Le temps d’un Momento

Perché sur les hauteurs de Sainte-Foy, le Momento offre une jolie vue sur le parc des Laurentides.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Perché sur les hauteurs de Sainte-Foy, le Momento offre une jolie vue sur le parc des Laurentides.

Si l’heure n’est pas encore aux terrasses, l’escapade, en ce beau mois de mars, est tout de même choisie pour le panorama qu’elle procure. Perché sur les hauteurs de Sainte-Foy, le Momento offre en effet une jolie vue sur le parc des Laurentides. Ce n’est pas le Piémont, mais on s’en accommodera fort bien.

D’abord étonnés d’y découvrir autant de monde un mercredi soir, nous en saisissons bien vite la raison. Comme ce resto italien est situé à deux pas de la salle Albert-Rousseau, la majeure partie de sa clientèle se rend ensuite au spectacle.

Le préambule gourmand est vite choisi. J’ai envie d’escargots et Dave opte pour un carpaccio. La demi-bouteille de Iove Umberto Cesari, un rouge bien délié grâce à l’association sangiovese-merlot, accompagnera l’attente, au demeurant fort courte.

Les fines tranches de filet de boeuf cru, ponctuées de vinaigrette pimentée et de copeaux de parmesan, et coiffées de quelques frisettes de mesclun, plaisent grandement à mon homme. Il faut dire que cette préparation est la meilleure manière d’apprécier la finesse d’une viande, bien davantage que les tartares, où la multiplication des ingrédients vinaigrés ou acidulés camoufle bien souvent les sucs naturels. Le carpaccio est ici parfaitement équilibré.

Une subtilité équivalente caractérise mon mitonné d’escargots à la crème d’ail doux, servi avec des noix de pin, des micropousses et une rosette de pancetta. L’ail est superbement dosé, parfumant la sauce sans tout envahir. La texture de ma demi-douzaine de gastropodes est exactement comme il se doit. L’ensemble, vous l’aurez compris, est très plaisant en bouche.

Distribution principale

Bien que le restaurant soit bondé, le personnel a la situation bien en main : le service est preste mais léger et, semble-t-il, réglé au quart de tour. Comme un ballet.

C’est donc après un très court délai que la suite du programme se met en place. J’avais hésité entre les différentes propositions d’escalope de veau : la version alla Romana se présente sous forme de fines tranches de viande surmontées d’un peu de prosciutto et de fromage gratiné. L’ensemble est nappé d’une sauce goûteuse et bien équilibrée par rapport à la salinité générale du plat.

Le jarret d’agneau, dans sa sauce tomate-citron-thym, s’avère tendre et délicat. Si délicat, en fait, que mon comparse, dont les papilles sont peut-être encore saturées par la salinité du parmesan, le trouve même un peu fade. Quelques bouchées plus tard, il se ravise et file un bonheur parfait.

Les acteurs de soutien

Il m’est déjà arrivé, dans cette tribune, de déplorer que plusieurs plats d’une carte aient exactement les mêmes accompagnements. C’est le cas ici, alors que veau et agneau paissent aux mêmes pâturages. S’ils sont bien réussis en soi, la purée de carottes, la bouquetière de légumes et les linguines au beurre ne s’accordent pas aussi bien avec tout. La purée, par exemple, serait avantageusement remplacée par des haricots verts pour accompagner le veau. Mais ce n’est pas véritablement une fausse note, tout au plus un léger couac dans l’harmonie générale.

Saluts et applaudissements

Quelle sera la conclusion du dernier acte ? Les profiteroles au chocolat chaud sont un peu comme les trois ténors : c’est une surenchère d’effets qui peut surprendre une personne non avertie !

Vaillamment, mon homme attaque sans fourchette fléchir les trois choux à la texture feuilletée mais ferme, parfaite pour recevoir l’excellente sauce chocolatée. Appétits d’oiseaux, abstenez-vous ou partagez votre plaisir.

Je l’avoue, j’avais lorgné la pizza aux pommes caramélisées avec glace italienne à la vanille (juste cette définition… ouh là), mais n’ayant plus réellement faim, j’ai opté pour le Royal truffé.

Je suis ravie par ce dessert triangulaire, constitué d’un étage noisetté à la texture finement craquante surmonté d’un autre étage de mousse au chocolat bien légère. En finale, je préfère décidément le délicat tintement du triangle au fracas des tambours !

Les plus : belle maîtrise des plats, ambiance agréable, service où l’efficacité n’occulte aucunement la courtoisie.

Les moins : un degré supplémentaire de raffinement (serviettes de tissu, beurre maison, tisanes haut de gamme) justifierait davantage le prix total.

Coût pour deux, nourriture seulement, avant taxes : 100 $.

Coût total pour deux (incluant alcool, taxes et service) : 169 $.

Actualités gastronomiques à Québec

L’Expo Manger Santé, avec ses centaines d’exposants et de conférences, se tient au Centre des congrès les 17 et 18 mars.

La Taverne Louise Bar à vins ouvre officiellement ses portes cette semaine dans le secteur portuaire à Québec.

Le 20 mars, le festival gourmand Québec Exquis ! dévoilera sa programmation 2018. Cette année, les vins du Languedoc sont à l’honneur.

Le 22 mars, le consulat général de France à Québec propose une soirée exceptionnelle unissant produits locaux et gastronomie française, avec le chef Maxime Moreau et le restaurateur Claude Zarié.

Le restaurant Ophélia, situé au lieu même où vécu le peintre Jean-Paul Lemieux, lui rend hommage par l’entremise des pinceaux de l’artiste Jean Gaudreau. Art et gastronomie se rencontrent.

Le Festival des vins de Californie se tiendra le 16 avril. Plus de 90 producteurs sur place. Le volet gastronomique sera assuré par la brigade du chef Joseph Sarrazin, du 47e Parallèle.  

Légendes

★ Je regrette de devoir vous en parler
★★ Pas mauvais, mais on n’est pas obligés de s’y précipiter
★★★ Bonne adresse
★★★★ Très bonne adresse
★★★★★ Adresse exceptionnelle pour la cuisine, le service et le décor

$ Le bonheur pour une vingtaine
$$ Une quarantaine par personne
$$$ Un billet rouge par personne
$$$$ Un billet brun par personne
$$$$$ Le bonheur n’a pas de prix

Momento Ristorante

★★★★

2480, chemin Sainte-Foy, Québec, 418 652-2480, $$$ 1/2