Bombance à l’asiatique

Puisque tout est servi en miniformat au Sushi Samurai de Québec, c’est le moment d’essayer de nombreux mets.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Puisque tout est servi en miniformat au Sushi Samurai de Québec, c’est le moment d’essayer de nombreux mets.

Depuis la fin de l’été, un curieux établissement a ouvert ses portes rue Saint-Paul, à Québec. Un resto au nom évocateur. Ah… une autre place à sushis, me suis-je dit lorsque je suis passée devant.

Mais l’un de mes bons amis, qui s’y est risqué, a été tout simplement renversé et m’a fait part de sa découverte. Un lieu « à volonté » mais avec service aux tables ? Un restaurant de sushis mais qui propose beaucoup, beaucoup plus que cela ? Ma curiosité était piquée.

Avec trois autres personnes, dont l’ami en question, nous voici attablés en cette belle soirée d’octobre. Nous irons plus tard déambuler dans le secteur de la Maison de la littérature, qui vient d’ouvrir en grande pompe. Mais, pour l’heure, nous avons faim !

Le rouge et le noir

Le décor est sobre, avec une dominante de rouge, de noir et de blanc, et agrémenté de reproductions d’estampes japonaises de la période Edo, dont la Grande vague de Kanagawa et diverses vues du mont Fuji. De petites oeuvres laquées, des sculptures, des katana et des poupées de geishas contribuent aussi à plonger les mangeurs dans l’univers des samurais.

Mais la véritable vedette est le menu. On trouve bien exactement 159 choix sur la carte, incluant les entrées, les nigiris, les teppanyakis et les quatre variétés de crème glacée ! Puisque tout est servi en miniformat, c’est indubitablement le moment d’essayer de nombreux mets. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait. Dans cette pléthore, voici mes sept coups de coeur.

Les sept perles de mon assiette

Les soupes miso ont tendance à me décevoir lorsqu’elles se font trop rigoureusement zen et épurées… Au Sushi Samurai, la miso est généreuse, tout en respectant les codes : chaque cuillerée du savoureux bouillon comporte un peu de wakame ou de tofu. Une excellente entrée en matière.

Les nigiris à l’anguille fumée BBQ, avec trait de sauce sucrée au sésame, conquièrent d’emblée toute notre tablée. Qui en commande à deux autres reprises — oui, nous avons pleinement profité du système « à volonté » ! Qui eût dit que l’anguille pouvait être aussi savoureuse ainsi apprêtée ?

Rien de tel qu’un sashimi pour révéler la qualité des denrées utilisées dans un resto de sushis, puisque le poisson est présenté dans sa plus simple expression, humblement et sans artifice.

Ici, la part de saumon est d’une irréprochable fraîcheur et d’une abondance inattendue, se faisant plus imposante que le monticule de riz sur lequel elle est déposée.

Ne soyez pas effarouchés par les cornets. En commandant celui à la crevette tempura, je m’attendais à répandre du riz partout.

Or, présenté dans un petit cornet de nori légèrement croustillant, il m’a très agréablement surprise par la facilité avec laquelle on peut le savourer très proprement. On en propose 20 variétés.

Je découvre avec bonheur les moules grillées. C’est une variété particulièrement grosse qu’on a simplement passée au gril très chaud avec quelques flocons d’algues et, pour la variante épicée, un peu de sauce au piment. Goûteux et de texture agréable.

Les boules de pieuvre, petites sphères de chair de pieuvre passées en friture légère, constituent une agréable manière de présenter l’octopode. J’aime bien. Et je constate que les deux enfants de la table d’à côté s’en régalent joyeusement.

Ce n’est pas tout le monde qui apprécie les sushis. Ceux que le poisson cru n’attire pas, sachez que le poulet Tao est tout simplement le meilleur — et de loin — que j’ai eu l’occasion de découvrir dans la dernière année. Croustillant à l’extérieur, avec une sauce où le gingembre chante avec le miel et les épices…

Derniers katas

Aux fins de cette chronique, j’ai mis l’accent sur quelques-uns seulement des mets dégustés ce soir-là. Mais tenez pour acquis que tout ce qui a été goûté fut trouvé très bon ou excellent. Et si j’en crois les convives aux tables avoisinantes, ce verdict est largement partagé.

À noter que, lors de notre passage, l’alcool n’était pas encore autorisé — ni en vente sur place, ni en formule « Apportez votre vin » — puisque le permis est en instance d’approbation. Mais, croyez-moi, ce ne fut pas un obstacle au plaisir gourmand.

Pour finir, n’oubliez pas de demander le thé : on ne vous l’offrira pas nécessairement d’emblée… et puisque vous aurez vraisemblablement dépassé le stade du hara hachi bun me (ce précepte confucéen préconisant d’arrêter de manger à 80 % de satiété), le chaud liquide vous fera le plus grand bien !

Sushi Samurai
337, rue Saint-Paul
Québec
581 742-5688

Les plus. Une bombance à prix plus que raisonnable : saveur, fraîcheur et jolie présentation de tous les plats. Yeux, papilles et portefeuille n’en reviennent pas.
 
Les moins. Dès que le nombre de convives dépasse quatre personnes, il devient difficile de s’y retrouver dans les commandes puisque tout est apporté au centre de la table.
 
Coût par personne, le midi : 17 $ adultes, 15 $ aînés, 14 $ enfants, et gratuit pour les bambins.
 
Coût par personne, le soir : 25 $ adultes, 22 $ aînés, 17 $ enfants.
 
Coût par personne, la fin de semaine : 28 $ adultes, 25 $ aînés, 17 $ enfants.
 
Coût total de notre repas pour deux, incluant taxes et service : 74 $.