Comme La Prunelle de vos yeux

Notre premier contact avec La Prunelle était annonciateur de bonnes choses. Elles allèrent au-delà de nos attentes.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Notre premier contact avec La Prunelle était annonciateur de bonnes choses. Elles allèrent au-delà de nos attentes.

De temps à autre, il y a une surprise. On va un peu au hasard dans la liste des maisons à visiter et on tombe sur une vraie belle table, une belle surprise. C’est exactement ce qui est arrivé à La Prunelle.

Mes complices de fourchette et moi devions aller essayer un nouveau restaurant, un petit quelque chose ouvert par une star locale et où nous avions une réservation pour vendredi à 19 h 30. Par pur hasard, à 16 h 30, je découvrais que le petit quelque chose en question n’ouvrirait qu’à la fin du mois de mai. Déception, irritation et autres sentiments que la politesse m’interdit de mentionner ici. Où trouver une table à quelques heures d’avis ? « Bien sûr, Monsieur, nous vous attendons à 19 h 30 et n’oubliez pas que nous sommes un “apportez votre vin”. » Ce premier contact avec La Prunelle était annonciateur de bonnes choses. Elles allèrent au-delà de nos attentes.

Entendons-nous, on parle ici d’un établissement modeste, relativement anonyme, pas d’une de ces adresses branchées et pleines de bruits, médiatiques et autres.

La salle se remplit rapidement et l’ambiance est au bonheur. Le fond musical est d’une discrétion digne de mention. Le service, ponctuel et précis, mérite lui aussi des éloges.

En amuse-bouche, on nous apporte une fine rondelle de radis noir présentée en cornet, débordante de crevettes de Matane, de chair de crabe, une fine tranche de concombre mariné roulée, un peu de « caviar », quelques pétales de rose en copeaux secs et deux ou trois touches de mayonnaise épicée.

Une superbe poêlée de champignons des bois déposés sur une tartine de sarrasin et complétée de quelques copeaux de cheddar Perron 2 ans. Le fond de cuisson était délicieux ; il aurait toutefois gagné à être moins truffé, l’odeur entêtante de l’huile de truffe déclenchant des reniflements intempestifs aux tables voisines, et ce, pendant toute la soirée.

Déposé sur une très belle purée de topinambours, mon pavé de morue d’Islande avait été parfaitement poêlé. Il était accompagné de belles bouchées de betteraves multicolores et entouré de quinoa croustillant saupoudré en pourtour d’assiette.

Mes trois commensaux affamés tombèrent à fourchette que veux-tu dans le boudin, la bavette, le T-bone et les ris de veau. Voulant sans doute impressionner la table voisine, Pierre choisit « une petite salade ».

Ému par une vinaigrette guillerette, il se montrera lui-même guilleret pas mal toute la soirée. Il faut dire que mes amis arrivent toujours très bien équipés lorsque je mentionne que le restaurant est un « apportez votre vin ».

Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Le ris de veau croustillant, accompagné de choux-fleurs et d'oignons verts

Tout en sauçant méticuleusement son assiette, M. Kersauson termine son boudin maison au chorizo, laitue romaine en saumure, crème sûre, betteraves jaunes, oignons marinés. Plus tard, il grommellera un peu en grignotant son bifteck d’aloyau à l’os, alléguant qu’il manquait de ces délicieux choux de Bruxelles annoncés dans la description du plat. La générosité de la sauce au vin rouge le ramènera à de meilleurs sentiments.

Appliqué et esthète de l’abat, Pierre déguste presque religieusement ses ris de veau croustillants, spätzles à la crème d’oursin, chou-fleur et oignons verts, radis mariné, cendres de poireaux. Même application du côté de M. Béarnais avec sa bavette de boeuf de l’Île-du-Prince-Édouard grillée, aligot de pommes de terre au cheddar, girolles, pancetta, petits oignons caramélisés et gremolata.

Mes amis ont été assez gentils et m’ont laissé goûter leurs choix. Je n’en ai que du bien à dire. Agencement, choix des accompagnements, cuissons, présentation, tout était remarquablement préparé.

Même si, généralement, j’attache davantage d’importance au contenu qu’au contenant, je dois dire que toute la vaisselle de cette Prunelle est digne d’intérêt.

Comme toujours quand le travail est aussi bien fait, il faut rendre hommage aux artisans et artistes. Donc, le chef de La Prunelle, absent ce soir-là pour cause de maladie, s’appelle Ilyass El Bourziqui. En cuisine, Maxime et Yacine ont géré avec beaucoup d’aplomb et une jeune fille prénommée Julie a assuré un service plein d’attentions et de bienveillance.

Ouvert tous les soirs dès 17 h 30. Menu dégustation à 49 $ ou choix à la carte.

Actualités gastronomiques à Montréal

L’éclosion dans plusieurs quartiers et à l’échelle de la province de boulangeries artisanales — Automne, Le pain dans les voiles, La bête à pain, Merci la vie (Prévost) — témoigne de l’intérêt du public pour le pain en général et le grain en particulier.

Fort de cette constatation, l’organisme Le goût du grain organise son 3e événement du même nom les 10 et 11 juin au Centre Phi, à Montréal. Le dimanche 10 est ouvert au grand public et le lendemain vise davantage les gens du milieu. Pendant ces deux jours, il y aura un Marché du grain où des exposants vendront leurs produits et parleront de leur travail.

Présentations, tables rondes et dégustations permettront aux amateurs en général d’entrer en contact avec les agriculteurs, meuniers, brasseurs, chefs, boulangers, distillateurs, auteurs et autres intervenants du domaine du pain.

Le dimanche soir aura lieu le traditionnel souper avec chefs invités qui mettront en valeur les grains locaux.

Point de rendez-vous de toute l’industrie agroalimentaire canadienne, le SIAL Canada (le Salon international de l’alimentation en Amérique du Nord) est de retour à Montréal du 2 au 4 mai 2018 pour une 15e édition.

Même si le grand public a un certain accès au salon, il s’agit avant tout d’un rendez-vous incontournable pour toute l’industrie du détail, de la restauration et de la transformation alimentaire. Ainsi le Salon 2018 annonce la présence de plus de 1000 exposants prêts à rencontrer près de 20 000 visiteurs professionnels. L’an dernier, le SIAL affichait une participation de visiteurs professionnels provenant de toutes les provinces du Canada et d’une soixantaine de pays, en hausse de plus de 32 %.

Le mardi 22 mai 2018, de 18 h 30 à 20 h 30, aura lieu l’atelier tant attendu sur l’alimentation locale Oui aux légumes d’ici ! Cette conférence culinaire sur l’alimentation locale, offerte dans le cadre des ateliers « Learn About » du projet Relax ton mind, sera présentée par deux chefs végétaliens de renom, Andrew Perron et Macha Imbault, ainsi que leurs invités spéciaux, dont La shop à légumes, Croque Paysage et Laucolo.

Cet événement regroupera conférences, dégustations et exposants. Les maraîchers biologiques présenteront l’abondance de notre terroir qui offre variété, fraîcheur et saveurs. Une soirée festive et colorée pour accueillir la saison des récoltes québécoises.

Légendes

★ Je regrette de devoir vous en parler
★★ Pas mauvais, mais on n’est pas obligés de s’y précipiter
★★★ Bonne adresse
★★★★ Très bonne adresse
★★★★★ Adresse exceptionnelle pour la cuisine, le service et le décor

$ Le bonheur pour une vingtaine
$$ Une quarantaine par personne
$$$ Un billet rouge par personne
$$$$ Un billet brun par personne
$$$$$ Le bonheur n’a pas de prix

La Prunelle

★★★

327, avenue Duluth Est, Montréal, ☎  514 849-8403, $$$