Souper au bout de l’île

Toutes ces boiseries, à défaut d’éclairer l’endroit, lui donnent un je-ne-sais-quoi de cossu.
Photo: 5PoundMedia Toutes ces boiseries, à défaut d’éclairer l’endroit, lui donnent un je-ne-sais-quoi de cossu.

Bien sûr, ce serait injuste de parler de l’auberge Willow Inn sans mentionner ce site merveilleux. La vue sur le lac des Deux-Montagnes a quelque chose d’apaisant ; si l’on a le temps et que l’on habite Montréal, on peut même se gâter avec une traversée entre Hudson et Oka, puis rentrer à la maison paisiblement par des routes plus bucoliques que l’autoroute 40.

Bien sûr, il faut parler de ces grandes rénovations qui ont permis de métamorphoser l’endroit en un lieu assez impressionnant ; toutes ces boiseries, à défaut d’éclairer l’endroit, lui donnent un je-ne-sais-quoi de cossu.

À Hudson, la rue principale s’appelle Main et un beau vendredi soir, on sent que la clientèle, toute pure laine qu’elle soit, est plus 100 % Shetland sheep wool que brebis des Causses. Le personnel, lui, est aussi efficace et aimable dans les deux langues officielles du « plusse-meilleur-pays-au-monde ».

L’ambiance au Willow Inn est très bon enfant et même la grosse tivi qui montre les Maple Leafs se faire brasser par les méchants Bruins ne semble pas assombrir la soirée.

Sur le menu, un petit encadré attire l’attention : « Auberge Willow est fière de soutenir nos agriculteurs régionaux biologiques et durables [sic]. Notre menu est basé sur des ingrédients locaux et frais qui peuvent changer. » De petites choses comme celles-ci suscitent une sympathie instantanée et la deuxième phrase a quelque chose de rassurant.

Photo: 5PoundMedia Une purée de racines de persil, une grosse pincée de chou haché et une brique de merlu poêlé surmontée de jeunes pousses et relevée d’un beurre noisette aux câpres.

Passons à table. Une salade Willow, beau mélange de feuilles tendres, quelques radis passés à la mandoline, en pluie, du fromage d’Oka et une vinaigrette légèrement fumée (maison) qui donne un allant supplémentaire à l’assiette.

Une autre entrée de pieuvre grillée, très tendre, présentée en belles bouchées et accompagnée de haricots verts, de fleur d’ail marinée, de quelques feuilles d’estragon et de tomates cerises venues d’une serre voisine. La sauce hollandaise relevée de paprika qui accompagne ce plat était, elle aussi, tout à fait pertinente.

Sur une purée de racines de persil, une grosse pincée de chou haché et une brique de merlu poêlé surmontée de jeunes pousses et relevée d’un beurre noisette aux câpres.

La maison propose une pièce de viande en deux versions au choix 8 onces ou 10 onces. La présentation est un peu rustique, mais il s’agit sans doute d’une sorte d’hommage et de clin d’oeil à Fergus Henderson, chef du célèbre restaurant londonien St. John, et à son célèbre plat « Roast Bone Marrow and Parsley Salad ».

Le faux-filet est d’une grande tendreté, cuit bleu comme demandé, accompagné de beurre de moelle osseuse, d’un fagot de persil et d’échalotes rôties.

En complément, une assiette de grosses frites assaisonnées d’épices à steak. Malicieuse, madame Tremblay me fait remarquer que les frites d’un autre plat sont annoncées comme « frites maison », et pas celles-ci. Depuis qu’elle a réussi une béarnaise, Madame raille dès que l’occasion se présente.

Je ne vous rapporterai pas son persiflage à propos des deux desserts, un dôme chocolaté et une tarte aux pommes. Je n’irai pas non plus jusqu’à vous recommander de les éviter, mais vous signale quand même qu’il ne s’agit pas du moment le plus jouissif du repas.


Ouvert midi et soir, du mercredi au dimanche. Le repas — deux entrées, deux plats principaux et deux desserts — accompagné de deux verres de chardonnay et d’une excellente bière Willow 1820 a coûté 139 $ avant taxes et pourboire. Mon éminent collègue M. Jean Aubry, docteur ès beaux flacons, semble partager ma perplexité à la lecture des propositions locales de bouteilles : « Pour un amateur de vin, je veux dire pour celui qui en bave de découvrir la perle rare, cette carte laisse sur sa faim. Une carte à mon sens qui mériterait d’être resserrée (et pourquoi pas plus courte ?), mais également un chouïa plus inspirée. »

Les actualités gastronomiques à Montréal

Promesses de fraises… … et de framboises. Demain, les unes et les autres seront là, celles de chez nous qui goûtent le bonheur des jours ensoleillés.
Pour vous aider à vous préparer à ce délicieux rendez-vous annuel, Caroline Dostie, photographe et instigatrice du livre, publie Ah, les fraises et les framboises ! chez Parfum d’encre. 
Cet ouvrage collectif propose une cinquantaine de recettes de salades, d’entrées, de cocktails, de confitures, de sirops ou de sorbets.

Des crêpes au marché Jean-Talon Des crêpes, mais pas n’importe lesquelles ; une quinzaine de propositions, une infinité de combinaisons au choix des clients et surtout un soin méticuleux apporté à la composition de ces gâteries. 
Farines bios et sans gluten venues de Gaspésie, farines de riz brun, de sarrazin, de pois chiches et de gourganes, lait de coco ou de riz pour intolérants au lactose et strictement aucune noix. 
Les œufs viennent d’un petit éleveur voisin qui dorlote ses poules aux grains de lin.

Poissons et fruits de mer à l’ITHQ Notre Institut du tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ) et le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) lancent une initiative de promotion des poissons et fruits de mer du Québec, joliment intitulée Pêchés ici. Mangés ici.
Dans cette optique, du 22 mai au 2 juin prochain, le restaurant de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie propose de profiter de la haute saison de la pêche pour venir déguster les poissons et les fruits de mer de chez nous.

Légendes

★ Je regrette de devoir vous en parler
★★ Pas mauvais, mais on n’est pas obligés de s’y précipiter
★★★ Bonne adresse
★★★★ Très bonne adresse
★★★★★ Adresse exceptionnelle pour la cuisine, le service et le décor

$ Le bonheur pour une vingtaine
$$ Une quarantaine par personne
$$$ Un billet rouge par personne
$$$$ Un billet brun par personne
$$$$$ Le bonheur n’a pas de prix

Auberge Willow Inn

★★★

208, rue Main, Hudson, ☎ 450 458-7006, $$$ 1/2