Le Métropolitain Eddie Sushi Bar : une belle rencontre entre l'Occident et l'Orient

Le Métropolitain Eddie Sushi Bar est un très bon choix pour les adeptes de la cuisine japonaise qui veulent s’offrir une belle sortie : cadre très agréable, mets et présentation soignés, excellent service.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Le Métropolitain Eddie Sushi Bar est un très bon choix pour les adeptes de la cuisine japonaise qui veulent s’offrir une belle sortie : cadre très agréable, mets et présentation soignés, excellent service.

C’est lors de cette période joliment baptisée Belle Époque que le bon goût et l’esthétisme ont repris leurs droits, après les jours sombres de l’époque industrielle. S’inspirant abondamment des cultures asiatiques, l’Occident a inventé l’Art déco et réinventé les arts de la table.

Cette image s’impose d’emblée à mon esprit lorsque j’entre dans le restaurant Métropolitain Eddie Sushi Bar par un beau soir de janvier. Peut-être est-ce dû à l’intégration d’éléments japonais à l’architecture victorienne du bâtiment ? Ou bien à son nom, qui évoque bien sûr le célèbre métro parisien inauguré en 1900 ?

Afin d’amorcer dignement cette incursion gastronomique, Dave et moi choisissons la soupe won-ton, dont le bouillon de volaille équilibré et savoureux nous permet de nous réchauffer (la salle à dîner est un peu frisquette, surtout près des fenêtres), puis nous enchaînons avec quelques entrées. Légère déception, l’oursin n’est pas disponible, mais on s’en remettra.

Sobriété du décor

Ma salade est composée de vermicelles de carottes et de betteraves, déposés sur un lit de laitue, et de morceaux de concombre. À ma demande, on y a ajouté une petite part de wakame, car je suis friande de ces algues d’un beau vert vif.

Optant pour la version un peu plus riche de la « salade », mon invité se régale de yasai, des légumes frais dont la texture croquante n’a pas été altérée par la panure tempura.

Le Sentiers du Sud, un sauvignon blanc 2015 du Pays d’Oc en importation privée, s’accorde remarquablement bien à mes sushis tobiko (aux oeufs de poisson volant), mais aussi à mes ikura (aux oeufs de saumon). Belle rencontre entre l’Occident et l’Orient.

Décidément, la sobriété du décor me plaît : les poutres sont mises en valeur (et, oserais-je dire, « orientalisées ») par un badigeon foncé qui contraste agréablement avec les murs crème. L’éclairage délicat met en valeur le contenu des assiettes.

Tout au fond de la salle à manger trône le comptoir où l’on peut apprécier l’artiste en sushis à l’oeuvre. Seule note discordante, la musique américaine rompt le charme, là où une ambiance de flûte sakura aurait parfaitement convenu. Mais bon… L’Occident rencontre l’Orient, disons-nous !

Des bateaux et autres transports

Parlons sushis. C’est fascinant de constater qu’il n’a fallu qu’une quinzaine d’années pour qu’ils intègrent nos habitudes et deviennent omniprésents au Québec. Cela n’aurait pas été possible auparavant.

Il y avait bien sûr une question culturelle (manger du poisson cru ne faisait pas partie des moeurs alimentaires ici), mais aussi une question d’approvisionnement.

Mais oui, songez-y un instant : pour les gens qui vivent loin des côtes, manger du poisson ultrafrais nécessite un système de transport irréprochable. Malgré ses défauts, nous vivons nous aussi une belle époque.

Le menu proposait quelques versions de love boat — j’en profite pour suggérer une autre appellation : pourquoi pas « Jonque de l’amour » ? — et mon invité a choisi le petit, destiné à un seul gourmet. On lui apporte un joli bateau de bois laqué comportant un assortiment de 12 makis, nigiris et sushis, ainsi qu’une belle part de thon rouge Blue Fin flambé à la sauce sésame teriyaki. La composition est aussi flatteuse à l’oeil qu’au palais.

Ma boîte Bento n’est pas moins bien garnie : avec son mélange de pétoncles et crevettes, sa petite salade, son tofu tempura, son saumon laqué teriyaki et son hémisphère de riz au jasmin, elle me comble totalement.

Le mélange de fruits de mer est particulièrement réussi.

Je n’ai plus suffisamment faim pour un dessert. Je me contente de tester la petite glace aux fruits qui surmonte le gâteau marbré au chocolat, commandé par Dave. Parsemé de flocons de sucre, c’est du plus joli effet sur l’assiette foncée.

Habitude oblige, l’étonnement gastronomique est plus rare de nos jours. Ce n’était certes pas aussi dépaysant qu’un voyage sur le mythique Orient Express, mais c’était une fort belle expédition.

Les plus.Un très bon choix pour les adeptes de la cuisine japonaise qui veulent s’offrir une belle sortie : cadre très agréable, mets et présentation soignés, excellent service.

Les moins.Au moment de notre visite, il faisait plutôt froid dans la salle à manger. Aussi, le choix de la musique serait vraiment à revoir : jouer la touche japonaise jusqu’au bout serait plus agréable.

Coût du repas pour deux, sans alcool, avant taxes : 114 $.

Coût du repas pour deux incluant alcool, taxes et service : 190 $.



Légendes
★ Je regrette de devoir vous en parler
★★ Pas mauvais, mais on n’est pas obligés de s’y précipiter
★★★ Bonne adresse
★★★★ Très bonne adresse
★★★★★ Adresse exceptionnelle pour la cuisine, le service et le décor

$ Le bonheur pour une vingtaine
$$ Une quarantaine par personne
$$$ Un billet rouge par personne
$$$$ Un billet brun par personne
$$$$$ Le bonheur n’a pas de prix

Métropolitain Eddie Sushi Bar

★★★ 1/2

1188, avenue Cartier, Québec, 418 649-1096. eddiesushi.com, $$$$