Un régal sans vice au Versa

Le restaurant Versa est installé dans le quartier Nouvo Saint-Roch, à Québec.
Photo: Renaud Philippe - Le Devoir Le restaurant Versa est installé dans le quartier Nouvo Saint-Roch, à Québec.

Un midi, fin novembre. Un cumulus duveteux égrène ses flocons sur Québec, avec la complicité d’un alizé vif et revigorant. Mon père et moi déambulons sur la rue Saint-Joseph en direction d’un lieu où nous pourrons, complices, nous régaler de notre péché mignon : des huîtres !

 

Nous faisons notre entrée au Versa. Le décor y est sobre et chaleureux. L’élément bois, répliqué sur les chaises, au bas des colonnes, sur le plafonnier central et le parquet, confère beaucoup d’âme au lieu. Les lampes ovoïdes diffusent une douce lumière. C’est un brin frisquet près des fenêtres, mais c’est si joli, cette vue sur la rue du Parvis.

 

Ce resto du Nouvo Saint-Roch est réputé pour ses coquillages ; je l’ai choisi précisément pour cela. En guise de premier service, c’est sans surprise que mon invité opte pour le « flight » d’huîtres sur glace tandis que je craque pour la chaudrée de fruits de mer. Le reste du repas sera à l’avenant, avec moult trésors de l’océan. Ah, et ce sera un verre de Pinot Grigio blanc pour moi, une pinte de Carlsberg pour lui.


Coquilles et papilles

 

Aux convives affamés sont rapidement apportés les premiers plats. Les frais mollusques en demi-coquilles reposent sur un lit de glace, avec quartiers de citron et minibol de vinaigrette maison aux fins dés d’oignon rouge pour en rehausser, sans la masquer, la saveur fine et saline. Il est à noter que les variétés disponibles changent selon le moment de l’année : les Village Bay, les Chipagane et les Lucky Lime sont à l’honneur lors de notre passage.

 

Nous nous régalons. Ma chaudrée de fruits de mer, débordante de crevettes, de moules, de morceaux de morue Little Neck et de palourdes dans un riche appareil crémeux à souhait, est parfaitement à mon goût. Ce type de soupe commande une cuisson attentive : quoi de plus désagréable, en effet, que d’y rencontrer une texture caoutchouteuse ! Mais rien de tel ici. C’est impeccable et savoureux. Je voudrais bien en rapporter chez moi… mais il n’en subsiste pas une goutte.

 

Sans délai, le second service est placé devant nous. Dans mon assiette, un « cake », dont la surface panée légèrement roussie recèle un tendre assemblage de crabe et de morue, est flanqué d’une salade de fenouil, radis et pousses de pois mangetout arrosée d’un soupçon de vinaigrette citronnée. Une sauce tartare crémeuse à l’estragon complète harmonieusement l’ensemble. La portion est parfaite pour combler l’envie de crabe sans surcharger l’estomac.

 

La généreuse soupe thaï choisie par mon paternel s’avère juste assez épicée, pourvue de superbes crevettes, de petits morceaux de calmar, de légumes et de succulentes nouilles. De quoi se réchauffer un brin puisqu’il fait un peu frisquet.

 

Un « flight » de six huîtres cuisinées, à partager, constitue le dernier service de cette trilogie aux accents de la mer. Chacun a droit à ses deux bivalves frits (panure panko avec trait de sauce tartare à l’estragon), Rockefeller (avec épinards, lardons, vin blanc et crème, le tout surmonté de parmesan) et Casino (aromatisés au vin blanc et gratinés de cheddar fort). Nous sommes absolument ravis de nos mollusques, avec une préférence tout de même pour les Rockefeller. C’est ce qui s’appelle finir en beauté. Et la beauté de la chose, justement, est qu’il reste un brin de place pour le dessert.


La perle du repas

 

Après tous ces fruits de mer, nous nous tournons vers les fruits de la terre. En effet, si le pot de crème chocolat et café semble alléchant, c’est finalement la tarte Tatin qui tente ! Cela tombe bien, elle est justement prévue pour deux personnes.

 

Assez rapidement, nous recevons nos deux allongés et ladite tarte. Moment de ravissement. Composée de tranches de Granny Smith délicatement caramélisées avec un soupçon de cannelle — je vous jure que l’acidité de la pomme verte fait ici merveille — sur pâte feuilletée bien dorée, elle est servie avec saucière de caramel chaud et, comme une perle déposée sur cet appétissant écrin, une part de crème glacée vanille maison. Sustentés et comblés, ah ça ! on peut dire que nous l’avons été !

 

Plus : pour un amateur de poissons et fruits de mer, c’est le bonheur, tout est excellent.

 

Moins : attention à faire ajuster le chauffage à proximité des fenêtres pour assurer le confort de la clientèle par temps frisquet.

 

Prix pour deux, incluant l’alcool, avant taxes et service : 148 $.


 

Collaboratrice