Les meilleurs cafés de Montréal (2)

Au Stash Café polonais, dans le Vieux-Montréal, on peut boire de la vodka et déguster le bortsch, le placki et les crêpes de pomme de terre.<br />
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Au Stash Café polonais, dans le Vieux-Montréal, on peut boire de la vodka et déguster le bortsch, le placki et les crêpes de pomme de terre.

Durant six semaines, je vous fais part de mes coups de cœur pour des cafés de quartier où il est possible de prendre un bon petit-déjeuner ou de manger simplement, et à peu de frais, une soupe, une salade ou, bien souvent, un bon plat du jour. Cette semaine: le Stash Café.

On pourrait fort bien s'imaginer à Varsovie, dans la vieille ville, en train de savourer une soupe aux tripes largement épicée, ou encore des choux farcis masqués de sauce et servis avec des pommes de terre, le tout accompagné d'une vodka polonaise. Mais nous sommes dans le Vieux-Montréal et aucun autre endroit ne ressemble au Stash Café, avec son décor bucolique.

De grosses lampes sont suspendues au-dessus de tables de bois, la pierre est apparente et l'endroit rassemble un mélange d'habitués et de curieux qui viennent pour la première fois y boire de la vodka ou y goûter le bortsch, le placki ou les crêpes de pomme de terre, que l'on sert avec de la crème sure ou de la compote de pommes.

La cuisine polonaise, qui ressemble beaucoup à toutes les cuisines rustiques des pays de l'Est, ne prétend pas faire partie des grandes cuisines du monde. Choux, pommes de terre, marinades de betteraves, de légumes au vinaigre, viandes panées ou saucisses sont souvent au menu, une cuisine maison qu'apprête fort bien le Stash Café et qu'apprécient les habitués. Chaque soir, un pianiste rappelle des mélodies du passé, parfois contemporaines, qui ajoutent au charme de l'endroit.

J'avais pris d'assaut une table de bois que mon invité hongrois, Yvan, trouva fort à son goût. Il a l'habitude de manger chez lui ces petits légumes marinés au vinaigre ou encore ce sznycel mielony. Il s'agit d'une boulette de viande assaisonnée, panée, servie avec une sauce épaisse aux champignons et des légumes, dont la pomme de terre, comme pour presque tous les plats offerts au Stash Café.

Yvan m'explique que cette cuisine familiale des pays de l'Europe de l'Est se doit avant tout d'être nourrissante pour les travailleurs et pouvoir être préparée avec des ingrédients de base faciles à trouver. Aussi y a-t-il beaucoup de crème sure, de chou fermenté, de champignons sauvages, du gibier, du porc et de la volaille, souvent apprêtés en ragoût ou panés.

J'ai pour ma part choisi deux belles saucisses polonaises grillées, servies avec de la choucroute, tandis qu'Yvan optait pour le plat du jour, des krokiety (deux crêpes panées farcies de viande et colorées à la poêle, servies avec des légumes), avec une vodka.

Les saucisses étaient parfaitement cuites, piquantes et bien assaisonnées, et la choucroute maison complétait agréablement le plat. L'ensemble était bon et consistant, et s'accompagnerait bien d'une bonne bière Lech, Tyskie ou encore provenant d'une microbrasserie du Québec.

Les desserts, simples et goûteux, souvent riches, comme le gâteau-étage et les carrés aux fruits, complètent à merveille une visite au Stash Café, un endroit charmant qui montre l'ouverture de Montréal sur le monde.

Enfin, ajoutons que le service est fort sympathique et contribue à l'exotisme des lieux et au style de la maison.

Prix payé
pour deux personnes le soir, avec deux bières et un verre de vodka, avant taxes et service: 89,75 $.

***

Collaborateur du Devoir
7 commentaires
  • Jean-Pierre Martel - Abonné 23 mars 2012 07 h 58

    Manger à peu de frais ?

    je ne doute pas que manger à ce restaurant soit une expérience plaisante. Toutefois, ai-je bien lu qu'à 45$ par personne, il s'agissait-là d'un exemple de ces cafés de quartier où il est possible de manger à peu de frais?

  • Albert Descôteaux - Inscrit 23 mars 2012 09 h 16

    déconnecté...

    Il semble effectivement que le chroniqueur ait perdu le sens des valeurs. À $90 pour deux personnes (avant taxes et service!!!), ce n'est pas un repas simple à peu de frais. Pour moi, un souper à deux qui coute plus de $100 est un grand luxe. Une chose est certaine, ce ne sont pas les étudiants qui pourraient se payer une visite dans ce café.

  • Pierre Vincent - Inscrit 23 mars 2012 16 h 03

    Une cuisine dont on se lasse vite, vraiment?

    J'apprécie vos chroniques depuis longtemps mais je ne comprends pas votre encadré très négatif alors que tout le reste du texte est très positif. Je fréquente ce resto avec plaisir depuis plus de trente ans (il était jadis situé tout près de l'église Notre-Dame, mais un incendie a forcé son déménagement sur la rue St-Paul). Vous avez très bien décrit l'ambiance et le décor, sauf les belles affiches polonaises suspendues au plafond...

    Pour ce qui est de la cuisine, c'est le meilleur resto polonais au Québec. En fait, au Canada, je n'en connais qu'un autre comparable au niveau de l'authenticité et de la qualité de la cuisine, situé en banlieue de Winnipeg, et tenu dans sa maison par une Polonaise de souche (probablement décédée depuis)...

    Je vais donc prendre vos prochaines chroniques avec un grain de sel...

  • camelot - Inscrit 23 mars 2012 16 h 33

    Souvenirs

    J'aimais beaucoup aller chez Stahs rue St-Paul à côté de Tranchemontagne. J'y suis retourné sur St-Paul. Rien n'a changé. C'est une bonne cuisine roborative, parfaite pour nos hivers. J,aime particulièrement les gâteaux à la crème au beurre. Et c'est vrai que le service est toujours amical.

  • François Renaud - Abonné 23 mars 2012 16 h 46

    le concept de consommateur-nomade

    Un «café»? C'est complètement ridicule. Pour moi, un café est un endroit convivial prônant la simplicité et l'économie. Boire un café, lire, discuter, manger un sandwich, etc. Il a ses habitués et se reconnaît par des situations et des signes typiques.
    On dira que c'est une définition personnelle. Reste qu'un café ne devrait pas servir d'alcool. Il ne devrait pas non plus proposer une carte «gastronomique». Il devrait être abordable.

    Or, on doit reconnaître que la nature du quartier «Vieux-Port» n'aide en rien le chroniqueur à démêler «art de vivre», «restaurant branché» et «café de quartier».

    Toutes les villes ont un quartier «Vieux-Port» : c'est un espace dont la fonction est de faire converger le tourisme, l'organisation des congrès, condominiums avec vue de carte postale, gastronomie et mixologie dans une optique de rayonnement international à travers une virtualisation accrue de l'identité du lieu.

    Ainsi, «[o]n pourrait fort bien s'imaginer à Varsovie». Le consommateur (puisqu'il n'y a plus qu'un individu générique devant un dispositif de restauration) fait l'expérience de ce que le chroniqueur nomme un «café de quartier» sur le mode du «comme si». L'espace savamment codifié pour connoter la vieille ville, avec des «mélodies du passé» et ses plats typiques, nous fait vivre dans une image. Une image dont on se lasse vite et qui laisse un sentiment d'évidement. Notre soirée, qui s'annonçait une belle expérience d'une café de quartier, était finalement plate comme un cube de boeuf à ragoût transformé en carpaccio.

    Simon L.