Le Tire Bouchon attire par sa constance

Au restaurant Le Tire Bouchon de Boucherville, on trouve un service charmant et une cuisine goûteuse qui utilise de bons produits.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Au restaurant Le Tire Bouchon de Boucherville, on trouve un service charmant et une cuisine goûteuse qui utilise de bons produits.

Quel bonheur que de reparler d’un restaurant déjà visité, qui accueille ses clients comme à la maison. Quel plaisir aussi de découvrir que ce restaurant investit dans la longévité. Car Le Tire Bouchon de Boucherville fait montre depuis 15 ans d’une constance exemplaire. Des employés y oeuvrent même depuis plus de 10 ans, comme le chef François, un fidèle de toujours qui accompagne son patron Yassin Belouchi.


L’ambiance de bistro du Tire Bouchon est sympathique. Et, comme le nom du restaurant l’indique, cet ustensile y est à l’honneur. De belles photographies de cet instrument si utile pour ouvrir la dive bouteille en décorent les murs.


Sur les tables, bien dressées et entourées de banquettes et de chaises bistro, on trouve une bonne huile d’olive, de la fleur de sel et l’excellent pain que Michel, le boulanger de L’Amour du Pain, le voisin d’à côté, fabrique chaque jour avec talent. De beaux verres fins sont aussi offerts pour goûter le vin que propose le restaurant. Voilà un vrai bistro, malheureusement un peu caché par sa localisation dans un centre commercial d’une laideur à mourir.

 

Une carte renouvelée


J’avais invité un ami belge, de passage à Montréal, à découvrir cet endroit, qui affiche presque toujours complet, tant le midi que le soir.


La carte du restaurant semblait s’être endormie, comme la Belle au bois dormant dans l’attente du prince charmant. Mais j’ai pu constater une innovation lors de ma visite. On offre dé sormais un menu pour deux ou quatre personnes qui s’affiche d’emblée comme une réussite.


Tout d’abord, on propose une soupe de poisson qui n’a rien à voir avec celle de Marseille, chaudrée ou bouillabaisse. Elle est composée d’un bon bouillon de poisson blanc cuit avec des légumes, dans lequel baignent des morceaux de mérou et des tranches de baguette grillées passées à l’huile et frottées à l’ail, à peine, juste ce qu’il faut. La soupe est servie dans une soupière (quelle bonne idée !), ce qui me redonne le goût du service au guéridon.


En deuxième plat, on offre un magnifique jarret de veau de lait cuit lentement et servi avec des coings et des légumes. Un plat sublime, simple mais goûteux, qu’une petite touche de fleur de sel vient raviver.


J’ai tendance à décliner les desserts des restaurants bistros, qui goûtent souvent le frigo, ou sont trop sucrés ou achetés chez un grossiste. Mais cette fois, mon invité et moi sommes aux anges, non, au ciel !

 

Un repas d’exception


On revisite ici la pastilla au lait, en portion individuelle. Quelques poires pochées à l’érable, juste ce qu’il faut, avec une crème pâtissière délicatement parfumée au sucre d’érable et à l’eau de fleur d’oranger, et de fines tranches de pâte à brick cuites. Devinez quoi : c’est tout simplement le petit Jésus en culotte de velours.


Le tout forme un repas d’exception, avec en prime un service empreint d’une grande gentillesse. Le choix de vins est des plus intéressants, même s’il n’atteint pas les sommets de l’Everest que certains restaurateurs essaient de nous faire avaler.


Je suis ravi car, pour une fois, c’est bien la Rive-Sud qui dame le pion à Montréal. On dit que la restauration montréalaise vit des moments difficiles, et c’est vrai ; peut-être devrait-elle se questionner sur les raisons de cette situation.


À sa 16e année d’existence, on comprend mieux pourquoi ce restaurant caché de Boucherville remporte un tel succès.


Quand on demande au patron du Tire Bouchon, présent tous les jours, si l’expérience de Montréal le tente, il répond ceci : « Pourquoi traverser les ponts ? L’herbe n’est pas plus verte de l’autre côté. Au contraire, ici, à Boucherville, la neige est plus blanche, il y a moins de cônes et, surtout, les gens prennent ici le temps d’apprécier et de vivre le moment présent. »


Prix payé pour deux personnes le soir avec une bouteille de Morgon, avant taxes et service : 142, 50 $.

Plus: un service charmant et professionnel, et une cuisine goûteuse qui utilise de bons produits et fait montre d’un grand savoir-faire.

Moins: ne pas pouvoir profiter de la terrasse en hiver.

Réservations nécessaires pour le menu « Spécial saveurs » pour deux ou quatre personnes.

Coup de coeur 2013.


 

Collaborateur