Emprunter le sentier vers l’Extrême-Orient

Le décor met en valeur une belle utilisation des matières naturelles, comme le bois, le bambou et les plantes ornementales.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Le décor met en valeur une belle utilisation des matières naturelles, comme le bois, le bambou et les plantes ornementales.

Ma curiosité pour l’Extrême-Orient ne date pas d’hier. Je me souviens qu’au mitan de l’adolescence, j’avais découvert avec délices les romans touffus et complexes de James Clavel : Taï-Pan, La noble maison et, bien sûr, Shogun. J’en avais gardé une profonde impression. Ce n’est que bien des années plus tard que j’ai eu le plaisir de visionner la télésérie Shogun, diffusée à l’origine en 1980, avec l’inoubliable Richard Chamberlain dans le rôle principal. Bref, la simple évocation de ce nom faisait vibrer en moi une corde sensible, aussi l’idée d’aller découvrir la cuisine du Shogun allait-elle de soi. Je décide donc de m’y rendre en compagnie de mon amoureux — japonophile avoué — et d’une amie.

L’Épreuve du feu

Nous y entrons et sommes immédiatement dirigés vers notre table. Affamés, nous fixons rapidement notre choix puis prenons le temps d’observer les lieux en entamant la bouteille de La Pêche Mignonne Sélection Chartier achetée in extremis avant d’arriver.

Le décor est sobre, avec une belle utilisation des matières naturelles, comme le bois, le bambou et les plantes ornementales. Des touches de rouge et un éclairage par petites touches réchauffent l’atmosphère, au demeurant plutôt zen.

Précisons que le restaurant Shogun a pignon sur rue dans le quartier Saint-Sauveur depuis longtemps déjà. Lourdement endommagé par un incendie en février 2013, l’établissement a heureusement été reconstruit et revampé.

Ayant choisi de débuter par une soupe, nous dégustons le miso, ce classique bouillon à base de soya, de cubes de tofu et d’algues. À la mienne s’ajoutent des fruits de mer frais puisque j’ai opté pour la variante maritime. Une heureuse addition : le goût légèrement iodé me plaît beaucoup. Par contre, je n’apprécie guère les champignons shiitake un peu trop présents.

La Voie du crabe

Après une courte attente, le serveur nous apporte la suite. Plutôt que des plats principaux, Dave et moi avons décidé de commander plusieurs hors-d’oeuvre. Devant moi trônent donc deux assiettes. J’attaque celle comportant trois crevettes géantes tempura et quelques morceaux de légumes également panés. Les crustacés sont très à mon goût… mais des légumes vapeur plutôt que frits auraient davantage flatté mon palais.

Ma seconde assiette compensera un peu pour cet excès de panure. Coquettement baptisée Spiderman, elle consiste en une belle salade de verdurettes et de fraises fraîches surmontées de morceaux de crabe à carapace molle légèrement pané. Un peu de caviar rouge et de vinaigrette au gingembre complètent l’ensemble. L’équilibre est parfait et je me régale !

Mon invité n’est pas en reste avec ses rouleaux impériaux, ses légumes tempura et son tartare de saumon. Les rouleaux sont frits à la perfection, la garniture un brin épicée révélant un heureux mariage de porc et de légumes émincés. Riche à souhait avec ses petits morceaux d’avocat, le tartare est présenté dans une demi-orange évidée et coiffé d’une généreuse portion de caviar rouge. Des croustilles de riz assurent très bien leur rôle « d’ustensiles » en permettant d’accueillir les moelleuses bouchées.

À noter que, dans l’assiette de notre amie, qui a aussi choisi le tartare mais en plat principal, le monticule de tartare est deux fois plus haut et s’accompagne d’une belle salade.

Le Chemin de la douceur

Pour clore ce beau repas en toute amitié, Jennifer et moi décidons de prendre un dessert. Mon chéri, sustenté, s’en abstiendra. Que choisir ? Pour une raison que j’ignore, il m’est très difficile de résister au pouding tapioca. Celui qu’on m’amène est d’un vert lime flamboyant, presque fluo ! Rigolo et délicieux.

On aurait bien sûr préféré du « vrai » thé, sinon en feuilles, du moins dans une théière… Trop de restaurateurs rognent hélas sur ce léger détail et c’est bien dommage. Mais nous saurons surmonter cette déception.

Restaurant Shogun

98, rue Saint-Vallier Ouest
Québec
(418) 524-3274

 

Les plus : du crabe, du caviar et des fraises, c’est drôlement bon. Je ne cesse d’y penser depuis que j’y ai goûté au Shogun.

 

Les moins : il serait bon d’envisager un accompagnement différent (ou de proposer d’emblée une autre option) pour les mets comportant déjà de la panure.

 

Nourriture seulement, avant taxes, pour deux : 62 $.

 

Repas incluant alcool, taxes et service, pour deux : 101 $



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