À la soupe!

Le restaurant Pho Viet n’attire guère le visiteur par sa façade extérieure, ni par l’intérieur exigu. Nous ne sommes pas ici dans un restaurant gastronomique, bien que cela soit relatif, selon les goûts de chacun. Notre but est de découvrir l’exotisme culinaire qui, on le sait, ne rime pas toujours avec décor et raffinement sur la table.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Le restaurant Pho Viet n’attire guère le visiteur par sa façade extérieure, ni par l’intérieur exigu. Nous ne sommes pas ici dans un restaurant gastronomique, bien que cela soit relatif, selon les goûts de chacun. Notre but est de découvrir l’exotisme culinaire qui, on le sait, ne rime pas toujours avec décor et raffinement sur la table.

Pour avoir à plusieurs reprises visité le Vietnam du nord au sud, j'ai pu, au fil de mes voyages, découvrir et apprécier dans les restaurants autre chose que les éternels rouleaux de printemps. J'y ai découvert, entre autres, une magnifique cuisine de rue qui nous permet d'apprécier le réel talent des cuisinières vietnamiennes, qui réalisent des prouesses avec trois fois rien comme matériel, mais avec des ingrédients toujours d'une extrême fraîcheur.

À Montréal et dans les alentours de la Rive-Sud, on retrouve souvent de pâles copies de la vraie cuisine de ce pays, qui utilise les herbes, les épices et les fruits comme personne. Été comme hiver, le phô (soupe) est servi un peu partout et, comme pour la tourtière ici, chacun affirme avoir la meilleure recette.

Nous sommes dans le Village à Montréal, rue Amherst, et le restaurant Pho Viet n'attire guère le visiteur par sa façade extérieure, ni par l'intérieur exigu. Nous ne sommes pas ici dans un restaurant gastronomique, bien que cela soit relatif, selon les goûts de chacun. Notre but est de découvrir l'exotisme culinaire qui, on le sait, ne rime pas toujours avec décor et raffinement sur la table. En fait, chez Pho Viet, on vise comme au Vietnam à bien manger et à satisfaire le client le plus simplement, en offrant des plats peu chers.

Pour nous, tous les propriétaires de ce type de restaurant se nomment N'guyen et tous ont en commun de servir la fameuse soupe que les Français ont un jour nommée «tonkinoise», à cause du temps qu'ils ont passé dans le golf du Tonkin. Cette fameuse soupe varie en fait beaucoup, selon le bouillon, de boeuf ou de poulet, et les morceaux de viande qui la composent.

Attention: ici, il faut assouplir certains de ses principes et accepter les serviettes de papier, l'eau servie dans des bouteilles tachées et les cuillères de plastique orange. Il ne faut pas non plus hésiter à poser des questions sur le menu ou la carte que l'on propose.

Une soupe «tonkinoise» comprend normalement — et c'est le cas ici — des morceaux de boeuf bien cuits ainsi que des nouilles de riz, du gingembre, des oignons, de l'anis étoilé, de la cannelle et de la coriandre fraîche, sans oublier l'indispensable aromate de tous les Vietnamiens, soit le nuoc-mâm.

C'est la patronne qui nous apporte la soupe, bouillante et copieuse, servie dans un grand bol. Ce qui nous amène à remettre en question le fait de consommer une telle soupe quand il fait 35 degrés dehors. Au contraire, nous découvrons les vertus des épices quand il fait chaud!

Bien sûr, le Pho Viet offre autre chose que de la soupe, des plats qui vont de la salade de la papaye verte au poulet général Tao, en passant par des plats de boeuf ou de crevettes grillées. Les habitués, au contraire de moi, semblent vraiment apprécier tous les plats servis.

Le Pho Viet est très petit, ce n'est donc pas un endroit où l'on se rend pour un dîner en tête à tête, en toute intimité. Il s'agit d'un petit restaurant du Village, aux murs ornés de photos, très prisé par les gens du quartier. Les prix y sont peu élevés, ce qui convient à une grande partie de la clientèle, et en plus on apporte son vin. Pour ce qui est du service, il est simple, voire ordinaire, et lent, je dois l'avouer, au risque de déplaire.

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- Restaurant Pho Viet, 1663, rue Amherst, Montréal, 514 522 4116.

- Prix payé pour deux personnes le soir, taxes comprises, pour deux soupes, du thé et un dessert, sans le vin (notre bouteille): 42 $.

- Plus: une cuisine maison simple et peu chère.

- Moins: le plastique omniprésent et un service ainsi qu'une cuisine moyens.

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Collaborateur du Devoir

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