste ce qu’il faut, tandis que l’enrobage est certes frit (c’est l’idée, après tout), mais la couche de panure est fine, légère et croustillante, parfaitement épicée sans être piquante. C’est excellent et, pour tout vous dire, même nettement meilleur que ce que j’ai mangé à Londres…

Avec un peu de regret, nous faisons faux bond à la proposition sucrée, étant décidément plus que sustentés. Puisqu’il y a encore une bonne dizaine de plats que j’aimerais venir essayer, je suppose que les occasions ne manqueront pas de le faire, cette fois en salle, tout près de l’emblématique cabine téléphonique rouge et sous le regard rieur d’une jeune Élisabeth II arborant un audacieux tatouage.


Les plus : ambiance très agréable, nourriture d’une qualité et d’une générosité étonnantes pour le prix, service affable et very kind.

 

Les moins : lors de notre passage, tout a été impeccable. Même ceux qui sont moins friands de friture ont accès à des plats intéressants. Rien à redire !

 

Coût pour deux, nourriture seulement, avant taxes : 80 $

 

Coût total pour deux, alcool, taxes et service compris : 161 $

Actualités culinaires de la région de Québec

Le p.-d.g. de Restos Plaisirs, Pierre Moreau, sera le président d’honneur du Festival de cinéma de la ville de Québec, qui se tiendra du 13 au 22 septembre. Rappelons que le groupe, qui possède notamment les restaurants Cochon dingue et Jaja, est un partenaire majeur de l’événement.

« Entrouvert » depuis le mois de juin, le nouveau restaurant Belga, sur la Grande-Allée à Québec, ouvrira officiellement ses portes dans quelques semaines.

La nouvelle Académie culinaire de Québec lancera très bientôt une série d’événements gourmands. Cette alléchante programmation sera disponible dès la mi-septembre.

Pour la seconde année à Québec, le Festival Martinique gourmande battra son plein du 13 au 23 septembre. Une dizaine de restos participent à l’aventure et de belles activités sont prévues au cours de ces dix jours.

Légendes

★ Je regrette de devoir vous en parler
★★ Pas mauvais, mais on n’est pas obligés de s’y précipiter
★★★ Bonne adresse
★★★★ Très bonne adresse
★★★★★ Adresse exceptionnelle pour la cuisine, le service et le décor

$ Le bonheur pour une vingtaine
$$ Une quarantaine par personne
$$$ Un billet rouge par personne
$$$$ Un billet brun par personne
$$$$$ Le bonheur n’a pas de prix

London Jack

★★★

505, rue Saint-Joseph Est, Québec, ☎ 418 694-0688, $$