Le nouveau Bistango au menu

Le Bistango, situé à un jet de pierre du centre commercial Laurier, dans l’arrondissement de Sainte-Foy à Québec, propose une expédition gourmande.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Le Bistango, situé à un jet de pierre du centre commercial Laurier, dans l’arrondissement de Sainte-Foy à Québec, propose une expédition gourmande.

Québec — Il y a quelques semaines, on annonçait que Le Bistango, le restaurant de l’hôtel ALT à Québec, avait fait peau neuve. Dans un nouveau décor, les chefs Sylvain Lambert et Annie Veillette accueillent dorénavant leur clientèle avec un menu revampé. Je me suis donc prêtée à une expédition gourmande vers ce restaurant situé à un jet de pierre du centre commercial Laurier, dans l’arrondissement Sainte-Foy.


Un personnel affable nous accueille dans une atmosphère feutrée, quoiqu’un peu bruyante en ce samedi soir achalandé. L’épaisse moquette, les fauteuils capitonnés et les nombreuses sources d’éclairage indirect, avec les luminaires mais surtout les spots encastrés au plafond et au plancher, sont du plus bel effet. Relookage réussi.


J’entame la soirée avec un cocktail maison au Cointreau, façon kir, très rafraîchissant. Le serveur nous apporte un « cornet » à pain tandis que nous étudions le menu. Les tartares, déclinés en entrées mais aussi en plats principaux, sont très tentants. Les grillades et divers mijotés le sont tout autant. Après de graves délibérations, nous optons finalement pour une progression culinaire digne de Claude Lévi-Strauss lui-même.

 

Le cru et le cuit


Un temps d’attente raisonnable, puis on me présente mon tartare de thon, spécialité de la chef Annie. L’arôme de lime est bien dosé et j’apprécie les saveurs subtilement boisées de la duxelles de champignons. L’ensemble repose sur une gelée de soya, version froide de la sauce qui aurait accompagné un mets chaud. Une excellente utilisation du concept « frais » du tartare.


Mon accompagnateur choisit le tartare de canard à l’échalote parfumé à la moutarde de Dijon. Je n’avais jamais eu l’occasion de savourer ce goûteux volatile autrement que confit, rôti ou laqué. J’apprécie beaucoup, au point d’être tentée d’échanger mon entrée contre la sienne…


Présenté sur une ardoise, le délicat assemblage de canard, surmonté de quelques croustilles maison, est accompagné de verdurette et de quelques morilles. Nous nous régalons en partageant une demi-bouteille de chianti toscan, un Barone Ricasoli Brolio 2009, et en commentant le travail du personnel de cuisine qui s’affaire derrière le comptoir étincelant situé au fond de la salle à manger.


Mon invité, qui a choisi la table d’hôte, a ensuite droit à un velouté de poivron, patate douce et carotte. Dense mais parfaitement lisse, ce potage fait justement honneur au potager en laissant s’exprimer le goût naturel des légumes. Jean-Jacques Rousseau aurait aimé ! L’endroit me donne décidément envie de relire mes classiques.


Si les entrées étaient du domaine du cru, les plats principaux auront fait l’objet de savantes cuissons. Mon ami s’est décidé pour l’osso bucco de veau gremolata, servi avec une purée de pommes de terre et quelques légumes. Le parfum en est peu aillé, mais les fines herbes - l’origan surtout - sont très présentes.


Cependant, si tendre soit-elle, la chair s’avère un peu décevante. L’osso bucco n’est peut-être pas la recette qui se prête le mieux à la cuisson moléculaire : il manque un petit je-ne-sais-quoi, peut-être ce mélange des saveurs qui ne s’obtient qu’en mijotant de longues heures…


En revanche, le filet de boeuf, une valeur sûre, est impeccable : saisi à l’extérieur, rosé à l’intérieur, mon médaillon est flanqué d’une délicieuse purée d’oignons, de quelques tomates et d’asperges croquantes. Je suis toutefois perplexe de voir l’écrasé de pommes de terre jouxter une part de frites allumettes ; une honnête salade aurait pu remplacer avantageusement l’une ou l’autre partie de ce doublé.

 

Le temps du sucré


Le repas tire à sa fin et c’est maintenant au sucré de s’inviter à notre table. J’opte pour une assiette dégustation, un procédé qui permet à l’épicurienne de découvrir plusieurs « échantillons » de desserts. Je goûte donc une crème brûlée au gingembre, un amalgame aussi étonnant qu’exquis, un sorbet aux fraises marat des bois servi avec chip de sucre filé et fraise fraîche, et un moelleux à la rhubarbe dont les notes douces-aigrelettes explosent sur la langue. Bien conseillée par le serveur, j’arrose le tout d’une tulipe de Jurançon Château Jolys. Je vous le recommande… à condition, bien sûr, d’avoir un chauffeur désigné.


Pour mon invité, c’est la tarte au chocolat qui vient clore les agapes. La généreuse couche de ganache de chocolat noir, agrémentée d’une coulée de caramel et décorée d’un peu de cacao saupoudré, trouve grâce à nos yeux, et à nos papilles !


En définitive, Le Bistango nous a proposé une belle expérience gastronomique jouant sur la carte bistro à la française, avec un personnel compétent et une atmosphère globalement agréable.


Plus: les mets classiques sont à la hauteur et les desserts spécialement délectables.


Moins: la surreprésentation de la pomme de terre comme accompagnement. Repas cher, peut-être à réserver aux occasions spéciales.


Repas pour deux incluant alcool, taxes et service : 192 $.


Collaboratrice

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Ce texte a été modifié après publication

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