Honō Izakaya, un pub urbain à la japonaise

Pour ce resto d’une trentaine de places, les propriétaires ont voulu créer une ambiance urbaine et décontractée, avec un décor où dominent les planches nues. Le mur de briques laisse deviner le tracé de l’ancien escalier.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Pour ce resto d’une trentaine de places, les propriétaires ont voulu créer une ambiance urbaine et décontractée, avec un décor où dominent les planches nues. Le mur de briques laisse deviner le tracé de l’ancien escalier.

La scène gastronomique de la Vieille Capitale commence (enfin !) à se diversifier, s’ouvrant à ses microterroirs aussi bien qu’aux cultures du monde. Dans une formule qui connaît une grande popularité au Japon, voici que Québec compte sa première véritable izakaya, ou taverne japonaise. Cap sur le quartier Saint-Roch pour découvrir l’Honô Izakaya.

Tsukemono

Il faut savoir que les izakayas sont à Tokyo ce que les pubs sont à Londres ou les bistrots à Paris. Selon certaines estimations, le Japon en compterait environ 20 000. On y sert de la bière, des cocktails, du saké et des plats froids ou chauds, plus ou moins sophistiqués et qui, bien souvent, sont placés entre les convives pour être partagés.

Nous ferons donc honneur à cette pratique en commandant des apéros et plusieurs tsukemonos à picorer de concert, ce qui nous permettra d’explorer plus amplement le menu. À noter qu’il est très facile de faire diviser les factures pour refléter le nombre de convives.

Sociabilité nippone

Chacun savoure d’abord une soupe miso. Les jolis récipients bien fumants révèlent un bouillon aux arômes subtils, agrémenté de dés de tofu, d’oignon vert et de palourdes. C’est l’une des meilleures misos que j’ai pu déguster ces dernières années.

La conversation va bon train, alors qu’on pioche allègrement dans le plat d’edamames au poivre du Sichuan, ce qui engourdit agréablement la bouche.

L’ambiance étonne. Pour ce resto d’une trentaine de places, les propriétaires ont voulu créer une ambiance urbaine et décontractée, voire minimaliste, avec un décor où dominent les planches nues, le mur de briques laissant deviner le tracé de l’ancien escalier et, bien sûr, l’espace bar où s’attablent amis et collègues le temps d’un verre ou deux.

Tout ici évoque la simplicité et la camaraderie… une simplicité qui est cependant loin d’être zen : au contraire, la musique américaine un brin trop forte concurrence les conversations. Heureusement, mon cocktail — opportunément nommé « Test de stress » —, composé de cocchi rosa, de jus d’orange, de thé vert et de ginger ale, contribue à ajuster mon humeur au bruit ambiant.

Au cours de la soirée, nous testerons aussi le « Vert cheval » (tequila Cazadores, Cointreau, avocat, orgeat de riz soufflé et lime) ainsi que le « B B » (hydromel Beez de la ferme Desrochers, Sochu, liqueur de litchi Nusbaumer, Maurin Quina et citron), de belles réalisations qui font d’ailleurs l’unanimité autour de la table !

Terre ou mer ?

Nous poursuivons cette roborative collation avec les kakiages, ou légumes tempura, présentés sous forme de galettes façonnées de légumes râpés et mises en panure, puis coiffées d’une mayonnaise épicée. Or, l’ensemble s’avère un peu lourd et indubitablement trop « frit », oblitérant presque totalement les saveurs végétales.

Les yakitoris se déclinent en plusieurs propositions, tant viande que poisson ou légumes. À chaque commande, le serveur apporte deux brochettes, ce qui permet facilement de séparer entre deux, trois voire quatre convives.

Tour à tour défilent à notre table le negima (morceaux de cuisses de poulet et échalotes ; excellent), le butabara (flanc de porc ; gras à souhait, mais ô combien goûteux !), le miso sake (saumon mariné au miso ; je sais que l’expression est galvaudée, mais il fond véritablement dans la bouche), le poireau (grillé de cette manière, ce légume révèle tout son caractère) et enfin le miso wakasagi (éperlans marinés au miso ; un mets qui fait beaucoup penser à des anchois).

Sucré ou umami ?

Pour le dessert, mon homme se laisse tenter par un brownie façon mochi accompagné d’une boule de crème glacée au sésame, tandis que j’opte pour la crème brûlée au thé vert, question de pouvoir goûter à tout.

Mangé seul, le brownie m’apparaît bien ordinaire, avec une texture un peu pâteuse en bouche, mais il devient plus intéressant lorsqu’on y mêle la crème glacée. Quant à la crème brûlée, sa saveur très prononcée de thé vert semble bien ennuyeuse à mes papilles. C’est comme s’il manquait quelque chose (note herbacée ? Épice ? Agrume ? Alcool ?) pour dérider tout ça. Mais je conçois ici qu’il s’agit de mes goûts personnels et qu’on puisse apprécier ces desserts tels quels.

Mon verdict final ? Je ne crois pas que j’y retournerais pour manger un repas complet. En revanche, je fréquenterais volontiers l’Honô Izakaya pour ce qu’il est : un lieu sympa où partager quelques cocktails et bouchées (choisies) entre amis.

À la manière des tavernes japonaises, ce lieu sympathique remplit bien sa mission première : offrir des consommations et des bouchées à partager (essayez les brochettes de saumon ainsi que le poireau !), entre collègues ou entre amis, en toute simplicité et bonne humeur. Les plus : Lieu sympathique qui remplit très bien sa mission première : offrir des consommations et des collations à partager, en toute simplicité et bonne humeur. Les moins : Peu nombreux au menu, les desserts manquent de relief. Si vous recherchez la quiétude et un certain décorum, ce n’est pas un resto pour vous. Pas de réservations. Coût pour deux, nourriture seulement, avant taxes : 53 $. Coût total pour deux (incluant alcool, taxes et service) : 105 $.

Les actualités gastronomiques de Québec

C’est le vendredi 15 juin que s’ouvrira le Parcours des terrasses gourmandes, un événement épicurien auquel participent plus d’une quinzaine de restaurateurs du quartier Petit-Champlain, de Place-Royale et du Vieux-Port de Québec. Pour cette 5e édition, trois forfaits sont offerts, permettant de découvrir de 7 à 17 bouchées et cocktails. Des spectacles musicaux créent une ambiance festive de 16 h à 23 h.

Du 15 au 17 juin 2018 se tient le BBQ Fest Rickard’s, avec sa cinquantaine de camions de rue, de stands de restaurateurs et d’exposants. L’occasion de se donner un solide coup d’étrier pour démarrer la saison du barbecue.

Au restaurant le Ciel !, le chef David Forbes crée des plats d’inspiration « Vue sur le monde » avec des collègues d’origine étrangère. En juin et jusqu’à la mi-juillet, c’est un plat de la Colombie qui est en vedette.

Ann-Rika Martin, gagnante de la septième saison de l’émission Les chefs !, sera à la tête du camion de restauration de la Baie de Beauport avec le O’Ravito café relais pour tout l’été. Au lieu des traditionnelles fritures, la sympathique chef proposera un menu santé mettant en avant des produits frais, comme les tartines au homard, à la merguez ou au végépâté, les sandwichs, le gravlax… Toutes les fins de semaine dès maintenant, et 7 jours sur 7 à compter du 23 juin.

Légendes

★ Je regrette de devoir vous en parler
★★ Pas mauvais, mais on n’est pas obligés de s’y précipiter
★★★ Bonne adresse
★★★★ Très bonne adresse
★★★★★ Adresse exceptionnelle pour la cuisine, le service et le décor

$ Le bonheur pour une vingtaine
$$ Une quarantaine par personne
$$$ Un billet rouge par personne
$$$$ Un billet brun par personne
$$$$$ Le bonheur n’a pas de prix

Honō Izakaya

★★★ 1/2

670, rue Saint-Joseph Est, Québec, $$