Tout feu tout flamme à Brossard

Le décor du restaurant bar Kabana de Brossard est à l’image du centre commercial du quartier Dix30: moderne et flamboyant.<br />
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Le décor du restaurant bar Kabana de Brossard est à l’image du centre commercial du quartier Dix30: moderne et flamboyant.

Pour finir ma tournée du quartier Dix30, dans la couronne sud de Montréal, et des nouveaux restaurants à la mode, c'est cette fois dans un mélange éclectique fort en décibels que je vous fais découvrir le Kabana. Le décor est à l'image du centre commercial: moderne et flamboyant. En entrant, on sent l'atmosphère «Saint-Laurent» des années 90, qui s'est depuis estompée pour faire place au vide.

Sur la mezzanine, un grand bar tout de long rappelle les 5 à 7 quotidiens qui permettent rencontres et discussions, bien loin, à mon avis, de celles des gens d'affaires. L'endroit est agréable, offrant la possibilité de servir pas mal de monde, des gens qui se retrouvent comme moi noyés entre la musique trop forte et le brouhaha des convives. Par contre, le style moderne, calqué sur un décor autant amérindien que maori, adoucit l'âme et l'esprit.

Ici comme sur le boulevard Saint-Laurent, de jeunes et jolies femmes paradent autour des tables comme elles le feraient pour un défilé de grands couturiers. Une mise en scène qui a sûrement nécessité un bon casting lors de l'embauche.

Côté cuisine, le menu est alléchant. On a choisi les plats les plus populaires, tant du côté de la cuisine italienne ou française que du côté d'une cuisine actualisée pour conquérir nos palais.

Le menu du Kabana, il faut bien le reconnaître, est pas mal réussi, sauf pour le thon, qu'on devrait retirer de la carte puisque l'espèce est menacée. Pour le reste, et la foule en témoigne, les gens aiment les plats qui y sont proposés et reviennent malgré les décibels superpuissants.

Le calmar grillé, servi sur une salade de rapini, était d'une cuisson parfaite et s'accompagnait d'une petite sauce épicée, tout comme celle servie avec les calamars frits, aussi bons que les calamars grillés. La panure légère, dans le style tempura, enrobait le mollusque frit dans une huile de qualité.

Le choix est imposant, tant au chapitre des viandes qu'à celui des poissons, et on propose une grande variété de pâtes.

Servie dans de grandes assiettes creuses, la portion est généreuse, mais jamais exagérée. Les linguine et les taglioni font partie de la gamme étendue des pâtes offertes au Kabana. Elles sont chaudes, bien assaisonnées, avec une belle garniture de fruits de mer, une bonne sauce tomate, le tout recouvert de Parmigiano Reggiano que l'on râpe devant vous. Franchement, rien à dire ici, si ne n'est que c'est bon!

On a su garder une certaine constance dans les prix. C'est vrai pour les vins (un excellent Valpolicella de la maison Masi à 39 $) comme pour les plats et les desserts (ces derniers à 6,50 $).

Une tarte aux amandes servie avec un yogourt glacé termine merveilleusement le repas, ainsi qu'une mousse au chocolat, plutôt ganache que vraiment mousse, à vrai dire.

Évidemment, on retrouve dans une telle atmosphère, électrisante par moments, plus de gens accros aux décibels et aux 5 à 7 qu'à la gastronomie, qui devient dans un tel cas un accessoire à l'ambiance. Cependant, pour un service rapide et agréable et une cuisine presque sans reproche, il s'agit d'une belle expérience.

-Plus: une cuisine bien faite et de qualité, des prix intéressants et un bon service.

-Moins: n'allez pas là pour être tranquille et dans l'intimité.

-Prix payé le soir pour deux entrées, deux plats principaux et deux desserts, avec une bouteille de vin, taxes comprises mais avant service: 143,92 $.

-Restaurant bar Kabana, 6000, boulevard Rome, L 50, Brossard, 450 445-6111.

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Collaborateur du Devoir

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Les bonnes fourchettes du mois

L'Autre Côté de la Saulaie - 1052, rue Lionel-Daunais, Boucherville, 450 449-5005

Nostalgiques du passé, vous ne retrouverez plus La Saulaie des années 80. Désormais, vous êtes dans la nouvelle Saulaie, installée dans un décor moderne, plus proche du béton que de l'eau, mais qui mérite tout de même le détour. Le midi, pour une quinzaine de dollars, difficile de trouver mieux.

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Le Piment rouge - 1170, rue Peel, Montréal, 514 866-7816

Classé par mes soins comme le meilleur restaurant chinois du Québec, le restaurant officie avec des chefs de Hong Kong, des maîtres d'hôtel qui arrivent du Japon et une cuisine qui offre le vrai canard laqué sur commande ou l'agneau aux épices de Gobi. Et le homard en sauce est une pure merveille de goût.

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L'Express - 3927, rue Saint-Denis, Montréal, 514 845-5333


Comme bien du monde, je fréquente ce restaurant depuis des années. Avec la même constance et la même rigueur, on y a conservé la vraie tradition d'un bistrot français. Pour les filets de hareng et pomme à l'huile, le tartare ou encore les vins d'importation privée qui s'accordent toujours avec les superbes plats du jour.

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Restaurant Auguste - 82, rue Wellington Nord, Sherbrooke, 819 565-9559


Sherbrooke peut être fière de disposer de bonnes tables comme le célèbre restaurant de Danny St-Pierre, Auguste, tenu par un jeune couple dédié à la cause de la gastronomie. Pour des plats simples et de saison, comme la soupe de courge, les mijotés et le pudding à l'érable, une petite merveille de saveurs et de plaisir.