Un superbe bouillon de saveurs

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	Le décor du restaurant montréalais Bouillon Bilk est assez minimaliste, blanc, teinté par la couleur des tables de bois.</div>
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir
Le décor du restaurant montréalais Bouillon Bilk est assez minimaliste, blanc, teinté par la couleur des tables de bois.

Malgré toutes les manifestations qui ont cours ces temps-ci, le restaurant Bouillon Bilk ne semble pas trop affecté par les hurlements des sirènes qui ne cessent de se faire entendre.

L’établissement s’est installé à un endroit où personne ne se serait douté qu’un resto de ce genre aurait l’idée d’ouvrir ses portes.


Le décor est assez minimaliste, blanc, teinté par la couleur des tables de bois. La salle s’étend tout en longueur devant la cuisine. Le fond des murs, tapissé de plaques de métal, est surprenant, mais rapidement il n’attire plus l’attention. Les deux propriétaires se partagent chaque jour les tâches en salle et en cuisine, le midi et le soir.


D’emblée, on aime ce restaurant. On s’y sent bien malgré la trop grande proximité des tables, qui permet d’entendre les conversations de nos voisins.


Les tables sont bien dressées, le pain est fait maison, le beurre comporte une petite touche de fleur de sel. Le pain est la seule mise en bouche du repas et c’est bien ainsi. Si, au début, on a reproché à l’établissement de servir de trop petites portions, ce n’est plus le cas. On n’a pas à craindre d’avoir faim en sortant, les portions sont belles, raffinées et généreuses.


Le personnel explique d’emblée le menu, qui se compose de cinq ou six entrées et d’autant de plats principaux. Le choix varie selon les arrivages, spécifiquement pour les huîtres et autres fruits de mer, traités selon la saison et la provenance.


Le cardeau, comme bon nombre de poissons, est devenu un atout dans les restaurants qui osent préparer autre chose que du saumon et du thon.


Ce poisson savoureux, de la famille des soles, est ici enrobé de fines feuilles taillées dans le daikon (radis japonais) et est accompagné de morceaux de poire, le tout assaisonné de sauce soya et d’huile de truffe. Le plat, servi froid (une surprise, car je ne m’y attendais pas), est subtil, délicat et parfaitement assaisonné.


Quant aux ris de veau panés, pour lesquels j’ai opté en plat principal, ils étaient croustillants, bien préparés et servis avec un oeuf de caille, quelques feuilles de laitue romaine, des lardons et une vinaigrette maison avec du caractère.


Le canard de mon invitée est servi sous forme de poitrine découpée, dont la cuisson est parfaite. On retrouve dans un excellent bouillon des dim sums de cuisse de canard farcis avec des champignons « trompettes de la mort », qui viennent embellir le tout. Un mélange heureux qui réconcilie à jamais mon invitée avec le petit canard.


Quant à la longe de porc, cuite doucement, elle est accompagnée de palourdes. Il s’agit d’une version montréalaise du porc aux palourdes que l’on sert dans les familles au Portugal. Ce plat est plus conventionnel, mais la portion est belle, généreuse et goûteuse.


Les vins proposés sont très intéressants et la majorité, comme c’est le cas dans un grand nombre de restaurants désormais, sont d’importation privée. Les prix sont ceux du marché, mais sans exagération.


Les desserts sont largement vantés par le serveur, qui suggère fortement les fraises de serre de M. Legault avec poivre, vodka et chocolat blanc, et la gelée de pamplemousse avec les quartiers du fruit et chocolat blanc, son dessert favori, semble-t-il.


Les deux desserts sortent de l’ordinaire et se démarquent par rapport à ce que proposent les autres restaurants. Ils présentent des mélanges qui se conjuguent fort bien et qui donnent le goût de revenir.

 

Plus : un restaurant qui offre une panoplie de saveurs.


Moins : des tables rapprochées et des clients parfois trop bruyants.


Prix payé le soir pour deux personnes, taxes comprises mais avant service, avec une bouteille de vin : 175 $.


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Collaborateur