Sortie sensorielle au District Saint-Joseph

L’endroit s’affiche comme une antre joyeusement éclectique qui, outre sa fonction de restaurant, sert aussi à présenter des spectacles, conférences et événements de tout acabit.
Photo: Francis Vachon Le Devoir L’endroit s’affiche comme une antre joyeusement éclectique qui, outre sa fonction de restaurant, sert aussi à présenter des spectacles, conférences et événements de tout acabit.

J’aime beaucoup Saint-Roch, l’un des plus anciens faubourgs de la ville de Québec. Habitants, marchands, brasseurs et ouvriers se sont installés successivement aux abords de la rivière Saint-Charles, donnant naissance à ce qui est devenu l’un des quartiers les plus populeux de Québec. La rue Saint-Joseph a d’ailleurs été une importante artère marchande du centre-ville jusqu’aux années 1960.

C’est dans ce secteur chargé d’histoire, jouxtant l’Impérial Bell avec sa jolie façade évoquant l’époque du cinéma muet, que se trouve le District Saint-Joseph. J’ai choisi de m’y rendre en compagnie de mon père qui, tout comme moi, aime les bonnes tables.

L’appel de la belle saison

La table du District est un heureux mélange d’influences. En hommage, peut-être, au marché public qui se tenait autrefois à quelques enjambées de là, le menu créé par Sébastien « Seb » Laframboise repose sur les arrivages de saison ainsi que de nombreux produits locaux. Le poisson et la viande passés au fumoir sont également à l’honneur.

Le chef s’est aussi laissé inspirer par le bourbon, présenté comme l’alcool vedette du District Saint-Joseph : la carte propose notamment la poutine brisket et un alléchant flanc de porc laqué à l’érable et bourbon. Quand on y songe, il est vrai que l’endroit a un petit quelque chose de Bourbon Street et de l’atmosphère décontractée de La Nouvelle-Orléans… De quoi se laisser séduire. Mais pour un repas du midi, nous porterons nos choix sur quelque chose de plus léger. Du poisson, tiens.

En harmonie avec le passé brassicole du secteur, mon invité et moi optons pour une bière bien fraîche. Mais j’avoue avoir été tentée, l’espace d’un instant, par le cocktail baptisé du nom déconcertant « Ourson » et réalisé à base d’ingrédients non moins déconcertants : marmelade à la pêche, citron, sucre, blanc d’oeuf, angustura et… bourbon !

Carrefour d’influences

En attendant nos plats, nous détaillons les environs. Avec ses abat-jour géants faits de pochettes de disques 33 tours, ses plantes vertes surplombant la salle à manger, ses conduits de ventilation et ses statuettes passées à la dorure, ses estrades en degrés, l’endroit s’affiche comme un antre joyeusement éclectique. Outre sa fonction de restaurant, on y présente d’ailleurs des spectacles, conférences et événements de tout acabit, comme le récent FailCamp. Une idée à retenir… Mais pour l’heure, nous y sommes pour manger !

Nous débutons avec un velouté de carottes au lait de coco. Profitons de la fraîcheur du printemps pour déguster des soupes, avant que les chaleurs estivales ne nous en fassent passer l’envie. La présentation fait honneur au contenu. Le potage crémeux et parfumé, parsemé d’un croustillant crumble au bacon, est servi dans un joli bol de céramique à l’ancienne. J’apprécie particulièrement le contraste des saveurs et des textures.

Le repas se poursuit avec le maquereau en escabèche, légumes racines rôtis, pousses de verdure et jus clair. La chair du poisson est parfaite, pas trop cuite mais se défaisant aisément. Les légumes ont été rôtis avec soin, ce qui en rehausse la saveur naturelle légèrement sucrée.

Puisque nous avons pris le même plat (tel père, telle fille), je me permettrai d’évoquer celui choisi par la compagne de mon paternel, en l’occurrence une salade de gravlax de saumon servie avec oeuf mollet, légumes et croûtons. Un fugace instant, j’éprouve un petit regret en entrevoyant l’appétissant saumon… Mais mon maquereau est excellent, donc je suis vite consolée.

L’enfance en kaléidoscope

Les desserts, « faits maison… par des humains ! » précise-t-on avec humour dans le menu, semblent bien attrayants. Pour accompagner nos boissons chaudes, un thé vert « perles du dragon »parfumé au jasmin pour moi et un espresso pour mon père, nous optons (d’un commun accord, encore une fois) pour les brownies avec pacanes grillées, coulis caramélisé, glace maison à la vanille et maïs éclaté au caramel.

Vous savez ce qui m’incite à affirmer qu’un mets est réussi ? C’est lorsqu’il fait surgir spontanément un kaléidoscope d’images sensorielles. Un goût d’enfance, les doigts collants de crème glacée. Des images de fête foraine. Le moelleux du gâteau d’anniversaire de mes neuf ans. Des réminiscences de ces indolents après-midi d’été d’adolescence passés à flâner en vidant un sachet de Cracker Jack… jusqu’aux grains non éclatés dans le fond. Quand une bouchée est une fenêtre ouverte sur les souvenirs, je suis conquise. J’ai envie d’étendre les bras et d’étreindre la rue Saint-Joseph au grand complet.

District Saint-Joseph

240, rue Saint-Joseph Est
Québec
(418) 717-0240

Les plus : Un menu bien maîtrisé, savoureux, à prix raisonnable et dans une ambiance vive et animée, que demander de mieux ?

 

Les moins : Une personne végétarienne aura moins de plaisir dans ce restaurant, puisque les poissons et viandes fumées, marinées et grillées sont à l’honneur.

 

Coût du repas pour deux, nourriture seulement : 48 $.

 

Coût total du repas pour deux, incluant alcool, taxes et service : 82 $.