Une cuisine qui a du front tout le tour de la tête!

Les Sales Gosses propose gamineries et jeux culinaires.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Les Sales Gosses propose gamineries et jeux culinaires.

J’aime la bonne chère (qui en doutait encore ?) et je m’efforce de transmettre cette passion à ma progéniture. C’est en compagnie de la plus jeune de mes trois enfants que je me suis rendue chez Les Sales Gosses, ce sympathique resto situé en basse-ville, sur Saint-Joseph Est. Dépassé l’église Saint-Roch. À deux pas du « gros magasin de jouets avec la grenouille verte ». Oui, voilà, vous avez saisi. On baigne dans la thématique de l’enfance.

Nous sommes accueillies de manière très cordiale par l’un des « sales gosses » en personne, Jeff Pettigrew, copropriétaire et sommelier. Il est tôt, c’est mardi, aussi avons-nous largement le choix de l’emplacement.

L’enfance de l’art

Eugénie étudie le menu avec sérieux puis opte pour le foie gras au torchon, un choix que Jeff s’empresse de féliciter, amusé. Après une microhésitation, je me décide pour le tartare du moment, mettant en vedette le bison. On me conseille d’arroser le tout d’un Faugères Champs-Pentus de Frédéric Broucas, un rouge gorgé du soleil du Languedoc-Roussillon, en importation privée, tandis que mademoiselle a droit à un beau cocktail sans alcool où domine le jus de framboise, avec feuilles de menthe et tranche de citron.

Pour patienter, nous avons droit à un assortiment de trois pains (blanc, aux noix et aux olives noires), du beurre régulier, du beurre aux champignons et un peu de fleur de sel. On doit refréner l’envie de tout engloutir… ce serait mal avisé, avec la suite prometteuse qui s’en vient !

Vache, cochons, couvée

Voici les entrées. Dans mon assiette immaculée m’attendent trois parts de tartare de bison préparé au couteau et agrémenté de lardons croustillants, de moutarde de Meaux, d’oignon rouge émincé et d’huile de truffe. Quelques micropousses et une biscotte finalisent le tout.

Si elle se montre gastronome à ses heures, ma fille n’est pas très portée vers le cru, alors j’ai le plaisir (pas coupable du tout !) de me régaler sans devoir partager. L’assaisonnement me semble parfaitement équilibré ; l’autre « sale gosse », le cuisinier et copropriétaire Patrick Simon, a habilement évité de trop moutarder la viande. Mon bison a tout l’espace voulu pour… gambader !

Ma jeune invitée devra en revanche consentir à partager son entrée avec maman. Elle a eu du flair : le foie gras au torchon fond dans la bouche. Pour vrai. Enrobé d’une fine croûte de pistache, il est garni d’un chutney de fruits légèrement acidulé qui répond bien à la dominante salée. La petite part de brioche maison disparaît rapidement, grâce aux bons soins de mon apprentie épicurienne.

Heureusement, les portions en entrée étaient équilibrées de telle manière que les plats principaux sont accueillis avec enthousiasme. Les raviolis d’Eugénie s’avèrent délicieux. Il s’agit d’ailleurs d’un « plat chouchou » qui sera conservé lors de la refonte prochaine du menu des Sales Gosses. On comprend pourquoi lorsque la fourchette entame l’une des pâtes farcies de flan de sanglier braisé. Goûteux, vous dites ? Mieux que cela. Les bouquets de chou-fleur rôtis, la sauce périgourdine et le chutney de dattes sont de parfaits acolytes gastronomiques. J’admets cependant être moins convaincue par la purée de carottes, dont la texture très (trop) lisse évoque irrésistiblement les préparations destinées aux… très jeunes gosses. Mais cela ne suffit pas à gâcher le plat, tant s’en faut.

C’est alors que survient un phénomène qui sera familier à de nombreux parents. En choisissant le plat de pintade, je me doutais qu’il serait au goût d’Eugénie. Or, une bouchée de cette volaille grillée à point et juteuse, avec son accompagnement de purée de pommes de terre au « beurre noisette » et sa délicate sauce au vin blanc, a à ce point ravi ma benjamine que je me retrouve à lui proposer un échange d’assiettes. Proposition acceptée avec un empressement gourmand. Je dis donc adieu aux blancs, aux fondantes patates, aux rabioles, au daikon. Voyez jusqu’où va le dévouement parental, n’est-ce pas ? Mais je ne suis pas lésée pour autant, les raviolis susmentionnés étant succulents.

Quant au verre de Les Fiefs d’Aupenac 2013 Saint-Chinian suggéré par Jeff, eh bien, il devra s’y faire : au lieu de voleter gracieusement avec la pintade, il galopera comme il le peut aux côtés du sanglier ! Les joies de cette sortie valent bien ce léger ajustement.

La fée Dragée

Le bedon bien rempli, l’enthousiasme de la fourchette faiblit. Mais tout de même pas au point de renoncer complètement à l’appétissante offre sucrée. L’assiette « Un peu de tout » sera un compromis de choix… à partager. Nous saluons avec bonheur les jolis desserts en format bouchées : ici, le gâteau financier à la banane avec sa mousse du même fruit et son accompagnement de nougatine, là, une tartelette au citron sur sablé breton, coiffée d’une meringue italienne, là encore, un éclair pomme et érable avec ses pacanes caramélisées… et, pour rafraîchir le tout, une minipart de glace au chocolat et une autre de sorbet à la framboise. Idéal pour clore cette escapade gastronomique mère-fille !

Les Sales Gosses

620, rue Saint-Joseph Est
Québec
418 522-5501

 

Les plus : Un service personnalisé et chaleureux, une cuisine savoureuse qui combine avec bonheur des ingrédients de haute qualité, pour le plus grand plaisir des petits… et grands gosses !

 

Les moins : La musique lounge très quelconque, mille fois entendue… dont au moins deux fois au cours du même repas de deux heures.

 

Nourriture seulement, avant taxes, pour deux : 119 $

 

Repas incluant alcool, taxes et service, pour deux : 160 $

 


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