Manger simplement, à deux pas de la porte Saint-Jean à Québec

Le secteur Saint-Jean-Baptiste est l’un des plus anciens de Québec. C’est là que se trouve le restaurant Sapristi.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Le secteur Saint-Jean-Baptiste est l’un des plus anciens de Québec. C’est là que se trouve le restaurant Sapristi.

Le secteur Saint-Jean-Baptiste est l’un des plus anciens de Québec. Si plusieurs incendies, reconstructions et décisions d’urbanisme l’ont transformé au fil du temps, le marcheur qui s’y promène ressent, encore aujourd’hui, le poids de l’histoire qui émane des vieilles pierres.

Ce supplément d’âme, ce charme suranné se communique naturellement aux commerces et restaurants qui y ont pignon sur rue. C’est « l’atout Saint-Jean », en quelque sorte !

Parmi les premiers restos à tomber dans l’oeil quand on franchit la porte Saint-Jean, le Sapristi ne fait pas exception : il présente cette chaleur caractéristique dès le seuil.

Notre quintette (on sort en famille, ce soir) est très bien accueilli et attablé avec célérité dans un coin stratégique d’où nous voyons presque tout le resto.

Bienvenue en bistronomie

 

Au premier abord, le menu du Sapristi à de quoi plaire à bien des mangeurs puisqu’on demeure résolument dans un registre rassurant : salades, pizzas, pâtes, quelques grillades en constituent l’essentiel, sans oublier ces incontournables de la bistronomie que sont les nachos et les tartares. Nous débuterons par quelques entrées.

Mon gravlax me cause un léger désappointement. S’apparentant à du simple saumon fumé, je ne décèle pas beaucoup de finesse dans ce poisson où domine la saveur salée. La crème sure légèrement moutardée et les brins d’aneth ne parviennent pas à distraire de ce sel trop présent. C’est dommage.

Ça se présente sous un jour plus favorable de l’autre côté de la table. Les arancinis choisis par Dave sont constitués d’un mélange de riz, de lardons et de légumes, le tout passé en panure qui confère ce croustillant attendu.

Un coulis de tomate relevé et légèrement sucré accompagne les trois croquettes. Nettement mieux réussi, de l’avis général, tout comme les « doigts » de mozzarella — car, oui, vous avez affaire à un panel de cinq critiques cette fois ! Le frit l’emporte donc sur le cru pour ce premier round.

Les adultes ont opté pour des pizzas, les enfants pour des pâtes.

 

Après un délai appréciablement court, la serveuse dépose devant moi la Fantasia. La portion est parfaite.

Avec sa sauce tomate, son prosciutto, son parmesan et sa mozzarina, le disque parsemé de roquette fraîche s’avère savoureux. Très savoureux. Et… très salé. Après une moitié, j’en ai assez. Même chose pour mon conjoint, que la Carnivore est parvenue à saturer avant la fin.

Une de mes filles a choisi les pâtes San Francisco : on parle ici de farfalles en sauce crémeuse au parmesan, généreusement garnis de poulet rôti, de poireau, de champignons, de tomates séchées et de noix de pin.

Si les premières bouchées sont excellentes, on se lasse de ces ingrédients noyés dans une sauce épaisse et, ici encore, trop abondamment salée. Le diagnostic se vérifie aussi du côté des spaghettis carbonara…

Une toquade

 

Après toute cette salinité, une touche de douceur semble s’imposer. Eh bien, devinez quoi !

Lorsqu’un dessert est si sucré qu’il parvient même à étonner un enfant, il y a lieu de se poser des questions.

C’est le cas des tartelettes aux pacanes commandées par Eugénie et Édouard et qui, après quelques fourchettées, sont cédées au beau-père… qui, tout amateur de dessert qu’il soit, déclare forfait à son tour.

Une de mes amies originaire de Baie-Comeau emploie une expression pour décrire ce phénomène de saturation des papilles et de l’estomac : c’est « toquant ».

Il faut admettre que, par le sel d’abord, par le sucre ensuite, presque tous les mets du repas sont tombés dans cet excès.

C’est fort dommage puisque la qualité et la fraîcheur des ingrédients étaient pourtant au rendez-vous. L’ensemble n’était pas mauvais, non. C’était juste, voilà… toquant.


Restaurant Sapristi

1001, rue Saint-Jean, Québec. ☎ 418 692-2030
Autour de 30 $ par personne, incluant l’alcool.

 

Les plus : l’ambiance est franchement sympathique et le service, excellent : notre serveuse a été souriante, affable et efficace du début à la fin. Les portions sont idéales.

Les moins : il faudrait vraiment travailler la finesse des plats : l’excès de sel et de sucre sature les papilles… au point de masquer la présence des autres saveurs. Mais l’espoir est permis.

Coût du repas pour deux, sans alcool, avant taxes : 66 $.

Coût du repas pour cinq, incluant taxes et service : 167 $.

 

Légende

★ Je regrette de devoir vous en parler
★★ Pas mauvais, mais on n’est pas obligés de s’y précipiter
★★★ Bonne adresse
★★★★ Très bonne adresse
★★★★★ Adresse exceptionnelle pour la cuisine, le service et le décor

$ Le bonheur pour une vingtaine
$$ Une quarantaine par personne
$$$ Un billet rouge par personne
$$$$ Un billet brun par personne
$$$$$ Le bonheur n’a pas de prix

Restaurant Sapristi

★★ 1/2

1001, rue Saint-Jean, Québec. 418 692-2030. $ 1/2

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