Il était une fois dans l’Est

Au Sata Sushi de Montréal, les boiseries d’origine ont été conservées et un comptoir sushi a été ajouté, le tout créant une ambiance intime.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Au Sata Sushi de Montréal, les boiseries d’origine ont été conservées et un comptoir sushi a été ajouté, le tout créant une ambiance intime.

Il était une fois, rue Ontario à Montréal, une Québécoise et son associée qui rêvaient d’Empire du Soleil levant, de culture asiatique, de thé vert et de tambours nippons. Elles décidèrent donc de se consacrer, dans leur petit restaurant de quartier, à l’art du sushi. Au Japon, les sushis, tout comme les nigiris, les hosomakis, les sashimis et autres préparations liées à cette culture du poisson, du riz et des légumes, dateraient de l’époque de la riziculture.


Il n’est pas évident de trouver ce restaurant, qui se cache entre un salon de bronzage et un petit resto de tapas. Cela fait partie du charme discret de la rue Ontario, à laquelle des gens passionnés, comme le bon docteur Julien, essaient de redonner vie, loin des stéréotypes qu’on attribue au quartier.

 

Un tour de force


Avec peu de moyens, les propriétaires du Sata Sushi ont réussi un véritable tour de force. Les boiseries d’origine ont été conservées, un comptoir sushi adapté au décor simple a été ajouté, le tout créant une ambiance chaleureuse et intime. Cependant, l’endroit est peut-être un peu trop sombre pour nous permettre d’apprécier la beauté des plats servis.


Nous sommes ici dans un mélange des genres, tant en ce qui concerne l’adaptation des sushis à la mode de chez nous qu’au chapitre du personnel. Une charmante jeune femme d’origine coréenne prépare le riz vinaigré dans un espace réservé. Par l’étroitesse des lieux, on se croirait presque dans un restaurant de Tokyo.


L’établissement, qui compte une trentaine de couverts, présente une carte de sushis assez élaborée, une belle petite carte de sakés ainsi qu’une carte des vins proposant, entre autres, un superbe Reuilly de chez Résin à 36 $. Le menu comprend aussi trois ou quatre desserts pour terminer le repas sur une note sucrée.


Avec mon invité, nous décidons de nous en remettre au chef et demandons qu’on nous suggère divers plats. Il ne faut pas se leurrer, le poisson et les crustacés étant chers, on ne peut compter obtenir des sushis à 2 $ que dans nos rêves, ou alors il s’agit de fausse représentation, ce qui n’est pas le cas au Sata Sushi.


Le personnel, bien dirigé, suggère des plats et explique la différence entre les divers sushis et sashimis. Enfin, on nous donne avec nos plats du gingembre non coloré, servi sans restriction.


Le riz est bon, pas trop vinaigré, et accompagne les oeufs de poisson volant (masago) et le nigiri au thon albacore. Ce plat est offert soit avec de la sauce soya, soit avec de la mayonnaise japonaise au sésame ou épicée.


Le maki albacore est grillé au chalumeau avant d’être servi, ce qui lui donne un petit côté croustillant des plus agréables. Le sata est un sushi dans la gamme des futomakis.


On les présente enrobés dans une feuille de riz, garnis de pétoncles épicés, avec des patates douces, du caviar de poisson volant et de l’avocat. Un mélange raffiné, aux saveurs bien dosées, que nous goûtons avec la sauce mayonnaise épicée.


Tous les plats de sushis sont présentés sur des assiettes de porcelaine ovales et accompagnés de moutarde wasabi et de gingembre mariné. À découvrir : le kani épicé, qui se compose de crabe et de tempura, avec une mayonnaise épicée.

 

Le «Neige»


On a voulu apporter une touche québécoise et floridienne en créant le « Neige », un mélange fait de crevettes, de noix de coco, d’avocat et de concombre, accompagné de sauce teriyaki.


Pour ma part, j’ai déploré l’absence de sashimis de maquereau, un superbe poisson qu’on trouve facilement et sous-utilisé dans la plupart des restaurants.


Côté desserts, qui proposent par exemple crème brûlée ou brownies au chocolat épicé, nous avons décidé de passer notre tour.


Une belle découverte que ce petit resto de sushis, qui se distingue avantageusement des chaînes aseptisées. On retrouve ici la passion du travail bien fait, le tout dans une ambiance bien sympathique.


Plus: un très beau choix de sushis et d’autres spécialités nippones du même genre, de la soupe miso, et des prix qui ne vident pas le portefeuille.


Moins: les serviettes de table ne sont pas en tissu, et il serait bien qu’il y ait plus de mollusques au menu.


Prix payé le soir pour deux personnes, pour 18 pièces de sushi et une bouteille de Reuilly blanc, avant taxes et service : 100,75 $.