Chez Chine à la sauce américaine

Rien n’est vraiment moche ni vraiment intime au restaurant Chez Chine de l’hôtel Holiday Inn à Montréal, où l’on vient tant pour prendre le petit-déj’ ou un repas d’affaires que pour un repas de noces.<br />
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Rien n’est vraiment moche ni vraiment intime au restaurant Chez Chine de l’hôtel Holiday Inn à Montréal, où l’on vient tant pour prendre le petit-déj’ ou un repas d’affaires que pour un repas de noces.

Je n'étais pas retourné au restaurant Chez Chine depuis huit ans. Rien n'a changé en ce qui a trait au décor: le bar impersonnel, la pagode, le circuit protégé de l'eau qui serpente agréablement dans les lieux et qui laisse apercevoir quelques carpes nageant dans ce jardin intérieur cloisonné de béton.

Un décor chinois sorti tout droit d'un plateau de cinéma qui se marie avec les standards des chaînes hôtelières américaines aux couleurs de l'Asie. Des écrans plats plus ou moins dissimulés présentent les nouvelles de CNN ou le Canadien en action.

En fait, rien n'est vraiment moche ni vraiment intime dans ce restaurant où l'on vient tant pour prendre le petit-déj' ou un repas d'affaires que pour un repas de noces.

On constate néanmoins l'influence Holiday Inn chez les serveurs, dont le nom est bien en vue, dans l'ameublement, avec les chaises habituelles de ce genre d'établissement, ainsi que dans les accessoires: les nappes blanches et les serviettes de coton, les tasses, le sucre, le sel et le poivre déjà sur la table. Rien de très design ici, on demeure dans le classique chinois.

Auparavant, des serveurs présentaient sur un chariot un choix de dim sums des plus intéressants et on remplissait aisément le restaurant. Aujourd'hui, on a simplifié le service en présentant sur photos les différents dim sums, qui sortent directement de la cuisine mais dont la plupart sont achetés.

Le menu

J'étais avec un ami qui vient des États-Unis et qui est habitué à manger quotidiennement au restaurant. De plus, il affectionne particulièrement la cuisine chinoise, ayant vécu à Shanghai durant plusieurs années.

On nous a présenté le menu qui, comme c'est souvent le cas dans les restaurants chinois, semble sans fin; il faut le lire à plusieurs reprises avant de pouvoir choisir.

Nous avons aussi été informés que l'établissement attendait toujours son nouveau permis d'alcool. Ne pouvant commander la fameuse bière Tsingtao, nous avons donc demandé un thé noir de bonne qualité.

En général, les soupes sont un bon choix dans les restaurants asiatiques; rares sont les déceptions. Alors que mon ami optait pour la soupe d'asperges et de chair de crabe, je demandai pour ma part la won ton aux crevettes.

Les deux étaient acceptables, mais elles manquaient vraiment d'assaisonnement et de l'apport d'un goûteux bouillon. On aurait également aimé qu'elles soient servies plus chaudes, bien que le serveur nous ait proposé de les faire réchauffer et que nous ayons refusé.

Les dim sums

Si une partie des dim sums est probablement achetée, comme dans presque tous les restaurants chinois d'ailleurs, Chez Chine en propose certains qui sont confectionnés sur place.

Cette fois, cependant, nous avons délaissé les dim sums au profit d'un sauté de pétoncles aux haricots noirs et d'un poulet frit croustillant.

Les pétoncles, trop cuits, n'ont malheureusement pas pu nous réconcilier avec la sauce aux haricots, juste assez relevée et fine de surcroît.

Quant au poulet croustillant, un classique de la cuisine chinoise, il était constitué de beaux morceaux de volaille à la peau croustillante, mais légèrement sèche. La chair était néanmoins tendre, juteuse et très agréable au goût.

Nous avions demandé des nouilles de blé comme garniture pour accompagner les plats. Parfaitement cuites et bien assaisonnées, garnies de légumes et arrosées d'une touche de sauce soya, elles étaient parfaites pour compenser l'excès de cuisson des mollusques.

Sur la carte, on trouve divers plats d'influence nord-américaine plutôt que chinoise.

Les desserts

Les desserts, non courants après un repas en Chine, sont ici destinés à une clientèle locale métissée. Le gâteau au fromage, le gâteau décadent au chocolat ou la crème brûlée en témoignent. Pour notre part, un thé vert est venu conclure ce retour aigre-doux au restaurant Chez Chine.

Prix payé le soir pour deux personnes, sans vin, taxes comprises mais avant le service: 72 $.

Plus: même si le décor est suranné, il est agréable.
Moins: le bruit connexe au restaurant, une cuisine à réinventer.

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Collaborateur du Devoir