Un plaisir venu d’ailleurs


	Au restaurant Rumi Express, on ne sert pas d’alcool, mais du thé à la menthe, ou noir, ainsi que des boissons gazeuses.
Photo: François Pesant - Le Devoir
Au restaurant Rumi Express, on ne sert pas d’alcool, mais du thé à la menthe, ou noir, ainsi que des boissons gazeuses.

J’avais eu l’occasion de découvrir cet endroit lors d’une des premières éditions de Montréal en lumière, ce festival qui se déroule fin février dans la métropole. Le Rumi Express, un petit restaurant du boulevard Saint-Laurent, est un mélange de café marocain et de snack libanais. Sa toute petite terrasse, prise d’assaut l’été, déborde sur le trottoir, et on se sent presque transporté à Marrakech ou à Beyrouth.

Le décor à l’intérieur est simple, voire ordinaire, et laisse voir la petite cuisine, presque laboratoire, où l’on prépare néanmoins d’excellents plats, teintés d’épices. Depuis peu, les propriétaires ont changé, mais on a gardé la volonté de poursuivre le travail accompli par les anciens propriétaires.


Ici, on ne sert pas d’alcool, mais du thé à la menthe, ou noir, ainsi que des boissons gazeuses. Une bouteille d’eau du robinet est systématiquement apportée sur chaque table.


Chez Rumi Express, la rapidité est de mise, comme le nom l’indique, mais en cette journée, il semble que nos serveurs, débordés comme d’habitude, aient oublié notre table. Il peut être difficile, pour les non-initiés à cette cuisine, de choisir entre les diverses spécialités de ce coin du monde. Soyez rassurés toutefois, on sert aussi un superbe burger, mais rien ne vaut la salade fattouche, qui ressemble à l’original libanais mais qui comprend du pourpier et du sumac.


L’avantage, ici, c’est qu’il n’est point nécessaire de réassaisonner ses plats : ce n’est jamais trop ou pas assez. On goûte le tahini, l’ail finement haché, la coriandre ; les aubergines ressemblent à des aubergines et le taboulé, à du vrai taboulé, avec beaucoup de persil. Enfin une cuisine qui s’affirme et permet de goûter à autre chose que du fast-food de centre commercial, lequel se trouve à des lieues de cette superbe cuisine de rue que l’on nous sert chez Rumi Express !


Au Moyen-Orient, les falafels sont l’équivalent de nos hot-dogs : peu chers, on en vend partout dans les rues, et en général ils sont bien faits. Pour avoir voyagé dans divers coins de cette région, je peux dire que c’est ici, dans des restaurants de chaînes, que j’ai mangé les plus mauvais falafels de ma vie.


Le fattouche du Rumi se composait d’un bon mélange de salades et de légumes, comme le chou, et de purée d’aubergines, le tout bien assaisonné et parsemé de morceaux de pain pita grillé au four.


Franchement, voilà un petit restaurant qu’il fait bon de fréquenter. Il suffit de voir le sourire sur le visage des clients, dont une grande partie semble être des habitués de la place, pour constater leur plaisir de se trouver là.


Sans parler de grande restauration, le Rumi Express est de ces petits établissements qui offrent des plats goûteux, bien préparés, et qui nous font voyager à peu de frais. En effet, notre repas (trois ou quatre plats), taxes et service compris, n’a coûté qu’une quarantaine de dollars.


Cela m’a donné l’envie de retrouver cette cuisine de rue unique et propre aux pays arabes, où existe un culte des épices qui donne à leurs plats toute cette richesse de saveurs. En toute simplicité, je vous invite à découvrir le Rumi Express, un voyage parmi les sens.


Plus : un restaurant simple où la nourriture est bonne et pleine de saveurs.

Moins : c’est souvent bruyant et il y a peu d’intimité.

Prix payé pour deux personnes le midi, sans vin, taxes et service compris : 40 $.

 

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